Raif Badawi a entamé une grève de la faim

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La Presse Canadienne
Montréal

Le blogueur Raif Badawi a entamé une grève de la faim pour protester contre son transfert dans une prison saoudienne réservée aux prisonniers dont le verdict est final. C'est sa femme Ensaf Haidar, qui habite à Sherbrooke avec leurs trois enfants, qui a confirmé ces informations à Amnistie internationale.

Selon Anne Sainte-Marie, d'Amnistie internationale, malgré les démarches politiques, le blogueur est toujours emprisonné en Arabie saoudite, où il est encore passible d'une peine de flagellation. Son transfert était prévu dans une décision administrative.

«L'administration pénitentiaire a transféré aujourd'hui Raif Badawi dans une nouvelle prison isolée appelée la prison centrale de Shabbat, située dans une zone déserte et isolée - environ à 87 km de la ville de Djeddah», écrit Amnistie internationale sur son site Web.

«Cette prison est conçue pour les prisonniers, dont le verdict a été confirmé et clos par une décision finale et légale. Le gouvernement saoudien a déclaré à plusieurs reprises que le cas de Raif était à l'étude et n'a pas encore été tranché par la Cour suprême.»

À la suite de cette décision, M. Badawi a entrepris une grève de la faim.

Ensaf Haidar a renouvelé sa demande au roi Salmane d'accorder le pardon à son mari «conformément à ses promesses».

Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir critiqué l'islam et le régime saoudien sur son blogue. En janvier, il a reçu les 50 premiers coups de fouet, mais toutes les séances de flagellation suivantes ont été reportées pour des raisons médicales.

En entrevue avec La Presse Canadienne, la porte-parole d'Amnistie internationale s'est montrée déçue de l'inaction des gouvernements dans ce dossier.

«Ça fait très longtemps qu'on a entendu de la part des gouvernements qu'ils ont entrepris des démarches pour faire libérer (Raif Badawi). En cette Journée des droits (de la personne), il est plus que jamais important que nos gouvernements demandent des comptes à l'Arabie saoudite, pour le cas de M. Badawi comme pour bien des éléments de leur piètre bilan en matière de droits (de la personne)», a plaidé Mme Sainte-Marie.

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