L'armée irakienne reprend la ville de Ramadi

Des soldats d'élite de l'armée irakienne ont hissé... (Ahmad Al-Rubaye)

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Des soldats d'élite de l'armée irakienne ont hissé le drapeau national sur le quartier général gouvernemental après avoir finalisé la reprise de la ville de Ramadi, située à environ 110 kilomètres à l'ouest de Bagdad.

Ahmad Al-Rubaye

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Ahmad Al-Rubaye
Agence France-Presse
Ramadi

Les forces irakiennes ont annoncé lundi avoir libéré Ramadi des combattants du groupe État islamique (EI), hissant le drapeau national sur le quartier général gouvernemental pour marquer leur plus grande victoire contre l'organisation djihadiste.

Les États-Unis et plusieurs autres pays occidentaux membres de la coalition internationale ont félicité les forces irakiennes, la France parlant de «la plus importante victoire depuis le commencement de la lutte» contre l'EI en 2014.

Après la reconquête de Ramadi tard dimanche soir, des soldats ont dansé, l'arme levée dans ce chef-lieu de la province d'Al-Anbar, situé à 100 km à l'ouest de Bagdad, pendant que des commandants ont paradé dans les rues de cette ville qu'ils avaient perdue en mai.

Des Irakiens ont aussi manifesté dans d'autres régions du pays pour célébrer une victoire qui devrait redorer le blason de l'armée fortement critiquée pour son humiliante déroute en juin 2014 face aux djihadistes qui s'étaient alors emparés de vastes pans du territoire.

À Ramadi, l'armée a affirmé ne rencontrer aucune résistance depuis le départ des derniers combattants de l'EI. Les militaires avancent toutefois avec prudence et se consacrent à la tâche titanesque de désamorcer les engins explosifs laissés par les djihadistes.

«Daech a placé au moins 300bombes et engins explosifs dans le QG et sur les routes», a expliqué un officier, Majid Al-Fatlawi.

Quasiment tous les civils ont quitté le centre de Ramadi dévasté par les combats. Certains ont été évacués, mais d'autres ont été utilisés comme boucliers humains par les djihadistes pour couvrir leur fuite, selon plusieurs témoignages.

Il y a une semaine, les responsables irakiens estimaient que l'EI disposait de 400 combattants à Ramadi. Il était impossible lundi de déterminer combien ont été tués et combien ont fui. Du côté des forces fédérales, aucun bilan officiel n'a été fourni, mais selon des médecins, une centaine de soldats blessés ont été hospitalisés à Bagdad dimanche.

Après des mois de préparatifs et une reprise progressive de certains secteurs de la cité, l'assaut final a été lancé mardi dernier par les forces d'élite antiterroristes et l'armée contre le quartier général de l'EI, où de violents combats ont eu lieu, concentrés jusqu'à la fuite des derniers combattants.

Après la perte de Ramadi, l'EI contrôle toujours une grande partie de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar, qui est frontalière de la Syrie, de la Jordanie et de l'Arabie Saoudite.

Et il faudra beaucoup de temps pour que la vie normale reprenne à Ramadi. Des habitants ont à peine commencé à revenir dans les quartiers périphériques, reconquis par l'armée il y a plusieurs jours, pour évaluer les dégâts.

«Nous n'avons pas l'intention d'y retourner maintenant, même si cette libération nous rend très heureux», confie Sohaib Ali, 27 ans, qui s'est réfugié avec sa famille au Kurdistan. «Il y a eu d'immenses dégâts et je ne pense pas que les services de base reviendront tout de suite, ni même la sécurité.»

Victoire saluée

À l'étranger, plusieurs pays de la coalition dirigée par les États-Unis, qui fournit aussi des armes et des entraînements aux forces irakiennes, ont salué leur victoire à Ramadi.

«Nous félicitons le gouvernement irakien et les courageuses forces irakiennes, qui ont démontré tellement de persévérance», a déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry.

Pour Berlin, cette victoire «démontre encore une fois que l'EI n'est pas invincible». Londres a félicité les forces irakiennes face «aux terroristes barbares».

Outre la perte de Ramadi, l'EI a perdu ces derniers mois les places fortes de Tikrit, Baïji et Sinjar, au nord de la capitale irakienne, Bagdad. avec Jean-Marc MOJON à Bagdad

Où en est-on à la fin de 2015?

Voici l'état des lieux des principales villes gagnées ou perdues par le groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

  • Ramadi : ville sunnite à 100 km à l'ouest de Bagdad, Ramadi est le chef-lieu de la grande province d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Elle avait été conquise le 17 mai par l'EI après une vaste offensive et une retraite chaotique des forces irakiennes. Celles-ci ont repris le 8décembre un quartier-clé avant d'entrer le 22 décembre dans le centre-ville. Le 27 décembre, les derniers combattants de l'EI ont quitté un complexe gouvernemental stratégique de Ramadi.
  • Tikrit : située à 160 km au nord de Bagdad, Tikrit, à majorité sunnite, a été reprise fin mars par les forces gouvernementales après leur plus grande opération contre l'EI, qui contrôlait la ville depuis près de 10mois. La bataille de Tikrit, bastion de l'ex-dirigeant Saddam Hussein, a été facilitée par le fait qu'une grande partie de ses 200000 habitants avaient quitté la ville.
  • Sinjar : le 13 novembre, les forces kurdes irakiennes appuyées par des frappes aériennes de la coalition ont repris à l'EI Sinjar, dans le nord du pays, coupant une route stratégique de communication utilisée par les djihadistes entre l'Irak et la Syrie voisine. L'EI s'était emparé de Sinjar en août 2014, se livrant à de multiples exactions contre la minorité yazidie, qui constituait la majorité de sa population.
  • Mossoul : deuxième ville du pays, elle est située à 350 km au nord de Bagdad et est le chef-lieu de la province de Ninive. Mossoul est tombée le 10 juin 2014 aux mains de l'EI qui y a proclamé un califat. Elle comptait deux millions d'habitants avant sa prise par les djihadistes et l'exode de centaines de milliers de personnes.

SYRIE

  • Raqa: ville d'environ 300000habitants, Raqa, au nord-est du pays, est le fief de l'EI depuis janvier 2014 et sa capitale de facto en Syrie. La ville est l'un des objectifs majeurs de la coalition menée par Washington et dans une moindre mesure du régime syrien et de son allié russe. Les frappes aériennes sur la ville se sont intensifiées après la revendication par le groupe djihadiste des attentats de Paris le 13novembre, qui ont fait 130morts et de l'attentat à la bombe contre un avion russe qui s'est écrasé en Égypte le 31 octobre.
  • Palmyre : la cité antique de Palmyre, qui ouvre sur le grand désert syrien, à 205 km à l'est de Damas, a été prise par l'EI le 21 mai 2015. Depuis, le groupe a procédé à des destructions du riche patrimoine archéologique de la cité, inscrite au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.
  • Kobané : ville kurde du nord de la Syrie, à la frontière turque, Kobané a été érigée en symbole de la lutte contre l'EI. L'EI en a été chassé le 26 janvier 2015 après plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes de la coalition. Kobané est le chef-lieu de l'un des trois cantons de la région où les Kurdes ont instauré une sorte d'autonomie après le début de la crise syrienne.
  • Tall Abyad : ville frontalière de la Turquie, Tall Abyad a été reprise par les forces kurdes le 16 juin 2015. Tall Abyad, qui comptait 130 000 habitants avant le début du conflit en mars 2011, était une ville-clé pour l'approvisionnement de Raqa et l'un des deux principaux points de passage informels avec la Turquie à travers lesquels le groupe transitait armes et combattants.

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