L'EI revendique les attentats de Paris

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Les corps des victimes ayant été abattues au Bataclan ont été évacués samedi.

AFP, Kenzo Tribouillard

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Attentats du 13 novembre à Paris
Attentats du 13 novembre à Paris

Une série d'attentats à la ceinture explosive et à l'arme automatique a fait au moins 129 morts, vendredi soir, à Paris, plongeant à nouveau la France dans l'horreur du terrorisme. Au total, huit assaillants auraient été tués dans les attentats, dont sept qui se seraient fait exploser. »

Agence France-Presse
Paris

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué samedi le carnage sans précédent perpétré à Paris, qualifié d'«acte de guerre» par le président François Hollande, et qui a provoqué un choc immense dans un pays déjà meurtri par des attentats djihadistes il y a 10 mois.

«Huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut ont visé des sites choisis soigneusement au coeur de Paris», a écrit dans son communiqué de revendication le groupe djihadiste.

Peu avant cette revendication, le président français avait accusé l'organisation d'être derrière la série d'attaques qui ont fait au moins 128 morts et 250 blessés vendredi à Paris et en banlieue.

«Ce qui s'est produit hier, c'est un acte de guerre [...], un acte de guerre qui a été commis par une armée terroriste, Daech, contre la France, contre les valeurs que nous défendons, contre ce que nous sommes», a déclaré François Hollande dans une allocution solennelle à l'issue d'un Conseil de défense à l'Élysée.

Daech est l'acronyme arabe du groupe EI, qui opère en Irak et en Syrie, et qui compte dans ses rangs des milliers d'étrangers, dont des centaines de Français. Paris, membre de la coalition internationale anti-EI, mène des frappes aériennes dans les deux pays.

«Impitoyable»

Cet acte «a été préparé, organisé, planifié de l'extérieur, avec des complicités intérieures», a accusé M. Hollande, qui a promis que la France serait «impitoyable», précisant qu'il s'adresserait lundi au Parlement réuni en Congrès à Versailles, près de Paris, pour marquer la gravité de l'événement.

Le président a également décrété un deuil national de trois jours, au lendemain des pires attaques terroristes jamais perpétrées en France, avec en outre, pour la première fois, des actions kamikazes.

La France s'est réveillée samedi en état de sidération après la série d'attaques qui a visé des bars et une salle de concert, le Bataclan, dans l'Est parisien, et les abords du Stade de France, en banlieue, où François Hollande assistait à un match de football amical France-Allemagne.

Ces attaques indiscriminées, sur six sites, principalement dans des endroits festifs de l'est parisien, ont été commises en quelques heures. Les huit assaillants sont morts dont sept en se faisant exploser.

Ces attentats interviennent dix mois après les attaques djihadistes contre des journalistes de Charlie Hebdo, des juifs et des policiers, qui avaient déjà provoqué un choc en France et un élan massif de solidarité dans le monde.

Machine à tuer

Des premiers témoignages de survivants avaient fait état d'assaillants ayant crié «Allah Akbar» ou ayant évoqué l'intervention de la France en Syrie.

«C'était pas des personnes qui ont découvert hier le maniement des armes de guerre. C'était des hommes extrêmement déterminés, qui rechargeaient méthodiquement leurs fusils d'assaut. Sans états d'âme», a raconté Julien Pearce, un journaliste de la radio Europe 1, qui se trouvait au Bataclan et qui a décrit un des assaillants comme «une machine à tuer», qui «abattait méthodiquement les gens à terre».

L'ampleur de cette tragédie a semé l'effroi dans la capitale, à deux semaines de la conférence sur le climat de l'ONU à Paris, où sont attendus une centaine de dirigeants étrangers.

La justice a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste sur ces attaques, les plus meurtrières en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en mars 2004.

«La priorité, c'est d'identifier les corps, notamment ceux des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu'ils se sont fait sauter», a expliqué une source policière à l'AFP.

La police a lancé samedi un appel à témoins auprès de la population pour «signaler toute information en relation avec les attentats de la nuit».

Aucune interpellation n'a été réalisée et les enquêteurs ont laissé entendre qu'ils ne recherchaient personne à ce stade.

Ils vont visionner «des heures d'images de vidéosurveillance pour déterminer les circonstances» des attentats, a souligné la source policière, ajoutant: «Une fois les terroristes identifiés, il s'agira de déterminer s'ils ont profité de complicités.»

Quatre des assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant une ceinture d'explosifs, le dernier ayant été tué lors de l'assaut des forces de l'ordre. Trois kamikazes sont morts au Stade de France, et un autre boulevard Voltaire, dans le centre de Paris.

Au Bataclan, l'assaut des forces de l'ordre a été décidé «très vite parce qu'ils tuaient tout le monde», a confié une source proche de l'enquête.

«C'était sale dedans, une boucherie, des gens avec des balles dans la tête, des gens qui se sont fait tirer dessus alors qu'ils étaient à terre...», a témoigné un policier ayant participé à l'assaut.

État d'urgence

L'état d'urgence, une mesure rarissime permettant notamment des restrictions importantes de circulation et des perquisitions, a été décrété par le président Hollande sur tout le territoire.

Dans la région parisienne, les établissements scolaires et universitaires ont été fermés samedi et les compétitions sportives suspendues ont été suspendues en fin de semaine. Des grands magasins ont aussi fermé.

L'Élysée a annoncé la mobilisation de 1500 militaires supplémentaires et le renforcement des contrôles aux frontières. Un nouveau conseil des ministres devait se réunir samedi après-midi.

Dans un mouvement d'unité nationale, les principaux partis ont annoncé la suspension de leur campagne en vue d'élections régionales prévues en décembre. Le chef de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy, a toutefois réclamé des «inflexions majeures» en matière de sécurité.

Les réactions de condamnation, unanimes des États-Unis à la Russie, ont afflué du monde entier, où de nombreux monuments se sont parés de lumineuses couleurs bleu-blanc-rouge en signe de solidarité.

Le président iranien Hassan Rohani a reporté un voyage prévu lundi en France, tandis que la Belgique demandait à ses ressortissants d'éviter de se rendre à Paris.

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