Agressions sexuelles camouflées en Suède

Le directeur de la police nationale suédoise, Dan... (AP, Henrik Montgomery)

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Le directeur de la police nationale suédoise, Dan Eliasson, a mentionné en point de presse que des sanctions pourraient être portées contre ceux qui ont caché les agressions sexuelles qui se seraient produites lors d'un festival de musique à Stockholm.

AP, Henrik Montgomery

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Agence France-Presse
Stockholm

La police suédoise a reconnu lundi avoir gardé pour elle les informations sur des dizaines d'agressions sexuelles à un festival de musique qui avaient conduit à des arrestations, principalement d'étrangers, selon un journal.

Ces révélations ont été faites après le tollé soulevé par la lenteur avec laquelle la police de Cologne, en Allemagne, a rendu publique l'ampleur des violences commises dans la nuit du Nouvel An.

Dans le cas suédois, 38 agressions sexuelles, dont deux viols, ont fait l'objet de plaintes pendant les éditions 2014 et 2015 de We Are Sthlm, festival qui se déroule à Stockholm en août et qui se présente comme le plus grand d'Europe pour les adolescents.

Un porte-parole de la police interrogé par l'AFP, Varg Gyllander, a dans un premier temps évoqué près de 100 arrestations. Mais il a dit plus tard que leur nombre exact n'avait pas été établi.

«Nous aurions certainement dû révéler cette information, ça ne fait pas de doute. Pourquoi ça ne s'est pas fait, nous ne le savons tout simplement pas», a-t-il déclaré.

Après chacune de ces deux éditions du festival, la police avait affirmé qu'il y avait eu «relativement peu de délits et de personnes interpellées comparé au nombre de participants», a rappelé M.Gyllander.

Aucune condamnation n'a été prononcée depuis, selon la police.

Demandeurs d'asile

Dagens Nyheter, le quotidien par lequel le scandale a été rendu public, a affirmé que les agresseurs présumés étaient en majorité des demandeurs d'asile mineurs non accompagnés.

Le journal a cité un rapport de police sur une des deux éditions, sans préciser laquelle, mentionnant que les soupçons s'étaient portés sur un groupe d'une cinquantaine d'adolescents afghans.

«Je ressens une très forte colère en voyant que des jeunes femmes ne peuvent pas aller à un festival de musique sans se faire importuner, harceler sexuellement et attaquer», a réagi le premier ministre Stefan Löfven devant la presse à Stockholm.

Le fait que la police n'ait pas informé le grand public est selon lui «un problème de démocratie pour notre pays».

Le directeur de la police nationale, Dan Eliasson, a assuré au cours d'une conférence de presse que l'affaire ferait l'objet d'une enquête interne susceptible de déboucher sur des sanctions.

Il n'a cependant rien révélé sur l'état d'avancement de l'enquête, estimant qu'il n'était pas facile d'enquêter sur des faits de cette nature, commis au milieu d'une foule dense. Et il a précisé que, de manière générale, la police essayait d'éviter d'évoquer l'appartenance ethnique des suspects.

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