Dopage: la Russie baisse le ton

Même si l'équipe d'athlétisme était bannie, le ministre... (Archives AFP)

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Même si l'équipe d'athlétisme était bannie, le ministre des Sports Vitaly Mutko a fait savoir que la Russie n'a pas l'intention de boycotter les prochains Jeux olympiques.

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Associated Press

MOSCOU - La Fédération russe d'athlétisme envisage de reconnaître en partie ses torts face aux accusations de la commission de l'Agence mondiale antidopage (AMA) dans le but d'éviter d'être bannie de compétitions.

Le président de la fédération, Vadim Zelichenok, a indiqué jeudi que la Russie est à préparer la réponse qu'elle fournira à l'AMA. Le conseil d'administration de l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme) doit décider vendredi du sort de l'équipe d'athlétisme, menacée d'exclusion aux Jeux de Rio, l'an prochain.

C'est en tout cas la recommandation incluse dans le rapport rendu public lundi, qui a divulgué au grand jour la vaste affaire de système étatisé de dopage impliquant ses athlètes et ses dirigeants. Le rapport indiquait que Zelichenok avait «refusé de collaborer» avec les enquêteurs.

Même si l'équipe d'athlétisme était bannie, le ministre des Sports Vitaly Mutko a fait savoir que le pays n'a pas l'intention de boycotter les prochains Jeux olympiques. «Jamais», a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique. «La Russie s'oppose au boycott. La Russie s'oppose à l'ingérence politique dans le sport. Comprenez que la Russie est un fiable partenaire du mouvement international olympique.»

Pendant la guerre froide, les États-Unis et ses alliés ont boycotté les Jeux olympiques de Moscou, en 1980, afin de protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique. Quatre années plus tard, les Soviétiques ont rendu la pareille aux Américains, en ne se présentant pas aux Jeux de Los Angeles.

Une position qui va réjouir le vice-président de l'IAAF Sergei Bubka. Plus de 30 ans plus tard, il ressent encore la peine de n'avoir pas pu lutter pour la médaille d'or aux JO  de Los Angeles.

«Ça fait encore plus mal aujourd'hui», a confié l'ancien grand champion ukrainien au saut à la perche. «J'ai payé le prix. J'avais d'excellentes chances d'être champion olympique en 1984. On m'a volé mon rêve.»

Il s'oppose farouchement à ce qu'on écarte toute l'équipe d'athlétisme russe aux JO de Rio, craignant de voir «d'innocents athlètes» privés d'une participation aux JO. «Ils ne devraient pas souffrir», a-t-il soutenu. «C'est notre devoir de protéger les athlètes propres.»

Une vision partagée par le ministre Mutko. «Ce serait cruel pour les athlètes sans reproche. Ça irait à l'encontre de la philosophie même du code d'éthique de l'AMA. La commission elle-même écrit dans son rapport qu'elle veut protéger l'intégrité des athlètes propres.»

Le gouvernement de la Russie, qui veut mener sa propre enquête, a déboulonné le rapport de l'AMA, déplorant son manque de preuves tangibles. Mutko a noté qu'il était basé à outrance sur des confidences de sources confidentielles et il a condamné l'inclusion de matériel obtenu à partir d'enregistrements clandestins réalisés par des dénonciateurs, «ce qui viole les droits des accusés».

Athlètes optimistes

Pendant ce temps, à Sotchi, ville hôte des Jeux d'hiver de 2014, des athlètes russes continuent de s'entraîner sous le soleil, jeudi. Plusieurs demeurent optimistes de pouvoir prendre part aux Jeux de Rio, tout en s'interrogeant à savoir pourquoi on n'avait pas étendu l'enquête à d'autres pays.

«C'est répandu partout dans le monde. Pourquoi ces mesures uniquement pour la Russie? Je ne comprends pas», a commenté au sujet du dopage Maxim Sidorov, un lanceur de poids qui a pris part aux Jeux de 2012. «Il n'y a pas que nous, s'il s'avère, qui faisons usage de substances illégales. D'autres pays le font. Pourquoi ne sont-ils pas disqualifiés?»

Par ailleurs, la banque d'état russe VTB a indiqué qu'elle ne renouvellera pas l'entente financière de partenariat avec l'IAAF, qui arrive à échéance cette année. Mais elle a nié que la raison soit liée à l'actuel scandale.

«Nous estimons que nous avons atteint tous nos objectifs. Nous n'envisageons pas d'aller plus loin», a déclaré le président de VTB, Vasily Titov, à l'agence de nouvelle RIA Novosti. «La décision n'a absolument rien à voir avec le scandale de dopage.»

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