Suède: tuerie au sabre dans une école

Le tueur présumé a posé avec des élèves... (Photo AFP)

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Le tueur présumé a posé avec des élèves (dont le visage a été brouillé), amusés par son déguisement de Darth Vader, peu de temps avant qu'il se mette à attaquer avec son sabre.

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Hugues HONORE, Mai YAGHI
Agence France-Presse
TROLLHATTAN

Un homme masqué et armé d'un sabre, décrit par la presse comme proche de l'extrême droite, a tué deux personnes et blessé grièvement deux autres jeudi dans une école suédoise fréquentée par des jeunes issus de l'immigration, avant d'être abattu.

«Un type masqué est arrivé et a donné un coup de sabre à mon éducateur» raconte David Issa, 14 ans, la voix étranglée par l'émotion après l'attaque.

La scène de terreur qu'il vient de vivre évoque davantage les tueries des campus américains que l'automne paisible d'une ville de province suédoise.

«J'ai paniqué et je me suis enfui en courant. Ensuite la police est arrivée. Il a commencé à frapper d'autres personnes dans les classes. Il allait de classe en classe pour frapper des gens», poursuit-il.

Son éducateur est mort sous les coups de sabre dans l'école-collège Kronan de Trollhättan, une ville industrielle du sud-ouest de la Suède. Un éléve a également été tué. Un enseignant et un autre élève grièvement blessés se trouvaient entre la vie et la mort jeudi soir. La police restait muette sur les intentions du tueur, qu'elle a mortellement blessé par balles.

Haine des immigrants

Mais selon certains médias nationaux, ce jeune homme de 21 ans natif de la ville affichait sur les réseaux sociaux sa haine de l'islam et son rejet de l'immigration.

Des habitants s'étaient rassemblés jeudi soir sous la pluie aux abords de l'école, un établissement «difficile» situé dans un quartier populaire. Certains étaient venus avec des pancartes marqués d'un seul mot «Pourquoi?» ou «Pourquoi tuer?».

Bâti à l'écart de la ville de 57 000 habitants aujourd'hui touchée par la faillite du constructeur automobile Saab, la cité HLM de Kronogård est emblématique de la ségrégation sociale, de l'échec scolaire et des difficultés d'intégration.

Ahmed Hadi, enseignant de 25 ans, a raconté des scènes de panique en apprenant qu'un tueur parcourait l'école.

«J'ai vu un homme masqué vêtu de noir qui est monté les escaliers en portant un sabre taché de sang», se souvient-il. «Il est allé vers d'autres classes. Les enfants étaient effrayés. On a éteint la lumière, et mis les bureaux derrière la porte».

L'agresseur a été blessé par balles dans ce couloir-là, selon lui.

«Il m'a coupé!»

Hussein Kaari s'estime chanceux : son frère cadet de 14 ans a été témoin direct de la tuerie, mais s'en est sorti. «Il a tapé à la porte. Un élève a ouvert. Le type n'a pas dit un mot, il a attaqué avec son sabre. L'élève a dit : "Oh, regardez, il m'a coupé!" Les autres n'avaient pas l'air d'y croire, jusqu'à ce qu'ils voient le sang qui coulait», rapporte-t-il.

Quelques personnes sont venues se recueillir en soirée... (AP, Bob Mack) - image 2.0

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Quelques personnes sont venues se recueillir en soirée devant l'école, en mémoire des victimes.

AP, Bob Mack

Grâce aux nombreux témoignages, les enquêteurs ont pu retracer le parcours meurtrier du jeune homme portant un masque rappelant celui de Darth Vader dans le film La guerre des étoiles. Il avait posé quelques instants auparavant avec des élèves amusés par sa tenue extravagante à quelques jours de l'Halloween.

Le commissaire Thord Haraldsson a précisé en conférence de presse que la police a pu «suivre son cheminement grâce aux gouttes de sang» qui ruissellaient de son arme sur le sol.

Amal Ahmed, mère de 37 ans, a été prévenue par l'école par téléphone qu'il y avait «un meurtre». Elle a quitté précipitamment son travail pour aller chercher sa fille de sept ans.

«On vient d'Irak. On a quitté notre pays pour la sécurité ici en Suède. On ne veut pas de violence, en particulier pour nos enfants», dit-elle.

«Ma fille pleurait et a parlé toute la journée du sang qu'elle a vu», raconte-t-elle, après avoir attendu longtemps que son enfant puisse quitter le périmètre de sécurité.

En fin d'après-midi, le premier ministre, le social-démocrate Stefan Löfven, est venu se recueillir devant l'école, déposant un simple bouquet de roses à la porte.

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