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Pénible enquête au lendemain de l'une des pires catastrophes routières en France

Les équipes d'enquête travaillent autour de la carcasse... (AP, Thibault Camus)

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Les équipes d'enquête travaillent autour de la carcasse de l'autocar, calciné à la suite de l'accident qui a fait au moins 43 morts.

AP, Thibault Camus

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Jordane Bertrand
Agence France-Presse
PUISSEGUIN

Le recueillement et la solidarité avec les familles dominaient samedi dans plusieurs villages endeuillés de Gironde, au lendemain de la collision entre un car et un camion qui a fait au moins 43 morts, et devraient culminer mardi avec un hommage du président François Hollande.

Le recueillement et la solidarité avec les familles... (Photo AFP) - image 1.0

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Photo AFP

Les restes du camion impliqué dans l'accident. ... (AP, Thibault Camus) - image 1.1

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Les restes du camion impliqué dans l'accident. 

AP, Thibault Camus

Parallèlement, à Puisseguin où s'est produit vendredi l'accident de la route le plus meurtrier en France depuis 33 ans, les enquêteurs de la gendarmerie s'attelaient méticuleusement au pénible travail d'identification des victimes - pour la plupart des personnes âgées, mais aussi un enfant - et à tenter de percer les causes de l'accident.

Samedi matin, plus de 24 heures après le terrible drame, le bilan définitif restait incertain, un doute subsistant sur le nombre de personnes décédées à bord de l'autocar, aucune liste officielle n'étant à la disposition des enquêteurs. Celle qui se trouvait dans le car a été brûlée lors de la collision. Si la seconde hypothèse devait se vérifier, le bilan s'alourdirait à 44 morts.

Sur les huit rescapés, quatre blessés restaient hospitalisés samedi, trois au CHU de Bordeaux dont un en soins intensifs, et un à l'hôpital de Libourne. Plus aucun pronostic vital n'était engagé, selon la préfecture.

Samedi après-midi, le président François Hollande a confirmé qu'il irait témoigner de sa «solidarité face à cette épreuve», ainsi que celle du gouvernement, mardi dans une cérémonie à Petit-Palais-et-Cornemps, une des communes les plus endeuillées. Auparavant, le chef de l'Etat s'était entretenu avec la maire, Patricia Raichini, qui a perdu ses trois belles-soeurs dans le drame.

Comme dans un crash aérien 

Treize corps calcinés - deux retrouvés dans le camion, le chauffeur et son fils de trois ans, et les autres dans l'autocar - avaient été extraits en début d'après-midi et transférés vers l'Institut médico-légal de Bordeaux.

L'identification formelle des victimes pourrait prendre jusqu'à «trois semaines», a indiqué un responsable de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

Sur le site de la collision, une équipe d'identification d'une vingtaine de gendarmes, en combinaisons blanches, s'affairait à la mi-journée, marquant d'étiquettes numérotées les pièces recueillies, a constaté une journaliste de l'AFP. «Ils vont travailler corps par corps, de manière très méthodique», en s'attachant notamment aux relevés dentaires et ADN, a indiqué le colonel Ghislain Réty, commandant du Groupement de gendarmerie de Gironde.

Ces experts travaillent «comme dans le cadre des accidents d'avion», a-t-il précisé. Certains ont d'ailleurs travaillé sur la catastrophe de l'avion de la compagnie allemande Germanwings dans les Alpes le 24 mars et l'accident de l'appareil d'Air Algérie au Mali en 2014.

«Besoin de se sentir ensemble»

Lundi sont attendus des experts en accidentologie, en incendie, ainsi qu'en informatique pour exploiter des enregistreurs. Car les enquêteurs ont récupéré les chronotachygraphes dans le camion et l'autocar, ces enregistreurs de divers paramètres comme vitesse et temps de parcours. Mais ces enregistreurs sont «fortement carbonisés et endommagés». «On ne peut pas se prononcer sur le résultat de leurs examens», a précisé le colonel Patrick Touron, de l'IRCGN.

La rapidité de l'embrasement est aussi une question cruciale. «Le feu a démarré tout de suite. C'était comme un éclair», se souvient Jean-Claude Leonardet, 73 ans, l'un des rares rescapés qui a réussi à sortir du car: «On est retourné pour tirer deux personnes qui étaient coincées dans les marches et n'arrivaient pas à sortir». Ensuite, «on n'a pas pu y retourner car le feu et la fumée envahissaient tout. Ça pétait de partout: les pneus, les vitres...», a-t-il raconté au Parisien.

Dans les communes touchées par le drame, une journée de recueillement solidaire se déroulait dans le calme, Puisseguin offrant un contraste impressionnant avec le tourbillon de la veille, entre ambulances, voitures de gendarmes, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Le préfet d'Aquitaine et de Gironde, Pierre Dartout, y a réuni en fin de matinée les maires de huit communes, en présence de gendarmes, pour faire un point sur les investigations, et coordonner le soutien aux familles.

Dans la chapelle ardente, toute symbolique car sans corps, installée depuis vendredi soir dans le foyer municipal, des roses blanches ont été déposées sur 43 tonneaux recouverts d'un linceul blanc, une bougie allumée sur chacun d'eux.

Dès 9h une première famille est venue se recueillir, une jeune femme effondrée soutenue par deux proches.

A Petit-Palais-et-Cornemps, à 7 km, la salle polyvalente s'est muée en cellule médico-psychologique, afin de recevoir les familles qui le souhaitent. Lors de tels drames, «c'est souvent important de réunir les gens en groupe, car ils partagent un récit commun de ce qui s'est passé et cela peut les aider à faire face au deuil», a expliqué à l'AFP le Dr François Castandet, du pôle psychiatrie de l'Hôpital de Libourne.

Une marche du souvenir devrait avoir lieu dans le village dimanche. 

L'accident s'est produit vers 7h30 (heure locale) sur la commune de Puisseguin, sur la Départementale 17. Selon les premiers éléments, le camion était en portefeuille en travers de la route quand le bus l'a percuté, dans une courbe. Les deux véhicules se sont embrasés très rapidement.

Selon plusieurs élus du village normand de Saint-Germain-de-Clairefeuille (Orne), d'où est originaire le conducteur du camion, qui travaillait dans l'entreprise de transports de son père, le chauffeur était «minutieux» et «un fervent de la prudence».

L'accident est le plus meurtrier en France depuis celui de Beaune (Côte d'Or) en 1982, qui avait coûté la vie à 53 personnes, pour la plupart des enfants.

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