La France traque un ou deux fuyards et mobilise ses alliés

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Un soldat français patrouille le métro de Paris, alors que les mesures de sécurité se poursuivent mardi.

AFP, Joël Saget

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Agence France-Presse
Paris

La France continue de traquer un ou deux auteurs en fuite des attentats les plus meurtriers de son histoire, tout en mobilisant ses alliés contre l'organisation jihadiste État islamique (EI).

Les enquêteurs disposent d'une vidéo accréditant l'existence d'un neuvième assaillant lors des attentats de vendredi soir, membre du commando qui a attaqué des terrasses de cafés et restaurants parisiens, ont affirmé mardi à l'AFP des sources proches de l'enquête et policière.

Brahim Abdeslam s'est fait exploser dans un restaurant boulevard Voltaire et était certainement accompagné, lors de ces fusillades, de son frère Salah, en fuite et activement recherché. Selon cette vidéo, il y avait en outre un troisième homme dans ce commando, qui pourrait être lui aussi en fuite à moins qu'il s'agisse d'un des deux complices présumés écroués en Belgique.

La police a aussi diffusé dans la soirée un appel à témoins, avec photo, pour identifier le kamikaze du Stade de France passé par la Grèce cet automne et à côté duquel a été retrouvé un passeport syrien dont l'identité correspond à celle d'un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.

Les attaques du 13 novembre ont visé la salle de spectacle du Bataclan, des terrasses de cafés et restaurants parisiens ainsi que les abords du Stade de France, plein à craquer pour suivre un match de football France-Allemagne. Mardi soir, à une heure du coup d'envoi, la rencontre amicale Allemagne-Pays-Bas à Hanovre a été annulée en raison d'une menace d'attentat, mais aucun explosif n'a été trouvé.

Celui opposant la Belgique à l'Espagne à Bruxelles avait déjà été supprimé. En revanche, à Londres, où les Bleus affrontaient l'Angleterre au stade de Wembley paré en bleu-blanc-rouge, les spectateurs et footballeurs anglais ont entonné une émouvante «Marseillaise».

Pour organiser la riposte militaire, François Hollande rencontrera Barack Obama à Washington le 24 novembre et Vladimir Poutine à Moscou le 26, dans l'espoir d'une coalition unique visant à «détruire» l'EI.

Le président russe, qui s'est déjà entretenu au téléphone mardi avec son homologue français, a ordonné à sa marine de «coopérer» avec la France. Le chef de l'État a aussi reçu à l'Élysée le secrétaire d'État américain John Kerry.

Paris a réclamé mardi l'assistance militaire des pays de l'Union européenne (UE), après une nouvelle nuit de bombardements français à Raqa, fief de l'EI, qui ont repris dans la soirée pour le troisième jour consécutif. L'UE a fait part de son soutien «unanime».

Des policiers inspectent une Clio noire immatriculée en... (AFP, Kenzo Tribouillard) - image 2.0

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Des policiers inspectent une Clio noire immatriculée en Belgique et retrouvée dans le nord de Paris, mardi. 

AFP, Kenzo Tribouillard

Peut-être un deuxième fuyard

L'enquête sur les tueries perpétrées par au moins sept kamikazes, qui ont fait 129 morts (dont 117 ont été identifiés) et 352 blessés (dont encore 221 hospitalisés), s'est concentrée mardi sur la région parisienne.

Une Clio noire immatriculée en Belgique a été retrouvée dans le nord de Paris. Elle a été louée par Salah Abdeslam, suspect-clé, peut-être armé et toujours traqué par les enquêteurs. Salah Abdeslam, 26 ans, a également loué une Polo noire retrouvée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri.

Deux hommes arrêtés samedi dans le quartier bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du jihadisme, et inculpés par la justice belge pour «attentat terroriste», sont soupçonnés d'avoir exfiltré Salah Abdeslam en Belgique: Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans.

En Belgique, où le niveau d'alerte a été relevé, un autre frère Abdeslam, Mohamed, lui a conseillé «de se rendre».

Un Français revendique les tueries

Des perquisitions ont été menées dans un hôtel d'Alfortville, dans la banlieue parisienne, où deux chambres, louées la veille des attentats avec la carte bancaire de Salah Abdeslam, pourraient avoir servi de planque.

Ce fuyard a côtoyé un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, possible «inspirateur» du carnage. Ce membre de l'EI, 28 ans, déjà soupçonné d'avoir commandité des attentats projetés en Belgique, est recherché depuis janvier.

Autre jihadiste, français cette fois, qui intéresse les enquêteurs: Fabien Clain, 35 ans, vieux routier toulousain des filières radicales, qui a revendiqué au nom de l'EI dans un enregistrement les attaques parisiennes.

Ces attentats «ont été décidés et planifiés en Syrie, préparés et organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises», avait dit le président Hollande.

Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Mostefaï, Amimour et Hadfi se sont rendus en Syrie. C'est probablement le cas aussi des deux frères Abdeslam et du kamikaze au passeport syrien.

Dans la nuit de lundi à mardi, comme la nuit précédente, plusieurs dizaines de perquisitions, donnant lieu à dix interpellations, ont été réalisées dans le cadre de l'état d'urgence décrété après les attentats.

L'ambiance n'était plus à l'union nationale mardi à l'Assemblée, où les questions au gouvernement, quasiment toutes consacrées aux attentats, se sont déroulées dans un climat tendu entre droite et gauche.

Selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, «115 000 policiers, gendarmes, militaires» sont mobilisés pour «la protection des Français». Les contrôles sont renforcés dans les aéroports, notamment à Paris-Orly et Roissy-CDG.

Selon un sondage, 84% des Français se disent prêts à accepter davantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés, pour mieux garantir leur sécurité.

Des dizaines de personnes se sont encore recueillies devant les lieux des attentats, dans une ambiance pesante. Mais sur Internet, de nombreux Français refusent de céder à la morosité et revendiquent leur liberté de moeurs, souvent avec humour et provocation, comme les 50.000 «inscrits» à l'improbable événement Facebook «Partouze géante Place de la République».

«Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne», titre aussi dans son numéro de mercredi le journal satirique Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée par une attaque islamiste le 7 janvier.

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