Paris n'a pas le coeur à célébrer le Nouvel An

Quelque 11 000 militaires, policiers et pompiers seront... (Photo AP, Michel Euler)

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Quelque 11 000 militaires, policiers et pompiers seront déployés dans la capitale française et ses environs - dont à la cathédrale Notre-Dame de Paris - pour la traditionnelle célébration du Nouvel An.

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Agence France-Presse
Paris

Pas de feu d'artifice, une ouverture rognée des Champs-Élysées, des restaurants qui ne font pas le plein et des militaires dans les rues: Paris s'apprête à fêter le Nouvel An, toujours sonnée après les attentats de novembre.

La traditionnelle célébration du Nouvel An dans la capitale française a été maintenue sur la célèbre avenue des Champs-Élysées, mais elle se déroulera sous le signe de la sobriété et avec des mesures de sécurité renforcées.

Quelque 11 000 hommes - policiers, militaires, pompiers - contre 9000 en 2014, seront déployés dans Paris et ses environs, a annoncé le préfet de police de Paris.

Aux abords des Champs-Élysées, 1600 policiers et gendarmes assureront la sécurité du plus grand rassemblement autorisé en France depuis l'instauration de l'état d'urgence, au soir des attaques djihadistes du 13 novembre. Ces attentats ont fait 130 morts et des centaines de blessés dans des bars, restaurants et une salle de concert.

«Nous ne pouvions pas ne rien faire. [...] Après ce que notre ville a vécu, nous devons envoyer au monde un signal : "Paris est debout"», a justifié sa mairesse, Anne Hidalgo, dans une interview récente à l'hebdomadaire Journal du dimanche (JDD).

Les festivités prendront un tour plus modeste que les années précédentes : le feu d'artifice a été annulé, «question de décence» souligne l'entourage de la mairesse, et la durée des projections lumineuses sur l'Arc de Triomphe sera raccourcie à 10 minutes, de 23h50 à minuit.

Pour des raisons de sécurité, la préfecture de police de Paris a également décidé de réduire la durée pendant laquelle les Champs-Élysées seront réservés au public : l'avenue ne sera fermée à la circulation que 45 minutes avant l'arrivée de 2016 et elle rouvrira une demi-heure après le passage à la nouvelle année.

Des contrôles et des «filtrages sélectifs» sont également prévus aux abords de l'avenue.

Les années précédentes, les Champs étaient réservés aux fêtards durant la majeure partie de la soirée et de la nuit. Pour fêter 2015, 600 000 personnes s'y étaient retrouvées.

Moins 20 % au Moulin Rouge

Pour les restaurateurs parisiens, habituellement pris d'assaut pour le réveillon, la Saint-Sylvestre 2015 a un goût amer avec des réservations en chute libre : - 50 %, selon le Synhorcat, l'un des principaux syndicats français de l'hôtellerie-restauration.

Depuis les attaques de novembre, divers secteurs liés au tourisme ont subi une baisse d'activité dans la capitale : hôtels, grands magasins, bateaux de promenade sur la Seine. Les restaurants n'ont pas échappé à la règle avec «une clientèle étrangère vraiment en baisse», notamment les Américains et les Japonais.

Ces défections ne sont pas compensées par les Parisiens, qui vivent dans «un climat anxiogène [...] qui fait que les gens vont hésiter à sortir le 31», souligne Alain Fontaine, un responsable du Synhorcat.

«Habituellement, le 31 décembre, tous les restaurants qui sont ouverts font le plein de clients», mais «les Parisiens évitent ce genre de rassemblement depuis les attentats», confirme Bernard Boutboul, directeur de Gira Conseil, un cabinet d'expertise qui fait référence pour le secteur.

