Le Parti populaire remporte les élections en Espagne

Les électeurs attendent les résultats des élections. 36 millions... (Agence France-Presse)

Agrandir

Les électeurs attendent les résultats des élections. 36 millions d'électeurs devaient élire dimanche leurs représentants pour la chambre basse du Parlement.

Agence France-Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Harold Heckle, Alan Clendenning
Agence France-Presse
Madrid

Les Espagnols votaient dimanche aux élections législatives les plus serrées de l'histoire récente où deux nouveaux partis, Podemos et Ciudadanos, cherchent à mettre fin à la domination des grandes formations, conservateurs et socialistes, pour rénover le pays.

Ce scrutin clôture une année de changement électoral en Europe du Sud, avec la victoire de la gauche radicale d'Alexis Tsipras en Grèce en janvier, et au Portugal l'arrivée au pouvoir en octobre d'une coalition de partis de gauche.

C'est le scénario redouté par le chef du gouvernement espagnol sortant, le conservateur Mariano Rajoy, 60 ans, qui selon les sondages va perdre sa majorité absolue de 186 députés sur 350 remportée en 2011.

«Ce soir, c'est sûr, l'histoire de notre pays aura changé», a lancé Pablo Iglesias, chef du parti anti-austérité Podemos, professeur de sciences politiques de 37 ans, en votant dans son quartier populaire de Vallecas, à Madrid.

 «Au seuil d'une nouvelle ère»

«Nous sommes au seuil d'une nouvelle transition démocratique, une nouvelle ère», s'est aussi enthousiasmé Albert Rivera, président du petit parti libéral Ciudadanos, en déposant son bulletin de vote à L'Hospitalet de Llobregat, la deuxième ville de Catalogne.

À 18H00 (17H00 GMT) la participation était de 58,36 %, un peu au-dessus des 57,65 % enregistrés en 2011 à la même heure, selon la secrétaire d'Etat à la communication.

D'après les ultimes sondages, le Parti populaire (PP, droite) au pouvoir n'aurait que quelques points d'avance sur les trois autres formations, et ne dépasserait pas les 30 %, contre 45 % en 2011.

Avec un Parlement morcelé, le gagnant aura du mal à former un gouvernement.

Loin derrière, le Parti socialiste (PSOE) n'est pas sûr de garder sa deuxième place, talonné par un Podemos en forte ascension et Ciudadanos.

L'Espagne a connu 21 ans de socialisme - de 1982 à 1996 avec Felipe Gonzalez puis de 2004 à 2011 avec José Luis Rodriguez Zapatero - et douze ans de droite au pouvoir, sous José Maria Aznar (1996-2004) et Mariano Rajoy depuis la fin 2011.

La crise financière mondiale, l'austérité, un chômage qui s'envolait (jusqu'à 27 % début 2013) et les scandales de corruption touchant l'ensemble de l'establishment ont formé un cocktail explosif.

«Ils ne nous représentent pas», ont crié les manifestants «indignés» par leur classe politique, descendus dans la rue dès 2011.

Depuis, le chômage a reflué, mais concerne encore un actif sur cinq. La croissance a repris mais n'est pas ressentie par tous, notamment les jeunes. La moitié des 16-24 ans sont sans travail.

Oubliés par les vieux partis 

La colère des centaines de milliers de manifestants a trouvé une expression politique : le parti anti-austérité Podemos, fondé en 2014, et allié à Alexis Tsipras.

Ciudadanos, dirigé depuis 2006 par l'avocat Albert Rivera, 36 ans, s'est engouffré dans la brèche ouverte par Podemos.

Dénonçant lui aussi la corruption, il propose un «changement raisonnable» face à Podemos, plus radical dans ses dénonciations du système.

«La société a évolué beaucoup plus vite que notre politique. Les nouveaux partis peuvent nous apporter le changement dont nous avons besoin, ils sont dirigés par des jeunes dynamiques», témoignait Felix Martinez, 27 ans, entraîneur dans un gymnase, en votant à Ferrol, en Galice (nord-ouest), terre natale de Mariano Rajoy.

«J'aimerais que le nouveau gouvernement se préoccupe un peu plus des gens de la rue. Il y a un peu plus d'emplois, c'est vrai, mais les salaires ont énormément baissé et souvent les gens n'arrivent pas à boucler leur fin de mois», estimait, dans un quartier populaire de Madrid, Juan Jose Rodriguez Toledano, électeur de gauche de 43 ans, gérant d'un atelier automobile.

Pour contrer les partis émergents, M. Rajoy a courtisé les 11 millions d'électeurs âgés de plus de 60 ans, presque un tiers de l'électorat, et plaidé la poursuite d'une gestion saine des finances publiques. Assurant que les «expérimentations» seraient une «énorme erreur», il s'est servi de la Grèce comme d'un épouvantail.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer