Écrasement en Égypte: pas de raison technique selon Metrojet

À Saint-Pétersbourg, des employés s'apprêtent à décharger les... (AP, Dmitry Lovetsky)

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À Saint-Pétersbourg, des employés s'apprêtent à décharger les corps des victimes, majoritairement russes, de l'écrasement d'un Airbus A321-200 survenu samedi dans la péninsule du Sinaï.

AP, Dmitry Lovetsky

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Dimitri Lovetski, Nataliya Vasilyeva
Associated Press
Saint-Pétersbourg, Russie

Seul un impact extérieur a pu provoquer l'écrasement d'un avion russe dans le désert égyptien, tuant les 224 personnes à bord, ont déclaré lundi des dirigeants du transporteur aérien Metrojet.

Leurs propos ne font qu'ajouter une couche de plus à la confusion qui entoure cette catastrophe et on ne sait toujours pas pourquoi l'avion semble s'être disloqué en plein vol.

Un expert français, Robert Galan, a dit que l'«impact extérieur» évoqué ne peut que faire référence à un missile ou une bombe.

«Nous excluons un problème technique ou une erreur de pilotage, a déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou Alexander Smirnov, le directeur adjoint de Metrojet. La seule explication possible est un impact externe sur l'appareil.»

Les responsables russes de l'aviation civile ont toutefois condamné l'empressement de la compagnie à en arriver à une telle conclusion, estimant que les commentaires sont prématurés.

M. Smirnov a révélé que l'avion a ralenti de quelque 300 km/h et perdu 1,5 kilomètre d'altitude en seulement une minute, avant de s'écraser samedi.

Mais lorsqu'il a été pressé de questions pour décrire le type d'impact et sa cause possible, M. Smirnov a refusé de commenter plus avant en évoquant l'enquête en cours. Il n'a pas expliqué s'il croit qu'un objet a frappé l'avion ou qu'un autre facteur externe a causé l'accident.

M. Smirnov a dit que l'Airbus A321-200 est un appareil fiable qui ne partirait pas en vrille même si le pilote commettait une erreur grave, puisque ses systèmes automatisés seraient en mesure de la corriger.

L'avion survolait la péninsule du Sinaï à une altitude d'environ 9450 mètres (31 000 pieds) quand il s'est écrasé, 23 minutes seulement après avoir décollé de l'aéroport de Charm el-Cheikh, une ville balnéaire située au bord de la mer Rouge, à destination de Saint-Pétersbourg.

Propos «prématurés»

Questionné concernant les propos de Metrojet au sujet d'un impact externe, le patron de l'agence russe de l'aviation, Alexander Neradko, a estimé qu'ils sont «prématurés et qu'ils ne se basent pas sur des faits concrets». Il a demandé aux experts «d'éviter d'en venir à des conclusions» à ce stade-ci de l'enquête.

M. Neradko, qui s'adressait à la télévision russe au Caire, a indiqué que les premières conclusions fermes surviendront quand les experts auront pu examiner les fragments de l'appareil dans le Sinaï ainsi que le contenu des enregistreurs de vol. Des experts russes, français, égyptiens, allemands et irlandais participeront à l'enquête, tout comme des représentants d'Airbus.

Un autre directeur adjoint de Metrojet, Viktor Yung, a dit que l'équipage n'a pas envoyé de message de détresse et qu'il n'a pas communiqué avec les contrôleurs aériens avant l'accident. Ses commentaires contredisent directement ceux de responsables égyptiens, qui ont précédemment indiqué que le pilote a rapporté des problèmes techniques et annoncé son intention de se poser dès que possible.

Un dirigeant de l'aéroport de Charm el-Cheikh confirmé lundi, sous le couvert de l'anonymat, que les contrôleurs aériens disent avoir reçu un appel de détresse du pilote.

M. Neradko avait expliqué dimanche que le secteur de près de 20 kilomètres carrés dans lequel des débris ont été retrouvés démontre que l'appareil s'est désintégré en plein vol. Il a de nouveau refusé d'en dire plus lundi.

Corps rapatriés

Lundi, environ les deux tiers des corps des 224 victimes avaient été retrouvés. Certains ont déjà été rapatriés en Russie.

Une filiale locale du groupe armé État islamique a déclaré avoir abattu l'avion, mais elle n'a fourni aucune preuve soutenant cette allégation.

Un expert militaire britannique, Paul Beaver, a estimé que la catastrophe a probablement été causée par une bombe placée à bord, puisqu'il a dit croire que le groupe djihadiste ne dispose pas d'un système anti-aérien - comme les missiles russes sol-air Buk - qui lui permettrait d'abattre un avion volant à une telle altitude.

«Je suis pas mal convaincu que [le groupe armé État islamique] n'a pas de [missile sol-air] capable de grimper jusqu'à 31 000 pieds, a-t-il dit à l'Associated Press. C'est de l'équipement très sophistiqué et je ne pense pas qu'ils aient atteint ce niveau.»

Il a aussi rappelé que le désert du Sinaï est étroitement surveillé par les agences de renseignement, et qu'un tir de missile aurait donc probablement été détecté.

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