La France sollicite l'appui de l'UE pour ses interventions militaires

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Lors d'une allocution à une rencontre entre les ministres de la Défense de l'Europe, Jean-Yves Le Drian a déclaré que la France devait assurer sa sécurité nationale alors que l'état d'urgence est vigueur sur le territoire, tout en maintenant ses engagements militaires du pays en République centrafricaine et au Liban.

AP, Geert Vanden Wijngaert

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Lorne Cook, Thomas Adamson
Associated Press
Bruxelles

La France a invoqué mardi une clause sans précédent, celle de la «défense mutuelle», pour demander à ses partenaires de l'Union européenne (UE) de l'appuyer dans ses opérations militaires contre le groupe armé État islamique (EI) alors que le pays intensifie ses efforts dans la foulée des attentats de Paris.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que les 27 autres membres de l'UE avaient répondu positivement à la demande de la France. Selon lui, tous les pays ont promis de prêter main-forte au pays.

Lors d'une allocution à une rencontre entre les ministres de la Défense de l'Europe, M. Le Drian a déclaré que la France devait assurer sa sécurité nationale alors que l'état d'urgence est vigueur sur le territoire, tout en maintenant ses engagements militaires du pays en République centrafricaine et au Liban.

Les partenaires de la France pourraient l'aider en prenant part à ses opérations en Syrie ou en Irak, «en diminuant le fardeau» du pays à l'étranger ou en lui fournissant du soutien dans d'autres interventions, a énuméré le ministre français.

L'article 47.2 du traité de Lisbonne, qui encadre le fonctionnement de l'UE, édicte que si un pays membre est «victime d'une agression armée sur son territoire», les autres membres «lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir».

Cette disposition du traité est similaire à l'article 5 de l'OTAN, indiquant qu'une attaque contre un allié est une attaque contre tous - c'est celle-ci qui avait été invoquée après les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

La chef de la diplomatie européenne, Frederica Mogherini, a affirmé que «toute l'Europe a été attaquée» lors des événements tragiques de Paris.

«Nous sommes dans une nouvelle situation en Europe. C'est le 11 septembre pour l'Europe», a ajouté le ministre grec de la Défense, Panagiotis Kammenos.

Le Royaume-Uni, la Finlande et la Suède ont rapidement confirmé qu'ils étaient prêts à aider la France. Cependant, l'Allemagne et l'Italie ont écarté la possibilité de s'impliquer dans la campagne de frappes aériennes contre l'EI en Syrie.

«Il serait insensé de s'ajouter aux 16 pays qui mènent les tirs aériens», a expliqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. L'Allemagne fournit des armes et de l'équipement aux forces kurdes dans le nord de l'Irak, et «il s'agit de la bonne stratégie», selon le ministre allemand.

La ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, a dit que son pays avait déjà l'intention de raffermir son intervention en Irak. Même si l'Italie ne souhaite pas agir en Syrie, «elle assure à la France sa disponibilité maximale sur d'autres enjeux de coopération», a affirmé la ministre.

L'enquête suit son cours

Les autorités françaises recherchent maintenant un deuxième fugitif qui aurait été impliqué directement dans les attentats, selon trois représentants français qui ont requis l'anonymat. Une analyse des événements du 13 novembre dernier a permis de découvrir qu'un suspect - qui n'a pas été identifié - n'avait pas été pris en compte.

Sept assaillants sont morts à la suite des attentats - six ont activé une ceinture à explosifs et le septième a été abattu par la police. Or, selon des agents de renseignements irakiens, 19 personnes auraient participé à l'attaque et 5 autres auraient fourni un appui logistique.

Les autorités belges et françaises ont déjà diffusé un mandat d'arrêt concernant Salah Abdeslam, le frère de l'un de ceux qui se sont fait exploser.

Depuis dimanche soir, les autorités ont effectué près de 300 perquisitions qui ont mené à 127 arrestations et à 31 saisies d'armes.

À Paris, toujours depuis dimanche, 16 personnes sont détenues et 104 perquisitions ont eu lieu. La police dit cibler «les gens, les objets et les armes qui semblent être liés à des activités terroristes».

Un troisième véhicule pouvant avoir un lien avec l'enquête a d'ailleurs été découvert, ont annoncé mardi les autorités. Il s'agit d'une voiture avec une plaque d'immatriculation belge avec une fenêtre qui a été fracassée.

En Belgique, l'avocat de l'une des deux personnes arrêtées au pays a affirmé que son client avait admis être allé en France, mais seulement pour aller chercher un ami. L'avocat de la défense, Xavier Carrette a dit à l'Associated Press que son client, Mohammed Amri, 27 ans, avait été appréhendé pendant la fin de semaine et qu'il était détenu relativement à des accusations d'activités terroristes et de participation à un complot terroriste.

Selon les renseignements français, c'est un Belge, Abdelhamid Abaaoud, qui serait derrière les attaques coordonnées de huit assaillants. Les autorités croient que l'homme d'origine marocaine avait recommandé de cibler une salle de spectacle pour causer un maximum de morts. M. Abaaoud aurait d'ailleurs eu des contacts électroniques avec l'un des assaillants qui se sont fait exploser.

Nouvelles frappes

Par ailleurs, la France a une fois de plus mené des frappes aériennes à Raqqa, en Syrie, qui est un bastion du groupe armé EI.

Le porte-parole de l'armée française, le colonel Gilles Jaron a précisé que les derniers tirs avaient ravagé un poste de commande et un camp d'entraînement des extrémistes.

La veille, le président François Hollande s'était engagé à former une coalition internationale pour détruire les djihadistes au Moyen-Orient et à l'étranger. M. Hollande est d'ailleurs censé rencontrer prochainement ses homologues de la Russie et des États-Unis à ce sujet.

Le président russe a d'ailleurs annoncé mardi que le croiseur à missiles Moskova, qui est actuellement dans la mer Méditerranée, commencerait à coopérer avec l'armée française en Syrie.

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