Trump choque de nouveau

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Même si chez Donald Trump, une déclaration intempestive n'attend pas l'autre, il demeure favori dans la course à l'investiture républicaine.

AP, Mic Smith

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Associated Press
Mount Pleasant

Donald Trump a maintenu, mardi, que les États-Unis devraient fermer leurs portes aux musulmans, même si cette idée a été condamnée par la plupart des autres candidats à l'investiture du Parti républicain et par les dirigeants de la formation politique, qui ont affirmé qu'elle était contraire aux valeurs américaines.

Lundi, l'homme d'affaires avait proposé d'interdire complètement aux musulmans d'entrer aux États-Unis, provoquant aussitôt un raz-de-marée de critiques au sein de son parti, au pays et à l'étranger.

En entrevue téléphonique avec la chaîne de télévision CNN, tôt mardi matin, M. Trump a dit ne pas être préoccupé par la réaction des leaders du Parti républicain puisqu'il était certain d'avoir raison.

Depuis les attentats de Paris, le milliardaire a fait des musulmans sa cible de prédilection, militant pour une surveillance accrue des mosquées afin de prévenir toute radicalisation.

Toujours favori

Malgré ses commentaires controversés, Donald Trump est toujours le favori de la course pour la nomination du Parti républicain en prévision de la présidentielle de 2016, à moins de deux mois du début des primaires. Plusieurs républicains craignent que son ascension ne nuise aux chances de leur formation politique de mettre la main sur la Maison-Blanche en novembre prochain.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a soutenu devant les journalistes, mardi, que la proposition de M. Trump ne reflétait pas les valeurs du Parti républicain ni celles des États-Unis.

La proposition de M. Trump a également été dénoncée par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui s'est dit contre toute forme de xénophobie et d'attaques verbales envers les migrants ainsi que les groupes ethniques ou religieux.

«Dérangé»

Quant au candidat à l'investiture républicaine, Jeb Bush, il a publié un message sur Twitter dans lequel il accuse son rival d'être «dérangé» et d'avoir des politiques qui ne peuvent être prises au sérieux.

Ces rebuffades n'ont pas fait reculer Donald Trump, qui a rappelé que «nous sommes maintenant en guerre», défendant son projet en le comparant à la décision du président Franklin Roosevelt d'emprisonner les Américains d'origine japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

L'interdiction proposée par M.Trump s'appliquerait aux immigrants comme aux visiteurs de confession musulmane. Le milliardaire a annoncé son plan concernant les adeptes d'une religion pratiquée par près d'un milliard d'individus à travers le monde lors d'un rassemblement en Caroline du Sud, lundi, où il a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements.

La Maison-Blanche s'en mêle

De son côté, la Maison-Blanche a estimé que le candidat républicain Donald Trump s'était «disqualifié» pour la présidence des États-Unis. «Ce qu'a dit Donald Trump le disqualifie pour être président», a déclaré, sur un ton inhabituellement ferme, Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama. «C'est moralement répréhensible et cela a des conséquences pour notre sécurité nationale.»

«La vraie question pour le Parti républicain est de savoir s'ils se laisseront entraîner dans les poubelles de l'histoire avec Donald Trump», a-t-il encore lancé. «Nous parlons des valeurs fondamentales de ce pays», a-t-il martelé, dénonçant avec force le cynisme du magnat de l'immobilier qui fait la course en tête dans le camp républicain.

Même son de cloche à Ottawa 

La proposition a également été descendue en flammes à Ottawa.

Les députés fédéraux ont tour à tour qualifié cette suggestion de «pure folie», de «ridicule» et de «déplorable» dans les couloirs du parlement, mardi.

Disant vouloir éviter de se mêler de la course à l'investiture républicaine en raison de sa fonction de chef d'État, Justin Trudeau n'a pas voulu commenter directement la suggestion.

Le premier ministre a cependant plaidé que les Canadiens savent très bien où il loge, et qu'ils se sont par ailleurs clairement prononcés «contre la politique de peur et division» au scrutin du 19 octobre dernier.

Son homologue conservatrice, Rona Ambrose, a pour sa part prédit que le candidat à l'investiture du Parti républicain serait sanctionné par la population américaine et au sein de sa propre famille politique.

«Ces commentaires sont ridicules. Et je suis certaine que même les membres de son parti trouveront qu'ils sont ridicules», a-t-elle lâché.

«Plus méchant que Voldemort»

Du premier ministre David Cameron à l'auteure de Harry Potter, de nombreuses personnalités britanniques ont critiqué mardi la proposition de Donald Trump d'interdire l'entrée des musulmans aux États-Unis.

Le premier ministre est en total désaccord avec cette proposition qu'il juge «tout simplement mauvaise, inutile et de nature à semer la discorde», a déclaré un porte-parole du chef du gouvernement britannique.

Quant à J.K. Rowling, à qui l'on doit le personnage de Harry Potter, elle a plutôt choisi l'humour pour réagir aux propos du milliardaire en écrivant sur Twitter: «Quelle horreur. Voldemort [le sorcier maléfique de la saga Harry Potter] était très loin d'être aussi méchant.» 

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