L'ombre de l'EI plane sur les États-Unis

Pendant que les autorités tentent toujours de faire... (AP, Jae C. Hong)

Agrandir

Pendant que les autorités tentent toujours de faire la lumière sur la fusillade survenue mercredi à San Bernardino, un mémorial a été dressé en mémoire des victimes de cet acte terroriste.

AP, Jae C. Hong

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Dave Clark
Agence France-Presse
Washington

En affirmant avoir inspiré la tuerie perpétrée cette semaine en Californie, le groupe État islamique (EI) soulève la question de l'importance de sa menace aux États-Unis, où le nombre d'apprentis-djihadistes est en plein essor et où on peut s'armer très facilement.

Le flou demeure sur les motivations de Syed Farook et de Tashfeen Malik, un couple apparemment radicalisé qui a ouvert le feu mercredi sur les convives d'un déjeuner de Noël, avant d'être tués par les policiers.

Sans revendiquer explicitement l'attaque qui a fait 14 morts et 21 blessés, l'EI a inclus les deux assaillants parmi les soldats de son califat.

Dans un programme en anglais diffusé samedi par sa station de radio, le groupe djihadiste a fait l'éloge de la tuerie, requalifiée la veille par le FBI d'acte terroriste.

«L'enquête a dévoilé des signes de radicalisation de la part des tueurs et l'inspiration potentielle par des organisations terroristes étrangères», a déclaré vendredi le directeur du FBI, James Comey.

Il a cependant souligné que rien n'indiquait que ces tueurs «aient fait partie d'un vaste groupe organisé ou d'une cellule».

«Depuis au moins 2010, les stratèges et idéologues du djihad ont inspiré et appelé les musulmans en Occident à faire une des deux choses suivantes : rejoindre un groupe djihadiste combattant à l'étranger ou bien, s'ils demeurent dans un des pays menant supposément une guerre contre l'islam, y perpétrer des attaques en utilisant les armes à leur disposition», rappelle Alexander Meleagrou-Hitchens, du Centre international d'étude de la radicalisation et de la violence politique.

Malgré son rôle central dans le combat contre les réseaux islamistes, notamment au Moyen-Orient, les États-Unis considèrent être confrontés sur leur sol à des risques djihadistes inférieurs à ceux d'autres pays européens.

S'armer facilement

Écartant la menace de l'EI aux États-Unis, James Comey, souligne que les autorités portent surtout attention aux loups solitaires passant à l'acte de leur propre chef.

«Aux États-Unis, le problème est que ce type de djihadistes peuvent s'armer légalement, et devenir ainsi pratiquement aussi dangereux que des djihadistes surentraînés liés à des groupes à l'étranger», ajoute à ce sujet M.Meleagrou-Hitchens.

Les États-Unis ont reconnu en octobre faire face à une forte poussée du nombre d'apprentis-djihadistes sur leur sol, de plus en plus jeunes et comptant de plus en plus de femmes.

Identifier les personnes séduites par les thèses du groupe EI véhiculées sur Internet est un «défi comparable à chercher des aiguilles dans une botte de foin de la taille du pays», avait alors expliqué le directeur du FBI.

«Pour moi, le fait que des djihadistes élevés en Amérique mettent la main sur des armes et commettent une telle attaque était juste une question de temps, cela semble une telle évidence et si facile», commente Alexander Meleagrou-Hitchens.

Selon une étude publiée cette semaine par l'université George Washington, 250 Américains ont voyagé ou tenté de voyager en Syrie et en Irak pour y combattre. Quelque 900 enquêtes visent des sympathisants présumés de l'EI dans les 50 États américains et 71 personnes ont été inculpées depuis mars. 

Réaction tardive

Après les attentats de Paris, le groupe EI avait inondé les réseaux sociaux de messages de propagande saluant les attaques, certains apparemment préparés à l'avance, explique Rita Katz, directrice de SITE, organisation américaine de surveillance des sites islamistes.

Cette semaine toutefois, les forums djihadistes sont restés silencieux après la tuerie en Californie, jusqu'à ce que les informations émergent sur la religion musulmane du couple qui s'était rencontré en Arabie Saoudite, souligne-t-elle. Et d'ajouter: «Désormais ils inondent Twitter».

Rita Katz précise que des engins explosifs préparés par Farook et Malik ressemblent à des diagrammes détaillés publiés par Al-Qaïda et que leur attaque apparaît avoir suivi des directives d'une publication de l'EI, conseillant à ses partisans de faire allégeance au chef de l'organisation avant de passer à l'action.

Les autorités étudient notamment une page du réseau social Facebook sur laquelle Malik aurait fait acte d'allégeance au groupe EI.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer