Obama exige le départ de Bachar al-Assad de la Syrie

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Le président américain Barack Obama, hier, lors du sommet en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, destiné à remobiliser la coalition internationale contre le groupe État islamique.

AP, Kevin Hagen

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André Viollaz
Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Le président américain Barack Obama a insisté mardi sur le départ du président syrien Bachar al-Assad pour vaincre les jihadistes de l'État islamique, tout en affirmant qu'ils finiraient pas être vaincus, lors d'un sommet visant à renforcer sa coalition antiterroriste.

La Russie, qui insiste au contraire pour maintenir le président syrien au pouvoir, a snobé ce sommet réunissant 104 pays en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, n'y envoyant qu'un diplomate.

«Nos efforts militaires ne suffiront pas», a cependant mis en garde M. Obama. Insistant sur la nécessité de s'attaquer aux conditions «qui ont permis à l'État islamique [EI] de prendre racine», il a cité la guerre civile, les conflits religieux ou la mauvaise gouvernance.

M. Obama avait convoqué cette réunion pour remobiliser ses troupes, un an après le lancement de la coalition militaire contre les jihadistes, à laquelle participent une soixantaine de pays.

Pour le président américain, les jihadistes «finiront par perdre», même si le combat sera long et «très difficile». Il demandera «des efforts soutenus de tous», a-t-il lancé.

«En Syrie, vaincre l'EI nécessite un nouveau dirigeant» remplaçant Bachar al-Assad, a-t-il répété, comme il l'avait fait la veille à la tribune de l'Assemblée générale, où il avait croisé le fer avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Face à l'EI, M. Poutine a de son côté appelé à une «large coalition» incluant Damas et Téhéran alors que M. Obama traitait Bachar al-Assad de «tyran». Les deux pays sont convenus de continuer à discuter de leurs divergences.

Le secrétaire d'État John Kerry a estimé mardi que Moscou et Téhéran pourraient commencer par convaincre leur allié syrien de cesser de «balancer des barils de bombes» sur sa population civile.

En attendant, la Russie a établi une tête de pont dans l'ouest de la Syrie, bastion du régime, et n'a pas exclu des frappes contre l'EI.

La Russie avait été invitée au sommet, mais pas l'Iran, qui aide pourtant l'Irak et la Syrie à combattre l'EI.

M. Obama a accueilli le Nigeria, attaqué par le groupe islamiste Boko Haram, la Tunisie et la Malaisie dans la coalition qui compte une soixantaine de pays, dont le Royaume-Uni, la France et les voisins arabes de la Syrie.

Propagande extrémiste

Elle a mené depuis un an plus de 7200 frappes aériennes contre des positions de l'EI en Irak et en Syrie.

La France s'est jointe dimanche aux raids en Syrie en détruisant un camp d'entraînement du groupe EI. Ce qui a fait dire mardi à son chef de la diplomatie Laurent Fabius qu'elle «tape Daech (acronyme arabe de l'EI) mais les Russes, pour le moment, pas du tout».

Les frappes de la coalition ont fait reculer l'EI dans le nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, et permis de «libérer Tikrit», en Irak, a affirmé M. Obama.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a lui réclamé «l'aide de la communauté internationale pour financer l'équipement de ses soldats».

«L'EI est loin d'être vaincu, mais nous le savions depuis le début: il nous faudra beaucoup de persévérance dans ce combat», a aussi souligné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

En l'absence d'opérations au sol, les jihadistes contrôlent toujours de vastes territoires en Irak et en Syrie. Ils ont aussi pris pied au Yémen, en Libye ou en Afghanistan, profitant du chaos ambiant.

Un ambitieux programme de formation de 5000 rebelles syriens par le Pentagone a tourné au fiasco.

Le sommet a aussi évoqué la menace que font peser les «combattants terroristes étrangers» une fois revenus de Syrie et d'Irak, et la manière de contrer la propagande extrémiste.

L'an dernier, M. Obama avait présidé une session du Conseil de sécurité consacrée aux jeunes étrangers, dont beaucoup d'Occidentaux, endoctrinés et enrôlés par l'EI.

Depuis, le phénomène n'a fait que croître. Près de 30 000 jihadistes étrangers, dont 250 Américains, se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011, selon des responsables du renseignement américain. Ils étaient seulement 15 000 il y a un an.

Les services français de renseignement estiment eux à 1880 le nombre de Français dans la mouvance jihadiste, dont 491 ont gagné la Syrie ou l'Irak. 133 y ont été tués.

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