Prise d'otages meurtrière dans un hôtel du Mali

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Les troupes maliennes ont aidé des otages à s'enfuir.

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Baba Ahmed
Associated Press
Bamako

Des extrémistes islamistes ont pris 170 personnes en otages, dont 140 clients de diverses nationalités, dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, vendredi, mais les troupes maliennes, appuyées par des forces spéciales américaines et françaises, ont rapidement repris l'édifice et libéré les captifs terrifiés. Vingt-sept personnes, dont une Américaine et un haut fonctionnaire belge, sont mortes, en plus de trois assaillants, lors du siège qui a duré plus de sept heures.

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Sur cette image tirée de la télévision malienne, on voit les forces de sécurité donner l'assaut.

Mali TV ORTM, AP

Un groupe issu de la branche nord-africaine d'Al-Qaida, les Mourabitounes, a revendiqué la responsabilité de l'attentat, réclamant la libération de ses combattants détenus dans des prisons maliennes et la fin des attaques contre les Maliens du nord.

Ce groupe s'est formé en 2013 après que le chef, Moktar Belmoktar, eut quitté Al-Qaida. Les Mourabitounes auraient coordonné l'attaque avec un autre groupe, affilié à Al-Qaida, qui se nomme «l'Émirat du Sahara».

Puisque le Mali est une ancienne colonie française, plusieurs personnes en France ont vu ce geste comme un autre assaut contre les intérêts du pays, une semaine après les attentats de Paris. Le président français, François Hollande, n'a pas fait de lien entre les deux attaques, mais il a tout de même déclaré que la France allait être solidaire avec le pays d'Afrique de l'Ouest.

Des coups de feu ont retenti durant toute la journée à l'hôtel Radisson Blu, une destination populaire auprès du personnel des lignes aériennes et des hommes d'affaires étrangers de passage à Bamako.

Le calme était revenu à la tombée de la nuit, mais les dirigeants n'ont pas confirmé que le bâtiment était redevenu sécuritaire, même si les seules personnes présentes étaient des pompiers transportant les corps des victimes vers les ambulances.

État d'urgence décrété

La télévision d'État malienne a révélé, tard vendredi soir, que le gouvernement avait décrété l'état d'urgence pour 10 jours à compter de minuit et annoncé une période de 3 jours de deuil national dès lundi. 

Selon les derniers bilans, 27 otages ont été tués. Cinq autres personnes ont été blessées, y compris deux policiers. 

Selon ce qu'a expliqué, plus tôt en journée, par le commandant Traoré, une dizain e d'hommes armés ont fait irruption dans l'hôtel en criant «Dieu est grand», ou «Allahu Akbar», avant de tirer sur les gardiens de sécurité et d'entreprendre la prise d'otages.

Les soldats mobilisés ont libéré les otages, un étage à la fois, a détaillé le commandant Traoré. Au moins un client a rapporté que les assaillants lui avaient ordonné de réciter des versets du Coran avant de le libérer.

En raison du chaos provoqué par l'attaque, divers bilans ont été avancés au courant de la journée. Plus tôt jeudi, un représentant des Nations Unies avait révélé que l'assaut avait fait 27 morts tout en reconnaissant que le bilan fluctuait d'une source à l'autre. 

Cette attaque rappelle la prise d'otages du 7 août dans un hôtel à Sévaré (centre), qui avait fait 13 morts. Le 7 mars, le premier attentat anti-occidental meurtrier à Bamako, visant un bar-restaurant, avait coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge.

Les troupes maliennes ont pris position autour de... (Agence France-Presse, Habibou Kouyate) - image 3.0

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Les troupes maliennes ont pris position autour de l'hôtel Radisson Blu.

Agence France-Presse, Habibou Kouyate

Enfermé dans sa chambre

Un client africain a témoigné sur la télévision publique malienne s'être enfermé dans sa chambre après avoir entendu des tirs d'armes automatiques dans le couloir.

«Les forces maliennes sont venues nous récupérer. Ils ont frappé à nos portes pour dire que "c'est la sécurité". On était un petit groupe, ils nous ont évacués par les escaliers», a-t-il raconté.

Les assaillants sont entrés dans l'enceinte de l'hôtel au même moment qu'une voiture munie d'une plaque diplomatique, selon le ministère.

Outre des policiers et militaires maliens, des forces spéciales de la gendarmerie étaient déployées, ainsi que des membres de la Minusma et de la force française Barkhane, avec un appui des forces américaines.

Des étrangers d'au moins 14 nationalités faisaient partie des quelque 140 clients de l'hôtel Radisson Blu, selon le ministère de la Sécurité intérieure et les autorités ou employeurs des pays concernés.

Y étaient présents des ressortissants d'Algérie, d'Allemagne, de Belgique, du Canada, de Chine, de Côte d'Ivoire, d'Espagne, des États-Unis, de France, d'Inde, du Maroc, de Russie, du Sénégal et de Turquie.

Vols annulés

Air France, qui a annulé tous ses vols à partir et à destination de Bamako, faisait état de 12 employés logés dans l'établissement qui ont été mis «en lieu sûr». Le ministère malien de la Sécurité évoque quant à lui 15 «citoyens français» libérés, sans plus de précisions.

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis le sud du pays.

Dans un enregistrement remontant à octobre et récemment authentifié, le chef du groupe jihadiste Ansar Dine, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Iyad Ag Ghaly, dénonçait l'accord de paix signé en mai-juin entre le camp gouvernemental et la rébellion et appelait à frapper la France «croisée».

Un otage libéré, à l'accent québécois, témoigne

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