La météo clémente déboussole faune et flore en Europe

«Voir des fraises à Noël, c'est rare, mais... (AFP / NICOLAS TUCAT)

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«Voir des fraises à Noël, c'est rare, mais ça arrive», explique Patricia Rebillou, présidente de l'association des producteurs de fraises de Dordogne, en France.

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Angus Mackinnon, Jordane Bertrand
Agence France-Presse
Rome

Les jonquilles poussent à Londres, les pruniers sont en fleurs à Milan, les poules pondent à nouveau en Écosse et des pointes d'asperges sortent de terre en Alsace: la météo clémente de cette fin d'année déboussole faune et flore partout en Europe.

«Voir des fraises à Noël, c'est rare, mais ça arrive», explique Patricia Rebillou, présidente de l'association des producteurs de fraises de Dordogne (sud-ouest de la France).

«Mais la particularité, cette année, c'est que nous avons laissé les tunnels (serres) ouverts, sans aucune protection thermique», précise la productrice. «Même mon beau-père, qui est dans les fraises depuis 1956, n'a jamais vu ça !"

Ces fruits «sains» et «goûteux», elle les consomme ou les distribue à des amis, car la période de commercialisation est arrêtée.

Skier sur l'herbe

Dans les Alpes italiennes, faute de neige, c'est sur l'herbe que l'on skie, une activité traditionnellement pratiquée en été, et dans le nord de l'Écosse, le célèbre parcours de Royal Dornoch bénéficie de pelouses grasses, idéales pour finir l'année club de golf à la main.

A Milan (nord de l'Italie), les pruniers sont en fleurs, à Rome, les citadins en sont à leur troisième récolte de tomates cerises de l'année sur les balcons, et à Londres, les jonquilles, qui signalent généralement l'arrivée du printemps, égayent déjà les parcs de la capitale britannique.

Ailleurs, c'est la précocité de certains légumes qui surprend. En Alsace (nord-est de la France), un jardinier amateur a récolté le 23 décembre quasiment un kilo d'asperges fraîches, qu'il a dégustées pour le réveillon de Noël, presque quatre mois avant la saison habituelle.

«Quand j'ai vu que des pointes d'asperges poussaient, je n'y croyais pas, j'ai appelé mes voisins pour leur montrer», raconte à l'AFP René Wolfhugel.

Les jours précédant Noël, son jardin a bénéficié d'environ 15 degrés et d'un beau soleil printanier. Et les asperges étaient «excellentes, les mêmes qu'au printemps», assure-t-il.

Mimosas en fleur 

Les plantes sauvages ou ornementales ne sont pas en reste. Sur la Côte d'Azur (sud-est de la France), comme au Pays Basque (sud-ouest de la France), les mimosas sont déjà en fleur alors que les premiers pompons ne sont généralement pas attendus avant fin janvier.

En Espagne, une chaleur plus élevée que la moyenne saisonnière et de faibles précipitations d'automne ont contribué au départ de quelque 2000 feux de forêt dans le nord du pays.

Les jardiniers sont aux premières loges pour observer ces dérèglements. «On croit qu'avec le beau temps, tout va mieux pousser. Mais des bulbes, comme ceux des tulipes, ne pourront pas tous fleurir cette année, car ils demandent une vernalisation, un coup de froid qu'ils n'auront pas eu à temps», prédit Stéphane Longuépez, responsable du service des parcs et jardins de Lille (nord de la France).

Le fuchsia sauvage, dont la floraison s'arrête normalement en automne sur la côte atlantique, en Grande-Bretagne et en Irlande, embellissait encore ces jours-ci les jardins de l'île écossaise d'Islay.

Et Steve et Mary Bavin, des habitants d'Islay, ont eu le plaisir, mais aussi la surprise, de voir que leurs poules avaient recommencé à pondre.

«C'est sympa d'avoir des oeufs frais en hiver mais c'est également inquiétant car, avec ces températures très douces, cela signifie que nous aurons droit bientôt à plus de pluie et plus de vent», confie Steve à l'AFP.

Pour Ulrich Ackfeld, agents des bois et forêts dans la commune de Halver, en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest de l'Allemagne), cet hiver qui n'en est pas un rend le gibier particulièrement actif: «il n'est pas en période de pénurie et peut donc d'autant mieux se reproduire», explique-t-il.

«C'est curieux d'observer comment certaines fleurs fleurissent déjà comme des folles», note pour sa part Hans-Jürgen Packheiser, apiculteur de 76 ans. «Dans mes ruches, entre 10 et 15 abeilles sortent déjà pour aller chercher du nectar», note-t-il. «Elles croient que l'hivernage est fini!».

 

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