L'avion qui s'est écrasé en Égypte se serait désagrégé en plein vol

Les débris de l'appareil sont éparpillés sur 20... (AFP, Khaled Desouki)

Agrandir

Les débris de l'appareil sont éparpillés sur 20 kilomètres.

AFP, Khaled Desouki

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Rebecca Frasquet
Agence France-Presse
PARIS

Au lendemain du crash de l'Airbus A321-200 de la compagnie russe Metrojet, qui a fait 224 morts dans le Sinaï, et tandis que des experts étaient attendus en Égypte dimanche, des questions restaient en suspens mais le chef des experts russes a affirmé que l'avion s'était «disloqué» en vol.

«La dislocation a eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés», a annoncé Viktor Sorotchenko, directeur du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK), cité par les agences russes, précisant qu'il était «trop tôt pour parler de quelconques conclusions». Le point sur les questions encore en suspens, avec des experts interrogés par l'AFP.

Q: Les images du site du crash accréditent-elles l'une des causes possibles?

R: «Au vu de ces photos, l'hypothèse d'un attentat et celle d'un accident restent ouvertes. On ne peut pas conclure», estime Jean-Paul Troadec, ancien directeur du BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses pour la sécurité de l'Aviation civile). «C'est l'examen des débris, complété par celui des enregistreurs de vol, qui permettra rapidement d'établir laquelle des hypothèses est la plus plausible, de l'attentat ou de l'accident». Le gouvernement égyptien a annoncé samedi que les boîtes noires avaient été retrouvées.

Q: Qu'est-ce que l'examen des débris doit permettre de déterminer ?

R: «Il faut laisser les enquêteurs examiner l'épave sur le site. S'il y a attentat, cela pourra se déduire de la dispersion de l'épave, mais aussi et surtout des débris: s'il y a des traces d'explosifs, et si la carcasse de l'avion a été ouverte, cela pourra démontrer l'existence éventuelle d'une bombe», précise M. Troadec. «C'est une hypothèse parmi d'autres, mais on ne peut pas non plus exclure un problème technique.»

Q: L'avion peut-il avoir piqué vers le sol ?

R: «Apparemment l'avion n'est pas tombé en piquant vers le sol. Il n'y a pas de petits morceaux, cela laisse supposer qu'il n'est pas tombé en piqué», selon M. Troadec. Les autorités égyptiennes ont étendu dimanche le rayon du cercle des recherches, initialement de 8 km, à 15 km, ce qui accrédite la thèse d'une dislocation ou d'une explosion en vol. Dimanche après-midi, le chef des experts aéronautiques russes a affirmé qu'une «dislocation (avait) eu lieu dans les airs», tout en précisant qu'il était «trop tôt pour parler de quelconques conclusions».

Q: Si l'avion a explosé en vol, quelles peuvent en avoir été les causes ?

R: Il peut s'être produit «un éclatement technique: un moteur qui explose, un problème de chargement en soute... Il y a plusieurs cas de figure où se produit un gros problème en vol, et l'avion se désintègre avant d'arriver au sol, sans que ce soit un attentat», estime l'expert aéronautique Robert Galan. Toutefois, rares sont les problèmes techniques pouvant aboutir à une explosion ou une dislocation. Pour M. Troadec, «une explosion en vol de l'avion qui soit liée à une cause interne est quand même très peu probable».

Q: S'il s'agit d'un attentat, quelles sont les cas de figure possibles, et celui d'un missile est-il crédible ?

R: «L'avion peut avoir explosé en vol, soit en raison d'un kamikaze, soit d'une bombe à bord, soit encore à la suite d'un tir de missile», résume M. Galan. «Si l'avion était en croisière à 9000 mètres d'altitude, il est infiniment peu probable que l'Etat islamique ait eu les moyens de l'abattre, car il faut des moyens très importants, des moyens d'identification radar et de capture», estime-t-il. «Par contre il est possible, comme ils ont des moyens d'attaque à moyenne portée, que l'avion ait eu des problèmes techniques, soit descendu, et qu'au terme de sa descente, il ait été abattu par l'ÉI. Mais c'est un peu tarabiscoté», juge M. Galan.

Q: Faut-il donner du crédit à la revendication du groupe djihadiste État islamique (ÉI)?

R: Les gouvernements égyptien et russe contestent la revendication formulée par la branche égyptienne de l'ÉI en représailles, selon elle, aux bombardements russes en Syrie. Les insurgés de ce groupe qui se fait appeler Province du Sinaï ont assuré samedi avoir «fait tomber» l'avion russe sans préciser comment. Ils sont très actifs dans le Nord-Sinaï, leur principal bastion, où ils commettent quasi quotidiennement des attaques meurtrières visant l'armée et la police. «La revendication est crédible parce que la branche de l'ÉI en Egypte n'a jamais menti sur ses actions, comme d'ailleurs le groupe Etat islamique, il en va de leur crédibilité», affirme l'expert du terrorisme Mathieu Guidère. «De plus le compte Twitter et les autres sites sur lesquels la revendication a été publiée n'ont jamais rien publié de faux. Il y aussi la forme, classique, qui colle aux communiqués habituels de l'organisation».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer