Obama et Poutine s'affrontent sur la Syrie

Barack Obama et Vladimir Poutine ont entamé lundi... (AFP, MANDEL NGAN)

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Barack Obama et Vladimir Poutine ont entamé lundi à l'ONU une rencontre très attendue visant à esquisser des solutions face au chaos en Syrie.

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Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
New York

NATIONS UNIES - Barack Obama et Vladimir Poutine ont entamé hier à l'ONU par une poignée de main glaciale une rencontre très attendue visant à esquisser des solutions devant le chaos en Syrie.

Le tête-à-tête entre les présidents américain et russe, première rencontre officielle depuis plus de deux ans, intervient dans un climat particulièrement tendu. Il apparaît peu probable qu'il débouche sur des annonces concrètes pour mettre un terme à une guerre qui a déjà fait plus de 240 000 morts.

Après la rencontre, le président russe a refusé d'envoyer en Syrie des troupes de combat au sol pour lutter contre le groupe État islamique (EI), mais n'a pas exclu des frappes aériennes.

À la tribune des Nations Unies (ONU), ils avaient plus tôt dans la journée clairement affiché leur désaccord sur la place à réserver à Bachar Al-Assad dans une éventuelle transition politique et dans la lutte contre les djihadistes de l'EI.

Pour M. Obama, Assad est un «tyran» qui massacre des enfants innocents. Pour son homologue russe, il représente un gouvernement légitime avec lequel refuser de coopérer serait une «énorme erreur». Par rapport aux djihadistes de l'EI, M. Poutine a appelé à la tribune à une «large coalition antiterroriste», semblable à «celle contre Hitler» au cours de la Seconde Guerre mondiale.

«Nous devons reconnaître que personne d'autre que les forces armées du président [syrien] combattent réellement l'État islamique», a lancé le chef du Kremlin, qui faisait son grand retour à l'Assemblée générale de l'ONU après 10 ans d'absence.

Si la Russie a proposé hier au Conseil de sécurité une résolution soutenant une coalition politique et militaire, la proposition russe reste cependant vague à ce stade. Quelques minutes avant M. Poutine, et à la même tribune, M. Obama avait ouvertement évoqué la possibilité de travailler avec la Russie et l'Iran.

Mais dans un discours centré sur la force de la diplomatie, exemples de l'Iran et de Cuba à l'appui, M. Obama avait aussi fixé des limites. «Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d'avant la guerre.»

Et dans une référence claire à Moscou, il avait dénoncé la logique consistant à soutenir un «tyran» sous prétexte que l'alternative «serait pire».

Les États-Unis réclament depuis des années le départ du président syrien, mais ont récemment assoupli leur position : il y a une semaine, le secrétaire d'État John Kerry concédait que le calendrier de la sortie de M. Assad était négociable.

Le président français François Hollande, qui a annoncé dimanche la première frappe de la France contre l'EI en Syrie, a lui aussi réaffirmé hier, sans avancer de date, que la transition en Syrie passait par le départ du président syrien.

Russie et Iran à l'unisson

Prise de court par l'offensive diplomatique russe, la Maison-Blanche affirme qu'il serait irresponsable de ne pas tenter la carte du dialogue avec Vladimir Poutine, et revendique avec ce dernier une approche au cas par cas.

«Nous observons les actes, pas seulement les mots», a souligné Ben Rhodes, proche conseiller de M. Obama. «Sur l'Ukraine, les actes ont rarement suivi les mots. Mais sur le dossier nucléaire iranien, la Russie a tenu ses engagements et joué un rôle constructif.»

Washington ainsi qu'une soixantaine de pays européens et arabes sunnites pilotent depuis un an une coalition militaire qui frappe des bastions de l'EI en Syrie et en Irak.

Mais toutes ces opérations militaires n'ont pas empêché l'organisation djihadiste de consolider ses positions, ni ruiné son pouvoir d'attraction : près de 30 000 djihadistes étrangers se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011, selon le New York Times.

Cette journée d'intense activité diplomatique à New York a aussi été marquée par le discours du président iranien Hassan Rohani à la tribune de l'ONU, son premier depuis la conclusion en juillet à Vienne d'un accord sur le programme nucléaire de Téhéran.

Lors d'une rencontre en marge de l'assemblée générale, MM. Poutine et Rohani ont affiché leur bonne entente, en particulier sur le Moyen-Orient. «Les relations entre l'Iran et la Russie se sont améliorées et renforcées au cours des deux dernières années», a souligné le président iranien.

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