Cégep de Matane: le salut par les étudiants étrangers

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Pour les étudiants étrangers Charles Chaumienne, Thomas Morel, Morgane Moussè, Hadrien Schlumberger, Ferdinand Benard et Chloé Duval, le Cégep de Matane est un véritable Eldorado.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Matane) Au Cégep de Matane, plus d'un étudiant sur trois provient de l'étranger. Avec 35 % d'étudiants qui proviennent principalement de la France et de ses départements d'outre-mer, l'établissement affiche la plus forte proportion de clientèle internationale de tous les cégeps du Québec. Pour un collège situé loin des grands centres, il s'agit d'une véritable planche de salut.

Ils sont 246 sur les 705 étudiants du Cégep de Matane à arriver principalement de la France, de l'île de La Réunion, de la Guadeloupe, de la Nouvelle-Calédonie, de la Martinique, mais aussi de la Belgique et du Mali. 

Sans ces étudiants, le directeur général du Cégep de Matane ne va pas jusqu'à dire que son établissement serait en péril. Mais, chose certaine, il sait que le nombre de jeunes de la Matanie et des MRC limitrophes n'est pas suffisant pour remplir son collège. «On n'a pas beaucoup de jeunes localement, reconnaît Pierre Bédard. Alors, il faut aller les chercher ailleurs. Selon la baisse démographique prévue au Québec, on serait peut-être en difficulté.» Il est également persuadé que, sans ces clientèles, son collège n'offrirait pas une aussi grande variété de programmes. 

Au Cégep de Matane, c'est environ un tiers de la population étudiante qui provient de la région, un tiers du reste du Québec et le dernier tiers de l'étranger. Selon M. Bédard, c'est tout un défi de convaincre les jeunes à ne pas quitter la région pour aller étudier ailleurs. Le Cégep réussit aussi à recruter des étudiants d'un peu partout au Québec grâce, notamment, à son programme d'animation 3D qui, selon lui, «est meilleur qu'ailleurs».

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Le directeur général du Cégep de Matane, Pierre Bédard, reconnaît que sans l'important contingent d'étudiants étrangers, l'établissement serait probablement en difficulté.

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Les programmes les plus populaires auprès des clientèles internationales du Cégep de Matane sont photographie, intégration multimédia, animation 3D et tourisme. «Le programme de tourisme, on l'avait suspendu, l'année dernière, faute de recrutement, souligne M. Bédard. Puis, cette année, on a réussi à le redémarrer avec 20 étudiants. Ça a été une belle surprise pour nous. Il y a plusieurs étudiants de l'île de La Réunion.»

Contexte économique

Pourquoi tant d'étudiants étrangers sont-ils intéressés par le Cégep de Matane? «À l'île de La Réunion, c'est un contexte très particulier, explique le dg. Là-bas, le taux de chômage est extrêmement élevé. Donc, ces jeunes-là se font financer pour venir étudier en vue de décrocher un emploi au Québec. Ils ne retournent pas chez eux.»

Pour les Français provenant de l'Hexagone, c'est pour les mêmes raisons. «L'accès à un emploi, c'est prioritaire, précise Pierre Bédard. Dans la plupart des cas, c'est l'attrait du jeu vidéo et du multimédia, avec la possibilité des emplois.» Ces programmes deviennent d'autant plus attrayants depuis que des entreprises de l'univers du jeu vidéo comme Ubisoft débarquent à Matane afin d'inciter des jeunes à postuler chez elles. «On a une belle reconnaissance de ces entreprises-là», se réjouit le dg du Cégep. 

Des programmes qui plaisent

De plus, l'activité «sport électronique», que le Cégep de Matane est le seul au Québec à intégrer dans ses programmes, est un autre attrait pour les jeunes qui se passionnent pour les jeux vidéo. «On structure le jeu vidéo dans un contexte scolaire pour mieux faire réussir l'étudiant, au lieu d'avoir un taux d'échec élevé à cause du temps qu'il passe dans les jeux vidéo, explique M. Bédard. C'est très, très porteur.»

Le programme de photographie plaît aussi à plusieurs étudiants étrangers. «C'est un peu un mystère pour moi, étant donné que ce n'est pas un programme où il y a nécessairement beaucoup d'emplois, admet le dirigeant de l'établissement. Mais, c'est un programme artistique qui est attirant pour ces jeunes-là.»

***

Coup de foudre pour le Québec

Des six étudiants étrangers du Cégep de Matane rencontrés par Le Soleil, tous sont unanimes : étudier au Québec est un véritable Eldorado. Tant et si bien qu'aucun ne souhaite retourner vivre dans son pays. 

«Le Québec, c'est mon coup de coeur, raconte Thomas Morel. Je ne veux plus revenir à La Réunion.» «Il n'y a pas vraiment d'avenir en Nouvelle-Calédonie, surtout en 3D, ajoute Hadrien Schlumberger. Le Canada et les States, c'est vachement mieux!» «Je n'avais pas d'avenir en photo chez moi, continue Morgane Moussè. Je fais beaucoup de photos de paysages et ici, c'est très beau.»

Ces jeunes sont charmés par l'esprit de famille qui règne au sein du Cégep et même dans la communauté matanaise. «Tous les employés sont gentils, sont proches de nous, s'intéressent à nous», est impressionnée Chloé Duval, originaire de La Lorraine, en France. «J'avais peur de l'accent», se souvient le Réunionnais Ferdinand Benard qui, après avoir obtenu son diplôme en intégration multimédia, a été engagé au service des communications du Cégep de Matane. «Je n'avais pas beaucoup voyagé. Puis, ça a été facile. Tout le monde voulait me rendre service.»

Ce qui leur plaît particulièrement, c'est l'accessibilité, voire la proximité entre eux et les enseignants. «Ce n'est pas la même mentalité, explique Morgane. Les profs, en France, ils ne nous aident pas autant.» «Ici, leur porte est toujours ouverte», souligne Thomas. «Les profs, on les appelle par leur prénom, ajoute Charles Chaumienne, originaire de la région parisienne. On peut prendre une bière avec un prof. En France, on ne verrait jamais ça!»

Bonnes chances d'emploi

Pour ceux qui sont inscrits en animation 3D, intégration multimédia et électronique industrielle, la possibilité d'obtenir un emploi dans leur domaine est le plus gros atout. «Ici, il y aura toujours du travail», croit Charles. «On est assurés d'avoir un emploi avant même de terminer notre diplôme, se réjouit Hadrien. Beenox, Ubisoft et Framestore s'intéressent déjà à nous!»

Les étudiants réunionnais reçoivent une bourse de 700 euros (environ 1040 $CAN) par mois. Du côté de la Nouvelle-Calédonie, Hadrien ne bénéficie d'aucune bourse. «J'ai la chance que mes parents me paient mes études, dit-il. Ça leur coûte moins cher que ma soeur en Nouvelle-Calédonie!»

***

En chiffres

  • 705 : nombre total d'étudiants au Cégep de Matane 
  • 246 : Nombre d'étudiants étrangers
  • 35 % : Proportion d'étudiants étrangers 
  • 7 % : Hausse totale d'étudiants




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