La France «en guerre»

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Un policier patrouille près de la tour Eiffel, fermée au public au lendemain des attentats qui ont fait 129 morts.

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Paris

Qui sont-ils? Les enquêteurs français tentaient samedi d'identifier les kamikazes auteurs des attentats les plus meurtriers jamais commis en France.

Après avoir décrété l'état d'urgence - une première depuis 50 ans -, le président François Hollande a ordonné un deuil national de trois jours et a dénoncé un «acte de guerre».

Pour la première fois, la France est frappée par des attentats suicide, commis par des djihadistes qui ont ouvert le feu de façon indiscriminée.

Le bilan est sans précédent : au moins 129 morts, outre les assaillants, et 352 blessés, dont 99 grièvement.

Sept assaillants sont morts, six en faisant exploser des ceintures piégées, a précisé le procureur de Paris, François Molins.

En tout, six attaques quasi simultanées ont été menées vendredi soir par trois équipes différentes, selon le procureur. L'une a frappé le Stade de France, les autres ont agi en plusieurs endroits dans l'est de la capitale, fréquenté par une population jeune et branchée.

Les «assassins» ont «balayé avec des mitraillettes plusieurs terrasses de café», selon la police, faisant au moins 39 morts dans trois rues distinctes.

Mais c'est dans la salle de concert Le Bataclan que le bilan est le plus lourd avec au moins 89 morts. «On entendait hurler, tout le monde essayait de fuir, les gens se piétinaient... C'était l'enfer», a raconté un rescapé. «Les terroristes y ont évoqué la Syrie et l'Irak», a dit le procureur.

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué ces attentats sur Internet, évoquant des «frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut» qui «ont visé des sites choisis soigneusement au coeur de Paris».

Ces attaques, les plus meurtrières en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en 2004, ont été perpétrées à deux semaines de la conférence de l'ONU sur le climat prévue près de Paris. Des dizaines de chefs d'État et de gouvernement sont attendus à cette rencontre, maintenue avec des mesures de sécurité renforcée.

Passeport syrien

La priorité des enquêteurs, «c'est d'identifier les corps des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu'ils se sont fait sauter. Il s'agira ensuite de déterminer s'ils ont profité de complicités», a expliqué une source policière à l'AFP.

Le corps d'un des assaillants de la salle de concert Le Bataclan, un Français d'une trentaine d'années né en région parisienne, connu pour délinquance, a déjà été identifié grâce à ses empreintes digitales. Il avait été fiché pour «radicalisation», selon le procureur Molins.

Son père et son frère ont été interpellés dimanche soir au cours de deux perquisitions, en région parisienne et dans l'est de la France.

Un passeport syrien a été retrouvé près du corps d'un autre assaillant à l'extérieur du Stade de France, au nord de Paris, après trois explosions survenues pendant un match amical, a-t-il ajouté.

Ce document appartenait à un migrant enregistré en Grèce. Une information qui pourrait relancer le débat sur la possible présence de djihadistes infiltrés parmi les dizaines de milliers de réfugiés arrivés récemment en Europe.

Le procureur français a précisé que l'une des voitures utilisées par les assaillants était immatriculée en Belgique et avait été louée par un Français résidant en Belgique. Cet homme, inconnu des services de sécurité français, a été interpellé samedi matin avec deux autres personnes à l'issue d'un contrôle routier en Belgique.

Anéantir les ennemis

Le président Hollande, qui a rendu visite à des victimes hospitalisées à Paris, a dénoncé un acte «planifié de l'extérieur et avec des complicités intérieures», lançant un appel à «l'unité» et au «sang-froid».

Son premier ministre Manuel Valls a promis d'«anéantir tous les ennemis de la République» et que la guerre se mènerait «sur le sol national et en Syrie».

Le groupe EI compte dans ses rangs des milliers d'étrangers, dont des centaines de Français. La France mène des frappes aériennes contre le groupe en Irak depuis deux ans et en Syrie depuis septembre.

Ces attentats ont réveillé le douloureux souvenir des attaques de janvier à Paris, qui avaient fait 17 morts.

Peut-être du fait d'une interdiction de se rassembler jusqu'à jeudi à Paris et dans sa région, seuls de petits rassemblements ont eu lieu à proximité des lieux des attaques, où des badauds déposaient bouquets et bougies. Quelques manifestations spontanées ont été observées en province et dans des capitales étrangères.

L'émotion a été immédiate dans le monde, avec une multitude de messages, Barack Obama citant, en français, la devise républicaine française et le pape François se disant «bouleversé».

Seul le président syrien, Bachar al-Assad, dont Paris réclame le départ, s'est démarqué de l'élan général de solidarité en accusant la France d'avoir, par sa politique en Syrie, contribué à «l'expansion du terrorisme».

Une vingtaine d'étrangers figurent parmi les morts, dont trois Belges, deux jeunes soeurs Tunisiennes, deux Algériens, un Marocain, trois Chiliens.

Trois mille militaires supplémentaires seront mobilisés d'ici mardi et les contrôles aux frontières renforcées.

Samedi, les écoles sont restées fermées ainsi que de nombreux commerces et sites touristiques. La tour Eiffel est fermée jusqu'à nouvel ordre.

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