Carnage à Paris

Des corps sont étendus sur le pavé à... (AP, Anne Sophie Chaisemartin)

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Des corps sont étendus sur le pavé à la sortie du restaurant La Belle équipe, où a eu lieu une fusillade à Paris vendredi soir.

AP, Anne Sophie Chaisemartin

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(Québec) La France a été plongée en plein cauchemar, vendredi soir, lorsque sept attentats ont frappé le coeur de Paris. Au moins 120 personnes ont été tuées. Environ 200 autres ont été blessées. L'état d'urgence a été déclaré. Les frontières du pays ont été fermées. 


Les spectateurs d'un match amical France-Allemagne du Stade de... (AFP, Franck Fife) - image 1.0

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Les spectateurs d'un match amical France-Allemagne du Stade de France se sont regroupés sur le terrain à la suite d'explosions à proximité du stade. 

AFP, Franck Fife

Dix mois après les attentats contre Charlie Hebdo, la terreur s'est encore invitée dans les rues de Paris. Vers 21h20 (heure locale, 15h20 à Québec), plusieurs explosions sont d'abord entendues à proximité du Stade de France, où se déroule un match de soccer amical entre la France et l'Allemagne. Sur le coup, la foule croit qu'il s'agit de pétards. Le match n'est même pas interrompu. Mais le président François Hollande, qui se trouve sur les lieux, est rapidement évacué.

Au même moment, dans l'est de Paris, des tireurs se déplaçant dans une berline noire ouvrent le feu sur des clients attablés sur des terrasses, semant la mort sur leur passage. Au bar La Belle Équipe, sur le boulevard de Charonne, 19 personnes sont tuées. Un peu partout, les commerçants proposent aux passants paniqués de se barricader avec eux dans les établissements. Déjà, les scènes de carnage sont relayées par des milliers de témoins équipés de téléphones portables.

L'horreur en direct, ou presque.

Les événements les plus dramatiques se déroulent au Bataclan, une salle où est présenté le spectacle d'un groupe américain Eagles of Death Metal. Vers 22h (heure locale), quatre tireurs ont fait irruption dans la salle de spectacle avant d'ouvrir le feu avec des armes automatiques sur la foule de 1500 personnes.

Plusieurs témoins affirment qu'ils crient «Allahu Akbar!» (Allah est grand!), en rechargeant leurs armes. À plusieurs reprises. Selon un autre survivant, l'un des tireurs s'est écrié : «C'est la faute de Hollande. Il n'a pas à intervenir en Syrie!»

Les assaillants prennent une vingtaine d'otages. Les plus folles rumeurs se mettent à circuler. On craignait que les terroristes ne soient en train d'abattre les otages, un par un. Des gens cachés à l'intérieur du théâtre expédient des messages frénétiques, ajoutant à l'affolement général. Plusieurs corps sans vie gisent à l'entrée du bâtiment.

Terreur indescriptible

Vers 0h30 (heure locale), après un siège d'environ deux heures, les policiers donnent l'assaut sur le théâtre, au milieu d'un carnage indescriptible. On dénombre au moins 70 morts, y compris les 4 assaillants. Trois d'entre eux auraient actionné des ceintures d'explosifs, pour ne pas être capturés vivants.

Un journaliste qui se trouvait dans la salle a raconté sa fuite éperdue à travers la scène, pour aller se cacher en coulisses. «Je n'arrive pas à croire. On ne voit cela que dans les films, a-t-il expliqué. Quand on a fini par sortir, j'ai vu des corps démembrés. Là où les gens étaient en train de danser, j'ai vu des corps entassés.»

Peu de temps avant l'assaut au Bataclan, le président François Hollande s'est adressé à ses compatriotes, dans une allocution télévisée. La voix nouée par l'émotion, le souffle court, le président a décrété l'état d'urgence. Il a aussi annoncé que les frontières du pays étaient fermées. «C'est une terrible épreuve qui nous assaille, a-t-il dit. C'est une horreur.» Plus tard, le président s'est rendu sur les lieux du carnage, pour promettre qu'il serait «impitoyable».

Ampleur inégalée

La France a déjà connu d'autres attaques terroristes. En janvier, les attentats contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo et un supermarché ont fait 17 morts. En 1995, plusieurs attentats se sont déroulés dans le métro et dans le train de banlieue (RER). Le 25 juillet 1995, un engin explosif rempli de clous avait explosé à la station Saint-Michel, en plein coeur de Paris, faisant 7 morts et 117 blessés. Mais jamais les attaques n'avaient atteint une telle ampleur, un tel degré de préparation.

À travers le monde, les réactions n'ont pas tardé. Le président Barack Obama a promis son aide à la France. Il a poussé la sympathie jusqu'à prononcer la devise de la République en français : «Liberté, égalité, fraternité». Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s'est dit solidaire de la France, en ce «jour sombre». En Russie, le président Vladimir Poutine a parlé «d'assassinats inhumains».

Au milieu de la nuit, les attentats n'avaient toujours pas été revendiqués. Les autorités françaises assuraient que huit assaillants avaient été tués. Y compris trois kamikazes qui se seraient fait exploser près du Stade de France. De plus, des sources policières révélaient que la salle de spectacle Le Bataclan a souvent été la cible de menaces, au cours des dernières années, à cause de la tenue de conférences ou de galas d'organisations juives.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs utilisateurs tentaient de créer un slogan planétaire, sur le modèle du célèbre «Je suis Charlie», qui avait fait fureur en janvier. Pour l'instant, nous avons eu droit à «Pray for Paris», «Je suis Paris», «J'aime la France». En attendant la suite... Avec AFP

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