Attentats de Paris: bilan provisoire de 129 morts

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Plusieurs personnes se recueillaient, samedi soir, sur les lieux des attentats, à Paris.

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La Presse Canadienne
Paris

État d'urgence sur tout le territoire français, modus operandi des assaillants, arrestations en Belgique: les autorités françaises ont fait le point samedi sur les attentats terroristes qui ont coûté la vie à au moins 129 personnes, vendredi soir.

En plus des 129 personnes tuées dans les attaques et attentats suicides au Stade de France, dans des bars, des restaurants et la salle de spectacle le Bataclan, on compte au moins 352 blessés dont 99 seraient dans un état grave.

L'ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, a indiqué sur son compte Twitter qu'aucun Canadien ne figure parmi les victimes «pour l'instant». Il a aussi remercié les autorités françaises pour «leur précieuse coopération».

Le procureur de Paris, François Molins, a confirmé samedi que les autorités belges avaient arrêté au moins trois individus lors d'un contrôle routier. L'un d'entre eux pourrait avoir été celui qui a loué un des deux véhicules ayant servi à transporter les agresseurs au cours de la tragique soirée de vendredi. Ces trois personnes n'étaient pas connues des services du renseignement français.

Le parquet fédéral belge a ouvert une enquête à ce sujet. Plusieurs perquisitions ont été effectuées à Molenbeek-Saint-Jean, une commune de la banlieue de Bruxelles.

Trois «équipes» de terroristes

M. Molins a aussi indiqué que les attentats ont vraisemblablement été menés par trois équipes de terroristes. Trois kamikazes se sont fait sauter à l'aide de gilets explosifs près du Stade de France où se déroulait un match amical de soccer entre la France et l'Allemagne, trois autres ont fait irruption dans le Bataclan et au moins un dernier a sévi dans un restaurant du 11e arrondissement.

Les autorités françaises ont affirmé que les sept assaillants étaient morts, dont six dans des attaques suicides. Elles ont indiqué que la police avait tué par balle l'autre assaillant, dont le «gilet-suicide» a ensuite explosé.

M. Molins a affirmé que les sept assaillants portaient des vestes identiques contenant l'explosif TATP (ou peroxyde d'acétone).

La police a par ailleurs mis en détention deux membres de la famille de l'un des attaquants ayant été identifiés jusqu'à maintenant, a indiqué une porte-parole du procureur.

Les autorités ont identifié deux des agresseurs mais n'ont pas dévoilé leur identité. Le premier, qui faisait partie du groupe ayant assailli le Bataclan, est un citoyen français né en novembre 1985 à Courcouronnes. Il était connu de la justice pour des délits de droit commun mais n'avait jamais été incarcéré. Il avait été fiché en 2010 pour radicalisation, a révélé M. Molins.

Le second, un des kamikazes du Stade de France, a été identifié par un passeport retrouvé près de lui. Il s'agit d'un individu né en Syrie en 1990 qui n'était pas connu des services de renseignement français. Les autorités grecques ont révélé que le détenteur de ce passeport serait arrivé en Europe en passant par l'île de Leros, dans l'archipel du Dodécanèse.

Le procureur a aussi narré le fil des événements. Une première explosion a tué un kamikaze et un passant devant une des portes du Stade de France à 21 h 20. Cinq minutes plus tard, des personnes attablées au bar Le Carillon et au restaurant le Petit Cambodge, dans le 10e arrondissement, sont victimes de tirs de fusil d'assaut de type Kalachnikov, d'individus prenant place dans un véhicule de type Seat Leon. Le bilan s'y établit à 15 morts.

À 21 h 30, une deuxième explosion retentit devant une autre porte du Stade de France, tuant un kamikaze. Deux minutes plus tard, de nouveaux coups de feu tuent cinq personnes devant le Café Bonne Bière, toujours dans le 10e arrondissement. Huit personnes sont blessées en urgence absolue.

Il n'y a pas quatre minutes d'écoulées lorsque de nouveaux tirs de fusils d'assaut, également provenant d'un véhicule Seat de couleur noire, causent la mort de 19 personnes, sur la rue de Charonne, dans le 11e arrondissement. À 21 h 40, un autre kamikaze se suicide dans un autre restaurant du 11e arrondissement, blessant plusieurs personnes.

