Vaticanleaks 2: fonds détournés par la Curie

Le pape François... (AFP, Vincenzo Pinto)

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Le pape François

AFP, Vincenzo Pinto

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Jean-Louis De La Vaissière
Agence France-Presse
Rome

Deux livres à paraître prochainement révèlent des frasques financières derrière les murs épais du Vatican où, selon leurs auteurs, une partie par exemple de dons faits aux pauvres financent en réalité les dépenses somptuaires de certains cardinaux.

Ces révélations, distillées mardi par la presse italienne, interviennent après l'arrestation en fin de semaine d'un prélat espagnol, Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, et d'une laïque italienne, Francesca Chaouqui, accusés d'avoir divulgué des documents économiques du petit État. Mme Chaouqui a été remise en liberté, mais à nouveau interrogée mardi.

Les livres Avarice d'Emiliano Fittipaldi, de l'hebdomadaire L'Espresso de gauche, et Via crucis de Gianluigi Nuzzi, du groupe télévisé Mediaset, seront en librairie le 5 novembre.

Ils rapportent que les dons reçus par le Saint-Siège à l'intention des plus pauvres ne sont pas tous destinés à des oeuvres de bienfaisance. Selon Emiliano Fittipaldi, 400 millions d'euros auraient été ainsi détournés de la caisse du «Denier de Saint-Pierre» pour les besoins de la Curie.

L'auteur prend en exemple quelque 200 000 euros (286 000 $CAN) détournés d'une fondation dépendant de l'hôpital catholique Bambino Gesu («l'Enfant Jésus») pour financer la rénovation de l'appartement du cardinal Tarcisio Bertone, ex-numéro deux du Vatican. Ce luxueux appartement de 700 mètres carrés est nettement plus modeste que celui qu'occupe le pape François à la résidence Sainte-Marthe.

Le journaliste italien affirme aussi que ce même cardinal a utilisé un hélicoptère pour se rendre en Basilicate dans le cadre d'une opération de marketing pour le compte de cette fondation. Coût de ce vol, selon Emiliano Fittipaldi : 23 800 euros (34 000 $CAN).

La préface d'Avarice donne la parole à un certain «monsignore âgé», qui lui conseille d'écrire ce livre : «Tu dois écrire ce livre pour François, qui doit savoir. Il doit savoir que la Fondation du Bambino Gesù, née pour recueillir les dons en faveur des petits malades, a payé une partie des travaux faits dans le nouvel appartement du cardinal Tarcisio Bertone!»

Et des cardinaux «continuent à vivre dans des appartements de 500 mètres carrés», ajoute de son côté Gianluigi Nuzzi.

Ce dernier, qui fut aussi impliqué lors de la précédente fuite de documents à la fin du pontificat de Benoît XVI, fait état «de pertes dues à des différences d'inventaire», avec des «trous» de 700 000 euros (1 M $CAN) au supermarché du Vatican et de 300 000 euros (429 000 $CAN) à la pharmacie vaticane.

«Aider le pape»

Sans mentionner Mgr Vallejo Balda et Mme Chaouqui, Gianluigi Nuzzi affirme que «ses sources» ont souhaité «aider le pape», en publiant des documents auxquels ils avaient pleinement droit d'accès dans la Commission d'experts économiques où ils travaillaient.

Cela «n'est absolument pas une façon d'aider la mission du pape», avertissait lundi le Vatican dans un communiqué, en parlant de «grave trahison de sa confiance».

Les raisons ayant poussé les deux «corbeaux» supposés, Mgr Vallejo et Mme Chaouqui, à divulguer ces informations font l'objet de plusieurs interprétations.

Avarice, le livre du journaliste italien Emiliano Fittipaldi,... (AP, Gregorio Borgia) - image 3.0

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Avarice, le livre du journaliste italien Emiliano Fittipaldi, rapporte que de nombreux dons reçus par le Saint-Siège à l'intention des plus pauvres ne sont pas tous destinés à des oeuvres de bienfaisance. 

AP, Gregorio Borgia

Pour certains, c'est la volonté d'aider le pape qui prédomine, en révélant ainsi les frasques de cardinaux italiens, volontiers associés à l'ancien Vatican que Jorge Bergoglio veut voir disparaître. Mais pour d'autres, c'est aussi l'esprit de vengeance, particulièrement en ce qui concerne Mgr Vallejo, un moment pressenti pour un poste de responsabilité dans les institutions financières.

«Je comprends bien que le Vatican se montre préoccupé. [...] Une telle enquête peut alarmer parce qu'elle révèle la distance entre le positionnement pour les pauvres du pape et le fonctionnement réel de la machine vaticane. L'Église n'est nullement pauvre», a estimé M. Fittipaldi.

Devant les journalistes, l'auteur d'Avarice a dénoncé mardi «la chimère d'un renouveau de l'IOR» (banque du Vatican) et la «nomination erronée» du cardinal australien George Pell à la tête du nouveau secrétariat à l'Économie. Il a aussi dénoncé le système de «tarification» pour permettre que des personnes accèdent à la sainteté.

«La réforme est très lente, François n'a pas tout résolu en un an», a-t-il insisté, soulignant que Jorge Bergoglio «n'est pas le protagoniste de ce livre».

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