La solidarité se construit à Petite-Vallée

Le Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée,... (Facebook de Village en chanson de Petite-Vallée)

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Le Théâtre de la Vieille Forge de Petite-Vallée, en Gaspésie, a été la proie des flammes mardi matin.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Après les pleurs, les piliers du Festival en chanson de Petite-Vallée, leur président Alan Côté en tête, adoptent illico le mode «reconstruction», après l'incendie ayant détruit le théâtre de la Vieille forge, pivot d'un festival ayant acquis en 35 ans une renommée dépassant les frontières du Québec.

Alan Côté et son équipe ont reçu mardi des centaines d'appels et de messages électroniques, pour partager la peine certes, mais aussi et surtout pour les rassurer quant à la solidarité à venir, solidarité qui se manifeste déjà dans la décision de reconstruire.

«J'ai reçu des appels des ministres Mélanie Joly, Luc Fortin, Christine Saint-Pierre, du député Gaétan Lelièvre et de nombreux artistes voulant montrer leur appui (...) Je veux avoir des plans préliminaires la semaine prochaine. Après 35 ans, je sais ce que ça prend», assure Alan Côté.

Il a vécu tout un choc, mais s'il y avait une échelle pour calculer ce genre de turbulence, il note que «la mort de Dan Gaudreau (un ami musicien, en 2010) a été bien pire». Cet élément humain a aussi été la première préoccupation d'Alan Côté quand il est arrivé à l'incendie, aux aurores.

«Il n'y avait personne dedans (le bâtiment). C'est ça l'important. J'ai pleuré, j'ai fait tout ce que j'avais à faire. Puis, j'ai consolé tout le monde qui arrivait, un à un», ajoute M. Côté.

La nécessité de reconstruire s'est imposée avant d'avoir les yeux secs.

«J'ai 35 ans de vie mis là-dedans. J'admire les gens qui ramassent des objets de patrimoine, qui collectionnent les souvenirs. Mais ce n'est pas ça ma vie. Je veux créer des souvenirs dans la tête du monde (...) Je pourrais dire après 35 ans : "J'ai donné". J'aurai 56 ans demain (mercredi). Mais les jeunes sont là et il reste 135 personnes à Petite-Vallée. Je ne peux pas lâcher. La Vieille forge, c'est un symbole, et le festival peut encore changer le profil démographique. À nous de prendre la balle au bond», lance-t-il d'un trait.

Le milieu corporatif s'est joint aux nombreux artistes mardi pour exprimer à l'équipe de Petite-Vallée qu'elle ne sera pas seule à reconstruire. Des gens de Quebecor et d'Hydro-Québec, des partenaires de longue date du festival, ont notamment contacté Alan Côté. 

«Jacques-André Dupont, du Groupe Spectra, m'a offert une salle gratuitement pour organiser un spectacle-bénéfices», signale-t-il notamment.

Alan Côté ne sait pas exactement combien la reconstruction coûtera, mais il risque une fourchette allant de 2 millions à 2,5 millions $. «La salle avait coûté 1,4 million $ en 2001. On a amélioré constamment, rajoutant 300 000 $ en son et lumière. Ajoutons l'inflation».

Il ne croit pas que la dette accumulée du Festival en chanson, environ 250 000 $, nuise à la reconstruction. «Nous avons un plan sur cinq ans pour le remboursement et une très bonne année 2017», dit-il, spécifiant que les prochains spectacles auront lieu au bâtiment du Camp en chanson.

L'incendie a été détecté par le concierge peu après 5 heures mardi. La fumée venait du compartiment électrique. Le temps de donner l'alarme, après un bref effort d'extinction et tout le bâtiment s'embrasaient. Il se résumait à un amas de braises fumantes deux heures plus tard.

Le maire de Petite-Vallée, Rodrigue Brousseau assure que c'est le coeur de son village qui s'est envolé.

«On a arrêté de vivre pendant deux heures ce matin, pendant que ça brûlait. C'est 35 emplois qui gravitent autour de la Vieille forge et du Festival en chanson. C'est 35 ans d'histoire en lien avec le festival. La culture a toujours eu énormément d'importance ici, pas seulement la chanson, mais le théâtre. Mais on va rebondir. On reçoit des appuis des artistes, des politiciens. On va reconstruire pour que l'été prochain ce soit prêt pour le festival. Il faut continuer», dit M. Brousseau.

En plus des équipements de scène, de nombreux costumes ont disparu dans le brasier. Petite-­Vallée, ce n'est pas seulement le Festival en chanson, c'est aussi le lieu de création de théâtre, dont la pièce Attention, quatre chasseurs, jouée plus de 500 fois un peu partout au Québec depuis une douzaine d'années.

Un lieu chargé d'histoire

Le théâtre de la Vieille forge contenait réellement en ses murs les vestiges d'un ancien atelier de forgeron. «Mon oncle forgeait dans ce bâtiment ; il ferrait les chevaux et faisait toutes sortes d'autres travaux. C'est là qu'a été aménagée la première salle de spectacles du festival, puis il y a eu un agrandissement, et ils ont pris des portions de la forge. C'est devenu le Village en chanson en 2001 et c'est là qu'on a construit la vraie salle de spectacles», dit le maire Rodrigue Brousseau.

«C'est un joyau, pas seulement pour Petite-Vallée, ou pour le secteur de l'Estran, mais pour toute la Gaspésie. Les jeunes viennent au camp en chanson, puis ils viennent au festival, ils font ensuite partie des découvertes. Ils montent d'étape en étape. Il n'y a pas un artiste passé par ici qui ne veut pas revenir», assure le maire.

À sa création en 1982, le Festival de la chanson s'appelait le Festival de la parenté, mais au départ, l'accent était déjà placé sur la musique. Gilles ­Gagné (Collaboration spéciale)

Un triste anniversaire 

Jointe par téléphone tôt mardi matin, la directrice générale du Réseau des organisateurs de spectacles de l'Est-du-Québec était inconsolable depuis qu'elle a appris que le Théâtre de la Vieille forge était disparu en fumée. «Je braille depuis que je suis réveillée, s'est exprimée Solange Morissette. C'est une triste nouvelle, mais connaissant l'équipe et la mobilisation citoyenne de Petite-Vallée, ils vont rebâtir. Mais, j'ai de la peine pour le village.» Pour cette alliée de longue date du Festival en chanson de Petite-Vallée, c'est une bien mauvaise nouvelle à la veille de l'anniversaire du directeur général et artistique de l'événement, Alan Côté.  Johanne Fournier (collaboration spéciale)




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