Vol MH17: la thèse du missile confirmée

Le cockpit éventré du Boeing 777 du vol MH17... (AFP, Emmanuel Dunand)

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Le cockpit éventré du Boeing 777 du vol MH17 de Malaysia Airlines a été reconstitué et présenté à la presse lors du dévoilement du rapport sur l'écrasement, qui a fait 298 morts. L'avion a été abattu dans l'Est ukrainien en juillet 2014 dans une zone de guerre qui aurait dû être fermée au trafic aérien, concluent les enquêteurs.

AFP, Emmanuel Dunand

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Maude Brulard
Agence France-Presse
Gilze-Rijen

Le Boeing assurant le vol MH17 qui s'est écrasé en juillet 2014 dans l'Est ukrainien a été abattu par un missile sol-air de type BUK de fabrication russe, selon les enquêteurs, l'identité des coupables restant un sujet de discorde entre l'Occident et Moscou.

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Dans le cockpit, les sièges des pilotes ont été broyés par le missile.

AFP, Emmanuel Dunand

Après 15 mois de travail, l'enquête internationale, coordonnée par les Pays-Bas, a par ailleurs conclu que Kiev aurait dû fermer cette partie de son espace aérien. Le jour de l'écrasement de l'avion de Malaysia Airlines, le 17 juillet 2014, 160 avions avaient survolé cette zone en guerre.

«Le vol MH17 s'est écrasé à la suite de la détonation d'une ogive à l'extérieur de l'avion contre le côté gauche du cockpit», a déclaré le directeur du Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité, Tjibbe Joustra. «Cette ogive correspond au type de missiles installés sur les systèmes de missile sol-air BUK», a-t-il ajouté à la base aérienne de Gilze-Rijen, où une partie de la carcasse de l'appareil a été reconstituée.

Les enquêteurs ont, par ailleurs, délimité une zone de 320 kilomètres carrés d'où aurait pu être tiré le missile. Si le rapport ne précise pas qui des rebelles ou des forces gouvernementales ukrainiennes contrôlaient les différentes parties de cette zone, M. Joustra a montré du doigt les séparatistes devant des journalistes.

«C'est une région où les frontières fluctuent beaucoup mais c'est un territoire où les rebelles prorusses font la loi», a-t-il assuré dans les couloirs du parlement néerlandais, avant de s'adresser aux députés.

Le Boeing 777 de Malaysia Airlines avait été abattu dans l'Est ukrainien alors qu'il reliait Amsterdam à Kuala Lumpur.

«Sérieux doutes»

Le crash, qui avait fait 298 morts, dont deux tiers de Néerlandais, avait exacerbé les tensions entre l'Occident et Moscou, déjà délétères en raison du conflit dans l'est de l'Ukraine et l'annexion de la Crimée.

Si Kiev et les Occidentaux accusent les rebelles prorusses, Moscou a proposé plusieurs théories, parmi lesquelles l'implication d'un avion de chasse ukrainien. Cette enquête vise à «faire des raccourcis et désigner un coupable», a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimant que l'approche des enquêteurs était «clairement tendancieuse et partiale».

Le fabricant russe des missiles BUK avait rejeté les conclusions du rapport avant même sa publication, estimant impossible que ce type de missile ait été utilisé.

Côté occidental, le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a affirmé à l'AFP que «ce rapport ébranle complètement les théories du complot que la Russie a essayé de diffuser depuis cet acte effroyable». Les États-Unis ont affirmé «confirmer leur analyse», à savoir que le Boeing assurant le vol MH17 a été abattu par un missile BUK tiré depuis le territoire des séparatistes.

Appelant la Russie à «coopérer pleinement», le premier ministre néerlandais Mark Rutte a, de son côté, affirmé que la priorité est «maintenant de trouver et poursuivre les coupables» dans le cadre de l'enquête pénale coordonnée, elle aussi, par les Pays-Bas.

Pour le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, il s'agit «d'une opération des services secrets russes».

Le violent écrasement reconstitué

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La reconstruction partielle s'est faite à partir d'un squelette en acier sur lequel ont été fixés les débris rassemblés sur le site de l'écrasement dans l'Est ukrainien et ramenés aux Pays-Bas. 

AFP, Emmanuel Dunand

Trônant dans le hangar d'une base aérienne et arborant les stigmates d'une intense déflagration, la partie reconstituée de la carcasse du Boeing assurant le vol MH17, abattu dans l'Est ukrainien en juillet 2014, raconte la violence des derniers instants de l'appareil.

Éclairé par quelques spots, le fuselage blanc du Boeing 777 est bardé de deux lignes horizontales, une bleue et une rouge, caractéristiques de Malaysia Airlines. Il occupait une place de choix lors de la présentation mardi des résultats de l'enquête internationale, coordonnée par les Pays-Bas, sur les causes du crash.

Posté devant la carcasse reconstituée, le directeur du Bureau néerlandais d'enquête pour la sécurité, Tjibbe Joustra, a affirmé que l'appareil avait été abattu par un missile de fabrication russe de type BUK.

«La partie avant de l'appareil a été perforée par des centaines d'objets à haute énergie venant d'une ogive», selon le rapport. Sur la partie avant du fuselage, qui a pu être inspectée par les journalistes présents, de nombreux trous témoignent de la violence de l'explosion du missile.

«À la suite de l'impact, les trois membres d'équipage se trouvant dans le cockpit ont été tués immédiatement et l'avion s'est disloqué dans les airs», souligne le rapport. 

Passagers conscients?

Et les enquêteurs ont indiqué ne pas exclure que certains passagers soient restés conscients pendant les 90 secondes de la chute de l'appareil.

La reconstruction partielle s'est faite à partir d'un squelette en acier sur lequel ont été fixés les débris rassemblés sur le site de l'écrasement dans l'Est ukrainien et ramenés aux Pays-Bas. Sur le fuselage, déchiqueté en plusieurs endroits, les enquêteurs avaient entouré les impacts au marqueur, en noir ou en vert. Dans le cockpit, les sièges des pilotes ont été broyés par le missile.

«C'est tellement étrange de voir l'endroit exact où une personne est décédée instantanément», a souligné un journaliste néerlandais.

«La partie arrière s'est probablement écrasée avant la partie du centre», a souligné M. Joustra. «La partie centrale, qui comprenait aussi les moteurs, a frappé le sol à l'envers et a pris feu.»

Les 298 occupants ont été confrontés à des circonstances «extrêmes» : «le bruit assourdissant de l'impact, des accélérations et décélérations brusques, une décompression, la formation de buée, un niveau réduit d'oxygène, un froid extrême et des objets volant dans tous les sens», selon le rapport.

Ces éléments ont pu tuer certains passagers, tandis que pour d'autres, ils «ont provoqué, très vite, une réduction de la conscience ou une inconscience». «Il est probable que les occupants pouvaient à peine se rendre compte de la situation», ont noté les enquêteurs.

«Il n'était pas possible de déterminer le moment exact du décès des passagers, a conclu le rapport, mais il est certain que personne ne pouvait survivre à un tel impact au sol.»

Malgré tout, le rapport offre un peu de sérénité à certains proches de victimes.

«Les familles sont quand même un peu plus zen», a affirmé Pierre Chardome, qui a perdu son frère Benoit, 51 ans. «On a eu des réponses assez concrètes», a-t-il ajouté.  Avec Jan Hennop

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