Les attentats de Paris risquent de nuire à l'accueil des réfugiés

Une spécialiste polonaise en matière de migrations estime... (AP, Darko Vojinovic)

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Une spécialiste polonaise en matière de migrations estime que les attentats de Paris accentueront la polarisation au sein de la population et chez les politiciens sur la question des réfugiés.

AP, Darko Vojinovic

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Vanessa Gera
Associated Press
Varsovie

Érection de clôtures aux frontières, agression d'un Syrien dans une rue en Pologne, manifestations de l'extrême droite ici et là : même avant les attentats de Paris, le sentiment antimigrants était bien implanté un peu partout dans le centre de l'Europe. La tragédie de vendredi risque d'envenimer encore davantage l'accueil que l'on réservera dorénavant à tous ceux qui fuient les violences au Moyen-Orient.

Ainsi, à la frontière austro-slovène, en fin de semaine, des militaires des deux côtés soumettaient les migrants à des fouilles à nu, ce qui a causé des engorgements monstres dans les camps de réfugiés. Le nouveau gouvernement polonais, ouvertement antimigrants, a déjà prévenu qu'il pourrait remettre en cause l'engagement de l'administration précédente d'accueillir 7000 réfugiés.

La Pologne, la Hongrie et d'autres pays d'Europe centrale, qui étaient souvent multiethniques par le passé, sont devenus des sociétés chrétiennes «mono-ethniques» après les massacres, les expulsions et les exodes de la Seconde Guerre mondiale. La résistance contre les migrants s'est ainsi surtout portée cette année sur les musulmans, perçus comme une menace à l'identité nationale.

Car plusieurs de ces pays ont déjà été menacés de disparaître dans le passé - la Pologne a été rayée de la carte géopolitique au XIXe siècle, la Hongrie a perdu les deux tiers de son territoire après la Seconde Guerre mondiale, et l'essentiel de l'Europe centrale a été sujet à la domination soviétique pendant la guerre froide.

Le fait qu'un des suspects dans les attentats de Paris soit un Syrien passé par la Grèce en octobre n'arrangera rien. Ces appréhensions sont même partagées par certains migrants eux-mêmes : ils craignent que des terroristes s'infiltrent parmi la vague d'immigration humanitaire et commettent d'autres attentats en Europe, ce qui alimenterait l'islamophobie dont souffriraient ensuite les demandeurs d'asile légitimes.

«Grave erreur»

«L'Europe a commis une grave erreur : elle n'aurait pas dû admettre autant de gens», estime Emile Tarabeh, un douanier syrien qui se trouve dans un centre de migrants à Presevo, en Serbie, et qui espère gagner la Suède. «Ce sera maintenant très difficile» pour les vrais réfugiés, a-t-il soutenu.

Joanna Fomina, une spécialiste polonaise en matière de migrations, estime que les attentats de Paris accentueront la polarisation au sein de la population et chez les politiciens sur cette question des réfugiés. Ces attentats, a-t-elle soutenu, conforteront les xénophobes dans leurs positions. Mme Fomina s'attend aussi à une montée de l'«euroscepticisme», un sentiment qui va de pair avec la fermeture aux migrants.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a estimé lundi que l'Europe est «à la dérive» dans le dossier des migrants. «À Bruxelles [siège de l'Union européenne], ils répètent encore que l'immigration est une bonne chose, même si nous accumulons chaque jour de nouvelles preuves qui démontrent que l'immigration est une mauvaise chose.»

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