Les tueurs de San Bernardino, un couple ultraconservateur

L'appartement des auteurs de la tuerie de San... (AP, Chris Carlson)

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L'appartement des auteurs de la tuerie de San Bernardino a été envahi par les médias, qui ont même scruté la chambre du bébé du couple.

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Véronique DUPONT
Agence France-Presse
Los Angeles

Elle portait le voile intégral, ne conduisait pas. Il était timide, poli et pratiquait le tir. Syed Farook et Tashfeen Malik, qui ont tué 14 personnes mercredi à San Bernardino, formaient un couple réservé et ultraconservateur.

Américain de 28 ans d'origine pakistanaise, Syed Farook était un inspecteur sanitaire des services publics de San Bernardino «introverti» et qui n'avait «pas d'ami», ont indiqué vendredi les avocats de sa famille.

Gasser Shahata, qui fréquentait la même mosquée que Farook, l'a décrit à l'AFP comme quelqu'un de «calme, timide» et poli, qui «avait tout pour être heureux». Derrière cette façade apparemment sans histoire, les autorités ont dépeint un couple qui avait minutieusement préparé son attaque sanglante.

Personne n'avait rien pressenti.

«Nous n'avons jamais vu de signe de radicalisation», a affirmé à l'AFP Mahmood Nadvi, l'un des imams de la mosquée où priait Syed Farook.

Ce dernier avait rencontré Tashfeen Malik, Pakistanaise de 27 ans morte avec lui mercredi après un violent affrontement avec la police, «sur un site de mariage» en 2013, ont expliqué les avocats de la famille de Farook, Mohammad Abuershaid et David Chesley.

La jeune femme avait déménagé en Arabie Saoudite lorsqu'elle avait entre 18 et 20 ans, après avoir grandi au Pakistan.

Farook a fait un pèlerinage à La Mecque durant l'été 2014 et il a épousé Malik peu après, ont-ils précisé. Ils vivaient de façon très traditionaliste. Tashfeen était «une femme au foyer typique», qui s'occupait de sa fillette de six mois, selon les avocats.

La jeune femme portait le voile intégral et les hommes de la famille de Farook «n'ont jamais vu son visage parce qu'elle portait une burqa». Quand des membres de la famille de Farook rendaient visite au couple et son bébé, «les femmes s'asseyaient avec les femmes, les hommes avec les hommes». Tashfeen ne conduisait pas, par choix, ont précisé les avocats.

La police a retrouvé chez eux, dans leur voiture et sur eux un arsenal de plus de 6.500 cartouches ainsi qu'une douzaine d'explosifs. «Il aimait pratiquer le tir», a justifié David Chesley, appelant à ne pas qualifier hâtivement Syed et Tashfeen de radicaux islamistes.

La famille de Syed Farook, «sous le choc», pensait qu'il aimait faire de la mécanique et réparer sa voiture quand il passait du temps dans son garage. M. Chesley a aussi voulu minimiser le lien présumé de Farook avec les réseaux islamistes. «Ce n'est pas parce que vous avez été sur une page Internet [d'extrémistes] que vous soutenez» leur cause, a-t-il affirmé.

Appartement envahi par les médias

Des téléspectateurs du monde entier ont pu plonger dans l'intimité des auteurs de la fusillade en Californie, vendredi, lorsque des reporters ont pu accéder à leur maison.

Certains journalistes ont tourné des reportages en direct montrant à leurs auditeurs tout ce qui se trouvait dans le logement, incluant les papiers d'identité des assaillants, leur vaisselle sale et un exemplaire du Coran.

Cette visite impromptue n'a rien révélé quant aux motifs du couple, mais a permis à bien des Américains de satisfaire leur curiosité en ayant un aperçu de l'endroit où le couple a vécu et a entreposé son arsenal.

Pourtant, la veille, les lieux étaient toujours une scène de crime. Des agents du FBI avaient scruté la maison à la loupe pour y trouver notamment des tubes explosifs, des outils et d'importantes quantités de munitions.

C'est le propriétaire de la maison en rangée située dans la municipalité de Redlands dans le comté de San Bernardino qui a laissé les journalistes pénétrer dans le logement, vendredi.

Doyle Miller dit être entré dans la maison après que le FBI eut terminé son enquête. Les journalistes ont rapidement envahi les lieux, a-t-il dit. «J'ai ouvert la porte, j'ai regardé à l'intérieur, et tout d'un coup c'était la ruée», a-t-il raconté.

Les téléspectateurs ont notamment pu voir le berceau dans lequel dormait la petite fille du couple, âgée de quelques mois à peine. Dans l'autre chambre se trouvait un matelas juché au sol, couvert de documents et de livres rédigés en arabe. Un trou dans le plafond du garde-robe était visible.

Lors d'un point de presse, David Bowdich, le directeur adjoint au bureau du FBI à Los Angeles, a expliqué que les autorités avaient exécuté une perquisition dans la maison du couple avant de rendre les lieux au propriétaire jeudi soir. «Nous n'avions plus le contrôle à ce moment-là», a-t-il dit.

Pendant que des journalistes fouillaient dans les effets personnels de la famille en direct à la télévision, des messages acrimonieux ont déferlé sur les réseaux sociaux.

Le réseau CNN a dit avoir pris la décision de ne pas diffuser des images montrant des informations sensibles, comme des cartes d'identité ou des photos. Le réseau FOX a également déclaré avoir exercé une retenue quant aux images dévoilées au public.

Selon MSNBC, un journaliste aurait versé 1000 $US au propriétaire pour qu'il ouvre la porte de l'appartement, et le reste des médias s'est engouffré à sa suite.  AP

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