Marco Rubio: de la présidence de Cuba à la présidence des États-Unis

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S'il continue sur sa lancée, le candidat Marco Rubio pourrait récupérer le soutien de l'establishment du Parti républicain face aux outsiders Donald Trump et Ben Carson.

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Agence France-Presse

Après des mois de labeur, le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, 44 ans, a enfin percé dans la course des primaires de son parti en vue de la présidentielle de 2016, après une prestation percutante au débat républicain de mercredi.

Enfant, le jeune Marco Rubio disait à son grand-père exilé cubain qu'un jour il renverserait Fidel Castro et deviendrait président de Cuba. Aujourd'hui, c'est de la Maison-Blanche qu'il se rapproche.

Il s'est hissé à la troisième place des sondages républicains depuis deux semaines, doublant celui qui fut son sponsor en politique en Floride: Jeb Bush, fils et frère d'anciens présidents, sonné par une impeccable contre-attaque de Marco Rubio lors de l'échange qui marqua la soirée.

«Je continuerai à éprouver un grand respect et une grande admiration pour M. Bush», a déclaré Marco Rubio d'un ton chevaleresque. «Mais je ne suis pas candidat contre M. Bush... je suis candidat car il est impossible qu'on élise Hillary Clinton pour poursuivre la politique de Barack Obama.»

Pour les commentateurs, Marco Rubio a gagné le débat, beaucoup déclarant la campagne de Jeb Bush en voie d'extinction. S'il continuait sur sa trajectoire montante, il pourrait ainsi récupérer le soutien de l'establishment du parti face aux deux outsiders qui défient les pronostics et dominent les sondages: le milliardaire Donald Trump et le docteur Ben Carson.

Marco Rubio est né à Miami en 1971, de parents cubains arrivés 15 ans auparavant pour fuir la pauvreté. Après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959, sa famille décide de ne plus revenir sur l'île, que Marco Rubio n'a jamais connue.

Une histoire familiale qu'il cite invariablement, discours après discours, persuadé d'incarner le «rêve américain» de générations d'exilés venus chercher une vie meilleure en Amérique.

«Je suis le fils d'immigrés, exilés d'un pays en proie aux troubles. Ils m'ont donné tout ce qu'ils pouvaient me donner. Et je suis la preuve que leurs vies ont compté, et que leur existence avait un but», écrit-il dans son autobiographie, «Un fils américain», publiée en 2012.

Anti-Castro

Fils d'un barman et d'une femme de chambre, Marco Rubio a grandi dans la communauté cubaine de Miami, avec un passage de cinq ans à Las Vegas où la famille se convertit temporairement au mormonisme, avant de revenir au catholicisme.

Très influencé par son grand-père cubain, il se passionne pour la politique. Il est fan de Ted Kennedy avant le coup de foudre pour Ronald Reagan.

Les Américains le découvrent en 2010 lors de son élection fracassante au Sénat contre le favori de l'establishment républicain, sur la vague du Tea Party. Mais il est de ceux dont on disait, jeunes, qu'ils deviendraient un jour président - le premier président hispanique.

Deux ans seulement après son diplôme d'avocat, il est élu en 1998 au conseil municipal de West Miami. Un an plus tard, à la Chambre des représentants de Floride, qu'il préside de 2006 à 2008, alors que Jeb Bush est gouverneur de l'État.

Il a tout pour plaire: beau garçon, spirituel, un sourire angélique, orateur naturel malgré un débit de mitraillette. Il casse le cliché du conservateur traditionnel: il va à la messe avec sa femme Jeanette et ses quatre enfants, mais écoute depuis son adolescence Grandmaster Flash, du rap. Il est bilingue anglais-espagnol, un atout pour le parti républicain, délaissé par les électeurs hispaniques.

À son arrivée à Washington, les conservateurs traumatisés par l'élection de Barack Obama croient avoir trouvé leur sauveur.

Mais sa cote dégringole en 2013, quand il pousse une réforme ambitieuse mais ratée des lois sur l'immigration incluant des régularisations massives de sans-papiers. Le sénateur tente depuis de remonter la pente et a retourné sa veste sur l'immigration. Il s'entoure, multiplie les propositions de loi, ostensiblement pour prouver qu'au-delà de ses talents de communication, il peut incarner un renouveau idéologique tout en défendant les valeurs traditionnelles.

Il s'investit dans les affaires étrangères. Plus interventionniste qu'isolationniste, il milite pour une présence forte des États-Unis dans le monde. Et, fervent anti-castriste, il mène la résistance contre le rapprochement engagé par Barack Obama avec l'île de ses ancêtres.

Jeb Bush faisait campagne au New Hampshire jeudi. ... (AP, Charles Krupa) - image 2.0

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Jeb Bush faisait campagne au New Hampshire jeudi. 

AP, Charles Krupa

Jeb Bush: juste une mauvaise passe

Le candidat républicain à la Maison-Blanche Jeb Bush a tenté jeudi de faire bonne figure face aux titres de presse qui évoquaient une descente infernale dans sa campagne pour les primaires, après une mauvaise prestation lors d'un débat la veille.

«Je ne suis pas maintenu artificiellement en vie. Nous avons le plus d'argent, nous avons la meilleure organisation. Nous allons bien», a-t-il déclaré jeudi, en déplacement dans le New Hampshire. «La fin n'est pas proche», a-t-il asséné. «La vie est belle.»

Jeb Bush a une nouvelle fois manqué l'occasion de se distinguer lors du troisième débat des primaires mercredi dans le Colorado. Il a tenté d'atteindre un rival, le sénateur de Floride Marco Rubio, pour recevoir une contre-attaque cinglante qui l'a laissé sans voix.

La mauvaise soirée s'ajoute à la nouvelle que l'équipe Bush a réduit sa voilure la semaine dernière pour s'adapter à des rentrées d'argent moindres que prévu. Le rythme des levées des fonds semble s'être ralenti, bien qu'au total les 25 millions $ récoltés depuis juin le placent en troisième position des candidats républicains, derrière le sénateur Ted Cruz  et le docteur Ben Carson.

«Il y a deux types de politiciens. Ceux qui parlent et ceux qui agissent. Je regrette de ne pas parler aussi bien que certains qui étaient sur scène, les grandes personnalités. Mais je suis quelqu'un qui agit», a dit Jeb Bush.

Le débat de mercredi, diffusé sur CNBC, a rassemblé 14 millions de téléspectateurs, selon Nielsen, à nouveau une très forte audience pour un débat des primaires, dopé par la présence du milliardaire Donald Trump. Le record historique reste celui établi par Fox News en août avec 24 millions de téléspectateurs.

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