Fin de l'épidémie d'Ebola en Guinée

Des gens préparent de la nourriture à Conakry,... (AFP / Youssouf Bah)

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Des gens préparent de la nourriture à Conakry, capitale de la Guinée, qui est officiellement débarrassée du virus de l'Ebola selon l'Organisation mondiale de la Santé.

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Mouctar Bah
Agence France-Presse
Conakry

Deux ans après la mort en Guinée du premier cas d'Ebola en Afrique de l'Ouest, un bébé d'un an, le pays a été officiellement déclaré débarrassé mardi de l'épidémie, six semaines après la guérison de son dernier patient, un nourrisson né avec le virus.

Pour la première fois depuis deux ans, les trois pays limitrophes les plus touchés - Guinée, Liberia et Sierra Leone - «ont arrêté les chaînes de transmission à l'origine de cette épidémie», ont souligné l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires nationales.

«Le tissu social a été mis à rude épreuve», a reconnu le représentant en Guinée de l'OMS Mohamed Belhocine, dans sa déclaration de fin de la transmission du virus, en référence aux relations, traditionnellement empreintes de suspicion, entre pouvoir et population dans ce pays, qui ont encore compliqué la lutte contre la propagation.

«Jamais en Guinée, pendant mes 36 ans de service, il n'a fallu deux ans pour lutter contre une épidémie», a confié le coordinateur national de la lutte contre Ebola, le Dr Sakoba Keïta.

Deux périodes de 21 jours - la durée maximale d'incubation - s'étant écoulées depuis le second test négatif sur le dernier patient guéri, «la Guinée entre maintenant dans une période de surveillance renforcée de 90 jours», a ajouté le représentant de l'OMS.

Le risque persiste au-delà de ces 42 jours, en raison de la subsistance du virus dans certains liquides corporels, en particulier le sperme, où il peut survivre jusqu'à neuf mois, comme l'a montré l'exemple du Liberia, a-t-il rappelé.

Cette épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, a fait plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, un bilan toutefois sous-évalué, selon l'OMS.

Les victimes se concentrent à 99 % en Guinée - officiellement 2536 morts pour 3804 cas - Sierra Leone, déjà déclarée exempte de transmission le 7 novembre, et au Liberia, où la fin de l'épidémie a été annoncée deux fois, en mai et septembre, avant de nouvelles résurgences.

Un coût énorme

Le dernier patient connu, une fille prénommée Noubia, née au centre de traitement d'Ebola de Médecins sans Frontières (MSF) à Conakry, où sa mère a succombé au virus, a été déclarée guérie le 16 novembre.

L'Unicef s'est félicitée de la fin de l'épidémie, mais a rappelé que «22 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents» dans un des trois pays et restent «traumatisés», voire stigmatisés.

Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a également salué «une étape importante» et s'est engagé à «continuer à soutenir la Guinée pour surmonter l'énorme coût humain et économique d'Ebola».

La France, par la voix de sa secrétaire d'État chargée du Développement, Annick Girardin, a elle aussi assuré la Guinée de son soutien dans «la tâche ardue de la reconstruction».

Selon la Banque mondiale, le montant des pertes en produit intérieur brut pour la Guinée s'élève à 535 millions de dollars (490 M EUR).

Au marché du centre du quartier administratif et des affaires de Conakry, des vendeuses de poisson et de légumes dansaient de joie.

«Aujourd'hui, la nuit noire est partie de la Guinée. Nous allons toujours continuer à nous laver les mains jusqu'à ce que cette maladie ne soit plus qu'un lointain souvenir», a dit l'une d'elles, Ramata Kamissoko.

Festivités au programme

Les festivités officielles débuteront mercredi, avec une cérémonie en présence du président Alpha Condé et des 53 partenaires dans la lutte contre l'épidémie: MSF, OMS, Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Croix-Rouge ... ainsi que les pays donateurs.

Des survivants témoigneront de leur expérience et un hommage sera rendu aux 115 soignants emportés par Ebola, ainsi qu'aux huit membres d'une équipe de sensibilisation assassinés en septembre 2014 à Womey (sud-est) dans le Sud forestier, épicentre originel de l'épidémie.

Les célébrations se poursuivront dans avec un concert mémorial «Bye bye, au revoir Ebola», rassemblant des artistes africains de renommée internationale: Youssou Ndour, Tiken Jah Fakoly, Mory Kanté, Aïcha Koné, etc... pour saluer les efforts du peuple de Guinée.

Car pour en arriver là, depuis la mort du petit Emile Ouamouno, un an, à Meliandou (sud-ouest), la route s'est révélée particulièrement pénible.

«La Guinée revient de loin», a rappelé une survivante, Djénabou Barry: «J'ai perdu mon époux, j'ai perdu ma belle-soeur et j'ai été expulsée de là où j'habitais avec mes enfants après ces deux décès, j'ai été rejetée, stigmatisée...».

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