L'Iran accuse l'Arabie Saoudite d'avoir attaqué son ambassade au Yémen

Des manifestations dénonçant l'exécution du cheikh saoudien Nimr... (AFP, Mohammed Huwais)

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Des manifestations dénonçant l'exécution du cheikh saoudien Nimr al-Baqer al-Nimr se sont poursuivies devant l'ambassade saoudienne à Sanaa, capitale yéménite.

AFP, Mohammed Huwais

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Siavosh Ghazi
Agence France-Presse
Téhéran

L'Iran a accusé jeudi l'aviation saoudienne d'avoir bombardé son ambassade au Yémen et a annoncé sa décision de porter le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU, nouvel épisode dans la flambée de tensions entre les deux pays.

La République islamique a également interdit l'entrée de tous les produits saoudiens, mais Riyad, à l'origine de la colère du monde chiite après l'exécution d'un religieux chiite saoudien très critique envers le régime, dément avoir visé la représentation diplomatique iranienne à Sanaa.

«Lors d'une attaque aérienne de l'Arabie Saoudite contre Sanaa, une roquette est tombée à proximité de notre ambassade et malheureusement, un de nos gardes a été grièvement blessé [...] Nous allons informer d'ici quelques heures le Conseil de sécurité des détails de cette attaque», a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian.

Selon Téhéran, le bombardement est «une action délibérée de l'Arabie Saoudite». «Le gouvernement saoudien est responsable des dégâts causés et de la situation des membres du personnel qui ont été blessés», a à son tour accusé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hossein Jaber Ansari, cité par la télévision d'État.

la coalition nie

La coalition arabe conduite par l'Arabie Saoudite au Yémen «n'a mené aucune opération dans l'enceinte de l'ambassade iranienne ou dans ses environs», a-t-elle assuré dans un communiqué publié par l'agence officielle saoudienne SPA.

Cette coalition intervient au Yémen en soutien au président yéménite Mansour Abd Rabbo Mansour Hadi contre des rebelles chiites accusés de liens avec l'Iran. Ces derniers contrôlent la capitale yéménite.

En plus de l'interdiction d'entrée visant les produits saoudiens, l'interdiction du petit pèlerinage de La Mecque, auquel se rendent d'habitude entre 500000 et 850000 pèlerins iraniens est également maintenue jusqu'à nouvel ordre.

Déjà tendues, les relations entre l'Iran chiite et l'Arabie Saoudite sunnite ont dégénéré en crise ouverte au début du mois.

Ces tensions entre les deux poids lourds de la région qui s'opposent depuis des années sur de nombreux dossiers inquiètent la communauté internationale qui a appelé à l'apaisement.

Ryad a rompu dimanche ses relations avec l'Iran à la suite de l'attaque de ses missions diplomatiques samedi à Téhéran et à Machhad par des manifestants en colère qui protestaient contre l'exécution du dignitaire religieux chiite saoudien, cheikh Nimr al-Baqer al-Nimr.

Cette décision a été suivie par le Bahreïn, le Soudan, Djibouti et, jeudi, par la Somalie. «Les diplomates iraniens ont 72 heures pour quitter la Somalie», a précisé le ministère des Affaires étrangères. L'Iran était un des rares pays à disposer d'une ambassade à Mogadiscio.

Les Émirats arabes unis ont eux réduit leurs relations diplomatiques avec Téhéran tandis que le Koweït et le Qatar ont rappelé leur ambassadeur en Iran.

L'Irak majoritairement chiite comme l'Iran a proposé d'oeuvrer à faire baisser la tension afin de ne «pas entraîner la région dans une guerre qui ne pourrait avoir de vainqueur». De nouvelles manifestations contre l'exécution du cheikh Nimr ont toutefois été annoncées en Iran à l'occasion de la prière du vendredi.

Répercussions économiques

Les tensions entre Téhéran et Riyad affectent aussi les cours du pétrole.

Le WTI, le pétrole échangé à New York, a atteint jeudi son niveau le plus bas en 12 ans (32,10 $) dans un marché asphyxié par l'excédent d'offre que les tensions croissantes au Moyen-Orient, les derniers chiffres sur les stocks américains de brut et les mauvaises données chinoises ont plombé.

Sur le plan économique, l'interdiction des importations saoudiennes ou ayant transité par l'Arabie Saoudite pourrait avoir un impact de plusieurs millions de dollars.

Les importations en Iran en provenance d'Arabie Saoudite se sont élevées à 40 millions $US (près de 56 M $CAN) au cours des huit premiers mois de l'année iranienne - qui a débuté le 20 mars -, selon des chiffres officiels contre 132millions $US d'exportations (un peu plus de 186 M $CAN).

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