Des employés en furie déshabillent leurs patrons

Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier... (AFP, Kenzo Tribouillard)

Agrandir

Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, s'est retrouvé torse nu, chemise arrachée, forcé d'escalader un grillage pour échapper à la colère des manifestants.

AFP, Kenzo Tribouillard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jeremy Talbot, Jessica Lopez Escure
Agence France-Presse
Paris

Dirigeants agressés, costumes en lambeaux, échappant de peu au lynchage de salariés en colère : l'annonce hier par Air France d'une nouvelle restructuration menaçant près de 3000 postes a dégénéré en scènes de violences embarrassantes pour l'image de la France à l'étranger.

Aux cris de «à poil, à poil», «démission», le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, s'est retrouvé torse nu, chemise arrachée, forcé d'escalader un grillage pour échapper à la vindicte de manifestants venus envahir une réunion avec les syndicats.

Le responsable de la direction a «manqué de se faire lyncher», a résumé un délégué syndical.

Un autre cadre dirigeant, Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long courrier, a échappé de peu au même sort, évacué chemise et costume déchirés entre deux agents de sécurité de la rencontre, au siège de la compagnie à l'aéroport parisien de Roissy.

Sept personnes au total ont été blessées, dont un vigile gravement touché qui a dû être hospitalisé, selon la direction, et qui a annoncé son intention de porter plainte.

Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long courrier, a... (AFP, Kenzo Tribouillard) - image 2.0

Agrandir

Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long courrier, a été évacué chemise et costume déchirés entre deux agents de sécurité.

AFP, Kenzo Tribouillard

«Inacceptable»

En déplacement au Japon, le premier ministre français Manuel Valls s'est dit «scandalisé» par ces «violences inacceptables». «Les violences physiques méritent d'être sanctionnées», a renchéri à Paris le ministre des Transports, Alain Vidalies.

«C'est très mauvais en termes d'image pour la compagnie et pour le pays [...] Il ne faut pas que les investisseurs étrangers aient peur de se faire agresser», a déploré un responsable du patronat français.

L'image de dirigeants d'une entreprise-vitrine pour la France, malmenés par des manifestants, vient en opposition aux efforts du gouvernement socialiste pour attirer les investisseurs en les assurant d'un climat social apaisé en dépit d'un chômage record.

L'État français a renforcé cette année à 17,6 % sa participation au capital d'Air France-KLM, principal transporteur aérien européen avec la Lufthansa allemande. «Ce que nous avons vu ce matin n'est en aucun cas le vrai visage d'Air France», a déclaré le pdg d'Air France, Frédéric Gagey.

Xavier Broseta, l'un des dirigeants agressés, a refusé «que soit jeté l'opprobre sur l'ensemble du personnel» affirmant avoir «reçu des témoignages de sympathie par centaines» de syndicalistes et de salariés.

Plusieurs grands syndicats français ont dénoncé les violences.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer