Lutte contre l'EI: coopération inédite entre Paris et Moscou

La France dépêche le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée... (AFP, Anne-Christine Poujoulat)

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La France dépêche le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, ce qui triplera sa capacité de frappes dans la région, avec 26 chasseurs à bord. Ils s'ajouteront aux 12 Mirage 2000 et Rafale stationnés en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

AFP, Anne-Christine Poujoulat

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Agence France-Presse
Paris

La France a amorcé mardi une coopération inédite avec la Russie dans la lutte contre le groupe État islamique (EI) en Syrie.

Les aviations russe et française ont de nouveau bombardé mardi Raqa, le fief syrien du groupe djihadiste qui a revendiqué à la fois les attaques de Paris (129 morts) et l'écrasement d'un avion russe dans le Sinaï égyptien (224 morts) le 31 octobre. 

Le président François Hollande, qui veut «anéantir» l'EI, et Vladimir Poutine, désireux de «trouver et punir» les responsables de l'attentat, se sont ensuite entretenus par téléphone. Ils sont favorables à «une coordination plus étroite» entre services secrets sur la Syrie, a assuré le Kremlin.

Signe d'une coopération naissante, le maître du Kremlin a déjà ordonné à ses navires de «coopérer avec les alliés» français, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle appareille jeudi pour la Méditerranée orientale.

Jusqu'à présent, Paris et Moscou, qui mènent des raids en Syrie depuis la fin septembre, divergent d'opinion sur le sort à réserver au président syrien Bachar Al-Assad, soutenu par la Russie alors que la France exige son départ. Pour cette raison, les frappes russes se sont pour l'essentiel concentrées sur les rebelles dits modérés et non sur l'EI.

Dans un discours au ton martial lundi, le président Hollande a souhaité «unir» l'action des forces françaises, russes et américaines contre le groupe djihadiste. Il rencontrera le président Barack Obama le 24 novembre et Vladmir Poutine deux jours plus tard.

La France a également demandé l'assistance de l'Union européenne, invoquant un article des traités européens - jamais utilisé dans l'histoire de l'UE - qui prévoit une clause de solidarité en cas d'agression contre un pays de l'Union.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que les 27 autres membres de l'UE avaient répondu positivement à la demande de la France. Selon lui, tous les pays ont promis de prêter main-forte à l'Hexagone.

Troisième raid sur Raqa

L'aviation française a frappé mardi pour le troisième jour consécutif le fief de l'EI à Raqa dans le nord de la Syrie, a annoncé le ministre de la Défense.

Les 10 Rafale et Mirage 2000 engagés ont «bombardé successivement deux centres de commandement» de l'EI, a précisé peu après le ministère de la Défense dans un communiqué.

«Les premières frappes ont été déclenchées à partir de 19h30 [heure française]», les avions ayant rallié la zone depuis les Émirats arabes unis pour les Rafale et la Jordanie pour les Mirage 2000.

«En 48 heures, trois raids aériens français ont ainsi permis de détruire six objectifs d'importance contrôlés par Daech [acronyme de l'EI en arabe]», a affirmé le ministère.

«La France a un ennemi caractérisé, c'est Daech, il faut le combattre avec détermination, avec tous les moyens, à la fois à l'intérieur et l'extérieur [...] jusqu'à ce qu'il soit anéanti», a insisté M. Le Drian.

Les États-Unis prévenus

La Russie a mené des frappes sur Raqa en prévenant les Américains en avance pour la première fois, a indiqué mardi le Pentagone.

«C'était la première fois que les Russes nous notifiaient à l'avance sur certaines de leurs opérations», a déclaré mardi Peter Cook, le porte-parole du Pentagone.

Cette information préalable était «professionnelle», suffisante pour éviter tout incident avec les avions de la coalition menée par les États-Unis, a précisé M. Cook.

La notification de ces frappes, utilisant notamment des missiles de croisière, s'est faite dans le cadre de l'accord conclu en octobre par Moscou et Washington pour éviter les incidents aériens entre les avions russes et ceux de la coalition, qui mènent des opérations de bombardement distinctes en Syrie.

Washington accuse Moscou d'avoir avant tout frappé les rebelles luttant contre son allié Bachar Al-Assad, et non le groupe État islamique.

M. Cook a reconnu que «ces derniers jours», les Russes avaient «plus concentré leurs frappes» contre l'EI.

«Nous nous en félicitons», a-t-il dit, en excluant toutefois toute coordination sur les frappes, que Moscou appelle de ses voeux.

«Nous allons voir ce que les Russes vont faire à partir de maintenant», a-t-il dit.

«Tant qu'ils ne changent pas leur politique» de soutien au régime de Bachar Al-Assad, «nous ne voyons pas tellement de possibilité de coopération», a-t-il souligné.  Avec AP

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