L'attaque la plus meurtrière débute à 21 h 40 lorsque trois individus, surgissant d'une Polo de couleur noire, prennent d'assaut le Bataclan. Ils tirent en rafale et prennent des otages. Après de courts pourparlers, les forces de l'ordre interviennent et tuent un des agresseurs. Les deux autres se donnent la mort en actionnant des ceintures explosives. En début de soirée, samedi, heure locale, les autorités décomptent 89 morts et de très nombreux blessés au Bataclan.

À 21 h 53, un dernier kamikaze s'enlève la vie près du Stade de France, lui aussi à l'aide d'une ceinture explosive.

M. Molins a aussi mentionné que les sept terroristes avaient «fait usage de fusils d'assaut K de calibre .7,62 et d'un dispositif explosif identique». Chacun portait «un gilet d'explosifs contenant du TATP (peroxyde d'azote), et un dispositif avec les mêmes piles et boutons poussoirs, et pour les kamikazes du Stade de France des boulons».

Manifestations publiques interdites

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que toutes les manifestations publiques sont interdites jusqu'à jeudi et que les gouvernements locaux ont l'option d'imposer des couvre-feux. La police et des renforts militaires seront déployés dans certains immeubles publics. D'ailleurs, la tour Eiffel, le musée du Louvre et le parc Disneyland ont été fermés, tout comme les chaînes de cinémas UGC, MK2 et Gaumont Pathé. Quelque 1500 soldats ont été appelés à prêter main forte à la police pour rassurer la population dans les rues de Paris. Les édifices gouvernementaux, les écoles, les sites religieux et touristiques, notamment, sont sous haute surveillance.

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a pour sa part déclaré que les lieux visés étaient des établissements aimés des Parisiens, des endroits qui célébraient la diversité.

«C'est ce Paris-là qui a été atteint, sans doute parce que ce modèle, ce modèle du vivre ensemble, qui est si présent dans notre ville, est insupportable pour des fanatiques, est insupportable pour ceux qui voudraient réduire l'humanité toute entière au silence», a-t-elle dit.

L'état d'urgence, décrété vendredi soir alors qu'une prise d'otages se poursuivait toujours au Bataclan, implique des mesures qui permettront aux autorités de fermer certains lieux, d'interdire la circulation aux personnes, d'effectuer des perquisitions et d'instituer des zones de protection et de sécurité.

«Des endroits choisis minutieusement»

Par la voie d'un communiqué en français et en arabe, l'État islamique (ÉI) a revendiqué la responsabilité des attentats, commis dans six endroits différents, de manière quasi simultanée.

Le groupe explique que «huit frères portant des ceintures d'explosifs et des fusils d'assaut ont pris pour cibles des endroits choisis minutieusement au coeur de la capitale française dont le Stade de France où se trouvait l'imbécile François Hollande».

Il mentionne aussi l'implication de la France dans des frappes aériennes sur des cibles de l'ÉI en Irak et en Syrie, notant que les forces aériennes françaises «ne sont d'aucune utilité aux Français dans les rues et ruelles pourries de Paris».

François Hollande, qui a annulé sa présence au sommet du G20 qui a lieu dans les prochains jours, a déclaré que les attaques ne feraient qu'augmenter les efforts militaires de la France au Moyen-Orient pour anéantir l'ÉI et que la France agirait «avec tous les moyens qui conviennent dans le cadre du droit sur tous les terrains, intérieurs comme extérieurs».

Le président français s'adressera aux députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles, lundi après-midi, a annoncé l'Assemblée nationale par voie de communiqué.

Conférence de Paris sur le climat

Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a insisté pour dire que la conférence de Paris sur le climat «doit se tenir» comme prévu, du 30 novembre au 11 décembre.

Dans une entrevue diffusée sur le site Internet du ministère, M. Fabius ajoute que celle-ci se déroulera «avec des mesures de sécurité renforcées». Il a affirmé qu'elle est «une action absolument indispensable contre le dérèglement climatique et bien évidement elle se tiendra».

La nouvelle a été confirmée par le premier ministre Manuel Valls, plus tard en soirée. «La COP21 se tiendra car c'est un rendez-vous essentiel pour l'humanité. Ce sera l'occasion pour tous les dirigeants du monde de se retrouver et de manifester leur solidarité vis-à-vis de la France. Ce rendez-vous climat se tiendra», a-t-il déclaré sur les ondes de TF1, cité par le site Internet Le Monde.

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