Peu probable que l'ÉI ait abattu l'avion russe, selon des experts

Nombre d'experts ont de la difficulté à croire... (Photo Marina Lystseva, AP)

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Nombre d'experts ont de la difficulté à croire que l'ÉI ait pu abattre un avion à 9000 mètres d'altitude. Les hypothèses d'une bombe à l'intérieur ou d'un bris mécanique sont privilégiées.

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Agence France-Presse
PARIS

Les spécialistes en aéronautique se montraient sceptiques samedi face à la revendication du groupe djihadiste État islamique (ÉI) d'avoir abattu l'avion russe dans le Sinaï, à l'est de l'Egypte, privilégiant d'autres hypothèses telles que la défaillance technique ou une bombe embarquée à bord.

LES HYPOTHESES TRÈS IMPROBABLES

Que le groupe État islamique (ÉI) ait pu atteindre l'appareil à 9000 mètres d'altitude paraît peu crédible aux yeux des experts.

«C'est même pas en rêve (absolument impossible), c'est de la communication pure et simple», a expliqué à l'AFP Gérard Feldzer, ancien directeur du musée de l'Air et de l'Espace.

Un tel scénario nécessite une «grosse logistique» dont un camion-radar traqueur et des missiles longue portée, et les membres de l'ÉI «n'ont pas le matériel pour déglinguer un avion à 9000 mètres d'altitude», selon M. Feldzer.

Pour atteindre un avion à cette altitude de croisière, «il faut disposer de missiles difficiles d'utilisation donc ça paraît peu probable», a renchéri Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA).

«Cela suppose des personnes entraînées et un équipement que l'ÉI n'a pas à ma connaissance», selon M. Troadec.

L'hypothèse d'une atteinte par un missile à une moindre altitude est possible mais à prendre également avec des pincettes, selon ces experts.

Il n'est «pas impossible» que l'avion, s'il a subi une défaillance technique, soit descendu à plus basse altitude, et qu'il ait ensuite pu être repéré par un missile à courte portée mais, estime M. Troadec, ce n'est «pas une chasse aux canards», ce «sont des choses qui se préparent, ils ne se disent pas: tiens un avion, on va tirer dessus».

Selon un expert militaire, «rien n'exclut que l'avion, pour des raisons techniques ou autres, soit descendu à une altitude que les insurgés peuvent atteindre avec les roquettes ou missiles dont ils disposent».

Le ministre russe des Transports Maxime Sokolov a toutefois rapidement rejeté la revendication de l'ÉI. «Nous nous trouvons en contact étroit avec nos collègues égyptiens et les autorités aériennes de ce pays. A l'heure actuelle, ils ne disposent d'aucune information qui confirmerait de telles insinuations», a-t-il indiqué.

LES HYPOTHESES POSSIBLES

1. Une défaillance technique

L'«ennui technique majeur est possible» (comme le feu ou une explosion moteur), selon les experts.

Selon un responsable de l'autorité de contrôle de l'espace aérien en Egypte, le capitaine s'est plaint d'une défaillance technique des équipements de communication. C'est qu'il était «conscient d'un problème», observent les experts.

Toutefois, selon un communiqué de Metrojet, l'appareil en question avait subi un contrôle technique complet en 2014.

L'agence en charge du secteur aérien, Rosaviatsia, a indiqué aux agences russes ne disposer d'«aucune raison de considérer que la cause de la catastrophe soit un problème technique ou une erreur de l'équipage».

La Russie avait autrefois une réputation très mauvaise en terme de sécurité aérienne en raison d'un parc aérien vieillissant mais la situation a changé ces dernières années parce que les principales compagnies, surtout Aeroflot qui domine largement le marché, ont modernisé leur flotte commandant un bon nombre d'Airbus et Boeing tout neufs. Cependant les petites compagnies régionales et celles qui organisent des vols vers les destinations ensoleillées pour les Russes les plus modestes conservent une flotte plus ancienne.

2. Un attentat terroriste

«L'attentat terroriste n'est pas à écarter», selon les experts du transport aérien, qui considèrent qu'une «bombe a pu être placée à bord de l'avion».

Selon l'expert militaire, «pour ce qui est d'une bombe dans l'avion, quelle que soit sa taille, si elle explose à 10 000 mètres d'altitude, l'avion est complètement désintégré en raison de la pressurisation. Mais il a pu se passer quelque chose ou quelqu'un à bord qui a pu forcer le pilote à descendre et qu'un engin ait explosé lorsque l'avion était plus bas».

Selon d'autres experts, les aéroports égyptiens ne sont pas très sourcilleux sur le contrôle des bagages.

HYPOTHESE PEU PROBABLE

1. Une erreur de pilotage 

Selon Metrojet, le commandant de bord, Valéri Nemov, avait plus de 12 000 heures de vol au compteur dont 3860 sur A321. Les conditions météorologiques étaient plutôt bonnes.

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