Essai nucléaire: l'ONU menace Pyongyang d'alourdir les sanctions

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Sur cette photo, publiée par le Centre de nouvelles officiel de la Corée du Nord, quelques dizaines de Coréens assistent à l'annonce en direct sur écran géant de la réussite de l'essai d'une bombe H par le gouvernement de Pyongyang.

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Agence France-Presse
New York

Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé mercredi d'alourdir les sanctions pesant sur la Corée du Nord qui a annoncé avoir mené avec succès son premier essai de bombe à hydrogène, une affirmation mise en doute par les États-Unis.

Les 15 pays membres - y compris la Chine, seul allié de Pyongyang - ont annoncé qu'ils allaient travailler sur des «mesures supplémentaires significatives» afin de les inclure dans une nouvelle résolution de l'ONU, dont la négociation devrait prendre plusieurs jours.

La déclaration ne précise pas les mesures envisagées, mais, selon des diplomates de l'ONU, il s'agit de renforcer l'arsenal des sanctions, par exemple en allongeant la liste des individus et entreprises sanctionnés pour leurs liens avec le programme nucléaire nord-coréen.

Le Conseil a réaffirmé que l'essai nord-coréen était «une violation flagrante» de plusieurs résolutions qui interdisent à la Corée du Nord toute activité nucléaire ou balistique.

Cet essai, présenté par Pyongyang comme celui d'une nouvelle bombe à hydrogène, a été accueilli avec le plus grand scepticisme par Washington et les spécialistes du secteur, qui jugent trop faible la puissance apparemment dégagée par l'explosion.

Selon Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche, l'analyse initiale menée par les services de renseignement américains «n'est pas cohérente avec les affirmations de la Corée du Nord selon lesquelles elle a mené avec succès son premier essai de bombe à hydrogène».

Les bombes A libèrent une énergie déclenchée par la fission d'éléments comme l'uranium ou le plutonium. Leur puissance est bien moindre que celle de bombes à hydrogène - ou thermonucléaires - qui utilisent d'abord la technique de la fission, puis celle de la fusion nucléaire dans une réaction en chaîne.

«Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès à 10h» (1h30 GMT), avait annoncé mercredi la télévision officielle nord-coréenne, précisant que l'engin était «miniaturisé». «Avec le succès parfait de notre bombe H historique, nous rejoignons les rangs des États nucléaires avancés», avait-elle ajouté.

La télévision a montré un ordre signé de la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, daté du 15 décembre, donnant le feu vert au test et accompagné d'une exhortation à entamer 2016 au «son exaltant de la première explosion d'une bombe à hydrogène».

La Corée du Sud et le Japon voisins ont dénoncé une «violation» flagrante des résolutions de l'ONU, imités par l'Union européenne, Londres, Paris et Moscou.

La Chine, principal allié de la Corée du Nord, s'est dite «fermement opposée» à cet essai et la Maison-Blanche a promis une réaction «appropriée» aux «provocations» de Pyongyang. 

Explosion moins forte

«Les données sismologiques suggèrent que l'explosion a été considérablement moins forte que celle qu'on attendrait d'un essai de bombe H», a déclaré le spécialiste australien Crispin Rovere. «À première vue, il semblerait qu'ils aient mené un essai nucléaire réussi, mais n'ont pas réussi à mener à bien la deuxième étape, celle de l'explosion d'hydrogène».

Pour Bruce Bennett, analyste à la Rand Corporation, «cette arme avait probablement la taille de la bombe américaine d'Hiroshima, mais ce n'était pas une bombe à hydrogène. On a affaire à de la fission». «Le "bang" qu'ils auraient obtenu aurait été 10 fois supérieur à ce qu'ils ont obtenu.»

D'après les estimations initiales du ministère sud-coréen de la Défense, la bombe était d'une puissance de six à neuf kilotonnes, semblable à l'énergie émise lors du dernier test de 2013. Le premier essai américain de bombe H en 1952 a libéré une énergie de 10 kilotonnes.

La plupart des spécialistes estimaient que Pyongyang était à des années de pouvoir développer une bombe thermonucléaire, mais étaient divisés quant à ses capacités de miniaturiser l'arme atomique. La miniaturisation permet de monter l'arme nucléaire sur des ogives de missiles.

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