Cinq femmes décédées en maternité en moins d'une semaine en Italie

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35 % des grossesses en Italie impliquent des femmes de plus de 35 ans.

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Agence France-Presse
Rome

Le ministère italien de la Santé a ordonné l'ouverture de plusieurs enquêtes après la mort en fin de grossesse ou en couches de cinq femmes en une semaine, des décès qui ont choqué en Italie, pays ayant l'un des taux de mortalité périnatale les plus faibles au monde.

Les décès de ces femmes ont tous eu lieu entre le 25 et 31 décembre et sont survenus dans différentes régions de la péninsule.

La concentration de ces événements tragiques sur la dernière semaine de l'année a soulevé les questions sur le niveau des effectifs des maternités en période de fêtes. Des médecins se sont aussi demandé si les femmes aux grossesses tardives, et donc davantage à risque, étaient l'objet d'une surveillance adéquate.

Giovanna Lazzari, une Italienne de 29 ans et déjà mère de deux enfants, est morte enceinte de huit mois à Brescia, dans le nord de l'Italie, le 31 décembre, au lendemain de son admission aux urgences pour une forte fièvre avec des symptômes de gastro-entérite, selon son compagnon, Roberto Coppini.

Une césarienne a été tentée alors que son état s'aggravait, mais la mère comme l'enfant sont morts.

«Il faudra que quelqu'un m'explique ce qui s'est passé», a dit à la presse M. Coppini. «Giovanna m'a envoyé un message dans la nuit pour me dire qu'elle avait de fortes douleurs, mais que les médecins ne s'occupaient pas d'elle.»

Enquête

La ministre de la Santé Beatrice Lorenzin a envoyé une équipe d'experts à la clinique de Brescia et dans les maternités où sont survenus trois des quatre autres décès.

Deux autres femmes, âgées de 35 et de 39 ans, sont décédées d'arrêt cardiaque alors qu'elles accouchaient d'enfants mort-nés.

Une quatrième femme, Anna Massignan, un médecin de 34 ans de Lonigo (nord), est décédée le jour de Noël, après une césarienne d'urgence à la suite d'une chute. L'opération a permis de sauver son bébé à huit mois de grossesse, mais il est décédé quelques heures plus tard.

Le seul cas parmi ces cinq décès rapprochés n'ayant pas motivé l'ouverture d'une enquête est celui d'une Italienne de 23 ans de Foggia, décédée chez elle alors qu'elle approchait du terme de sa grossesse.

Un gynécologue de renom a estimé que pour certaines de ces victimes le risque de thrombose ou d'insuffisance cardiaque avait pu être sous-estimé dans les examens de suivi de fin de grossesse.

«Avec des examens préventifs, nous aurions pu sauver tant de femmes en salle d'accouchement», a déclaré Rosalba Paesano, professeur de gynécologie à l'Université romaine La Sapienza.

«Mais le ministère de la Santé ne dit pas qu'ils sont requis, en fait parce qu'ils coûtent trop cher. Les procédures que nous avons en place sont obsolètes», a dit Mme Paesano au journal La Repubblica.

Pour Antonio Starita, directeur médical de l'hôpital San Camillo à Rome, «le chiffre qui ressort, c'est que 35 % des grossesses en Italie impliquent des femmes de plus de 35 ans. À cet âge, le risque de mortalité maternelle est multiplié par deux», a-t-il expliqué à La Stampa.

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