Des excuses de 8 M$ à la Corée du Sud pour les «femmes de réconfort»

Une statue symbolisant une esclave sexuelle coréenne a... (AP, Ahn Young-Joon)

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Une statue symbolisant une esclave sexuelle coréenne a été installée devant l'ambassade japonaise à Séoul. L'affaire des «femmes de réconfort», forcées à se prostituer pour l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, fait scandale depuis des années.

AP, Ahn Young-Joon

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Hyung-Jin Kim, Foster Klug
Associated Press
Séoul

Les excuses du premier ministre japonais et la promesse de verser 8 millions $ en dédommagement ont permis au Japon et à la Corée du Sud de conclure un accord important, lundi, et de mettre un terme à une longue dispute concernant les Coréennes forcées de travailler dans les bordels de l'armée nippone durant la Seconde Guerre mondiale.

L'entente, qui vise à réparer l'une des principales injustices subies par la Corée du Sud aux mains de son ancien colonisateur, pourrait tourner la page sur des décennies d'animosité et de méfiance entre les deux pays démocratiques, partenaires commerciaux et indéfectibles alliés des États-Unis. Cet accord représente aussi un changement de cap pour le gouvernement conservateur à Tokyo et signale une nouvelle volonté de compromis de la part de Séoul.

Dans un communiqué publié conjointement par les ministres des Affaires étrangères japonais et sud-coréen, le premier ministre Shinzo Abe a réitéré ses plus sincères excuses et remords à toutes les femmes ayant vécu des expériences douloureuses ainsi que subi des blessures physiques et psychologiques pour lesquelles il n'existe pas de cure comme «femmes de réconfort», l'euphémisme utilisé pour désigner ces esclaves sexuelles.

Maisons closes au front

Les historiens affirment que des dizaines de milliers de femmes provenant de partout en Asie, mais surtout de la Corée, ont été envoyées dans les maisons closes installées près de la ligne de front afin de fournir des services sexuels aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon n'a pas précisé si M. Abe diffuserait une déclaration écrite séparée à l'intention des 46 ex-esclaves coréennes toujours en vie, qui sont maintenant des octogénaires ou des nonagénaires, ou s'il leur transmettrait directement ses excuses.

Le ton employé par Tokyo ressemble à celui adopté par les anciens premiers ministres japonais pour exprimer leurs regrets par rapport à cette affaire, même si Séoul a estimé qu'il constituait une amélioration par rapport aux précédents commentaires du gouvernement Abe, qui a été accusé de vouloir minimiser les atrocités commises par le Japon durant la guerre.

L'autre facteur décisif dans la conclusion de l'entente est le fait que les 8 millions $ qui serviront à créer une fondation pour venir en aide aux victimes proviennent des fonds publics et non de sources privées, une autre volte-face de la part de Tokyo qui avait jusqu'ici refusé de puiser dans les coffres de l'État.

Après avoir téléphoné à la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, pour lui présenter ses excuses de vive voix, Shinzo Abe a déclaré devant les journalistes que l'objectif de l'accord était de mettre un point final à cette saga.

«Le Japon et la Corée du Sud viennent d'entrer dans une nouvelle ère, a-t-il assuré. Nous ne devrions pas léguer ce problème à la génération suivante.»

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