Les cabarets et leurs dîners-spectacles sont aussi affectés, à commencer par le Moulin Rouge, qui a perdu 30 % de ses clients depuis les attentats. «Depuis une semaine, on sent une reprise», déclare une porte-parole. Et si sa soirée du 31 peine à séduire autant qu'à l'accoutumée (- 20 %), les organisateurs espèrent bien convaincre encore quelques fêtards.

Parmi ceux décidés à braver leurs peurs, Kaï Larson, une jeune Américaine vivant à Paris. Pour elle, c'est simple : «les terroristes ont visé n'importe quel bâtiment, donc soit tu as peur de tout et ils ont gagné, soit tu sors.»

Des soldats belges patrouillent pendant que des touristes... (Photo AP/Geert Vanden Wijngaert) - image 2.0

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Des soldats belges patrouillent pendant que des touristes visitent la Grand Place à Bruxelles, le 29 décembre.

Photo AP/Geert Vanden Wijngaert

Les feux d'artifice annulés à Bruxelles

Les feux d'artifice du Nouvel An ont été annulés dans la capitale de la Belgique en raison du risque d'attaque terroriste.

Le maire de Bruxelles, Yvan Mayeur, a indiqué que la décision avait été prise mercredi après consultation avec les responsables gouvernementaux.

Il a précisé avoir été obligé d'annuler l'événement en raison de l'analyse de risques faite par le Centre de crise, a-t-il déclaré au réseau de télévision RTBF.

L'année dernière, 100 000 personnes s'étaient rassemblées dans la capitale pour célébrer l'arrivée de la nouvelle année, a dit M. Mayeur.

Il est donc impossible de mener des vérifications sur tout le monde, a-t-il expliqué.

Bruxelles était le lieu de résidence de quatre islamistes radicaux qui ont tué 130 personnes à Paris lors des attentats du 13 novembre.

Cette semaine, les autorités belges ont arrêté deux personnes en lien avec un complot visant à attaquer la police, des soldats et des sites populaires de Bruxelles durant les vacances des Fêtes.

Les deux hommes comparaîtront jeudi devant un juge, qui décidera s'il est nécessaire ou non de les garder en détention encore un mois.

Mercredi, une source au fait de l'enquête a révélé sous le couvert de l'anonymat que les deux suspects appartenaient au même club de moto, les Kamikaze Riders.

Au moins un autre membre de ce club, Abdelouafi Eloussaki, a déjà fait l'objet d'une investigation par le passé en raison de ses possibles liens avec l'islam radical. Son ancien avocat a toutefois affirmé que les autorités n'avaient rien découvert, même si les deux frères de son ex-client se sont rendus en Syrie où l'un a été tué au combat et l'autre blessé.

Abdelouafi Eloussaki a perdu la vie dans un accident de la route à Bruxelles en 2013 après être allé en Turquie afin de récupérer son frère blessé et le ramener à la maison, a ajouté Me Abderrahim Lahlali.

Selon Me Lahlali, les deux frères d'Abdelouafi étaient liés à Sharia4Belgium, un groupe salafiste extrémiste décrit comme une organisation terroriste par un juge belge, mais il a souligné qu'un tel lien n'avait jamais été établi avec son ancien client ou les Kamikaze Riders.

L'avocat a indiqué que le club fondé en 2003 rassemblait une centaine de jeunes gens de différentes nationalités et confessions résidant en Belgique, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas et au Maroc.

Mardi, le parquet fédéral belge avait précisé que quatre autres individus avaient également été arrêtés, interrogés puis relâchés. D'après Me Abderrahim Lahlali, ces quatre personnes sont aussi membres des Kamikaze Riders et leur libération prouve que le club n'a rien à se reprocher.

Les deux suspects, dont l'identité n'a pas été divulguée, ont été appréhendés à la suite de perquisitions effectuées dans la région de Bruxelles.

Les autorités ont déclaré que cette enquête avait permis de découvrir l'existence de menaces sérieuses pour les policiers, les soldats et certains lieux emblématiques de la capitale belge.

Associated Press

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