Plusieurs questions restent sans réponse

Le premier ministre égyptien Sherif Ismail  s'est rendu... (AFP, Suliman el-Oteify)

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Le premier ministre égyptien Sherif Ismail  s'est rendu sur le lieu de l'écrasement.

AFP, Suliman el-Oteify

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Agence France-Presse

LE CAIRE - Si les experts sont sceptiques sur la revendication de l'État islamique (EI), qui a affirmé samedi avoir abattu un avion russe en Égypte, ils ne peuvent toutefois exclure la possibilité d'un attentat.

Les 224 occupants du charter russe transportant des touristes ont péri samedi dans l'écrasement de l'avion dans le Sinaï égyptien. Les djihadistes soutiennent avoir agi par représailles contre l'intervention russe en Syrie, mais le ministre russe des Transports, Maxime Sokolov, a jugé cette revendication inexacte, les Égyptiens «ne disposant d'aucune information qui confirmerait de telles insinuations».

Les experts en aéronautique sont également sceptiques, privilégiant d'autres hypothèses telles que la défaillance technique ou une bombe embarquée à bord.

Le contact avec l'Airbus A321-200 de la compagnie russe Kogalymavia, plus connue sous le nom de Metrojet, a été perdu 23 minutes après son décollage, à l'aube, de l'aéroport de la célèbre station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, alors qu'il volait à une altitude de plus de 30 000 pieds.

Défaillance dans les communications

Selon des responsables de l'aviation civile égyptienne, le capitaine se plaignait alors d'une défaillance technique de son système de communication. L'avion devait se rendre à Saint-Pétersbourg.

Dans un communiqué, Metrojet a affirmé que l'appareil avait subi un contrôle technique complet en 2014 et a défendu son pilote, qui comptait 12000 heures de vol à son actif.

Les boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées. Leur analyse sera cruciale pour déterminer les causes exactes de l'écrasement. Leur décryptage peut rendre plusieurs jours ou semaines, selon leur état. Mais la première lecture va, dans le cas présent, permettre «relativement vite» de confirmer ou d'écarter l'hypothèse d'une atteinte par missile ou une intrusion dans le poste de pilotage, souligne un expert du secteur.

Quelques heures après l'écrasement, la branche égyptienne de l'EI, qui se fait appeler Province du Sinaï, a affirmé être à l'origine de l'écrasement, sans préciser comment. «Les soldats du califat ont réussi à faire tomber un avion russe transportant plus de 220 croisés qui ont tous été tués», a affirmé le groupe extrémiste sur ses comptes Twitter habituels.

Les corps des victimes et les débris étaient éparpillés dans un cercle de huit kilomètres de diamètre et peut-être davantage, à al-Hassana, dans une zone montagneuse de la province désertique du Nord-Sinaï, bastion de l'EI.

Plusieurs experts militaires interrogés par l'AFP estiment toutefois que les insurgés de l'EI, dont le nord du Sinaï est le bastion, ne disposent pas de missiles capables d'atteindre un avion à 30 000 pieds. Ils n'ont en revanche pas exclu la possibilité d'une bombe à bord ou que l'avion ait pu être atteint par une roquette ou un missile alors qu'il redescendait à la suite de défaillances techniques ou pour d'autres raisons après la perte du contact radio.

Parmi les 217 passagers, 214 étaient Russes et trois Ukrainiens, a indiqué le gouvernement égyptien. Il évoque 138 femmes et 17 enfants. L'équipage comptait sept membres. Moscou a parlé de passagers âgés de 10 mois - une fillette - à 77 ans.

Choc en Russie

Les proches des passagers de l'avion accusaient le choc à l'aéroport Poulkovo de Saint-Pétersbourg, où l'appareil devait ramener les touristes russes. «J'attends mes parents, je leur ai parlé au téléphone quand ils étaient déjà dans l'avion, et puis j'ai entendu les infos», se lamentait Ella Smirnova, une jeune femme russe de 25 ans en état de choc.

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné l'envoi d'équipes de secours, d'enquêteurs et de son ministre des Transports Maxime Sokolov sur les lieux de l'écrasement.

Les gouvernements français et allemands enverront de leur côté des enquêteurs de leurs bureaux chargés des investigations sur les accidents aériens, comme c'est la procédure pour tous les incidents impliquant un Airbus, les deux pays étant les principaux membres du consortium européen Airbus.

En Russie, les drapeaux devaient être mis en berne dimanche sur les bâtiments officiels et il a été demandé aux chaînes de télévision d'annuler les programmes de divertissement, selon un décret du président Vladimir Poutine.

Destination populaire

Depuis la révolte populaire de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir, l'Égypte a connu des années de chaos et d'agitation qui ont fait fuir les touristes du pays des pharaons. En 2013, le premier président élu démocratiquement, l'islamiste Mohamed Morsi, a été destitué par l'armée et une sanglante répression s'est abattue sur ses partisans.

Depuis, les forces de sécurité du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi font face à des attaques meurtrières quasi quotidiennes de la branche égyptienne de l'EI, la même qui a assuré avoir abattu l'avion russe.

Malgré la multiplication de ces attaques, les stations balnéaires de la mer Rouge sont restées une importante destination touristique grâce à leurs prix bon marché. Elles sont fréquentées essentiellement par les touristes russes ou d'Europe de l'Est, qui arrivent chaque jour par milliers à bord de vols nolisés.

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