Agression sexuelle: le maire de Baie-Trinité démissionne

Le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, reconnu coupable... (Photothèque Le Soleil)

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Le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, reconnu coupable d'agression sexuelle en juillet 2015, continuait d'exercer ses fonctions.

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<p>Steeve Paradis</p>

(Baie-Comeau) Denis Lejeune a finalement choisi la voie de la démission. Le maire de Baie-Trinité, toujours à la tête du conseil municipal malgré le fait qu'il ait été reconnu coupable d'agression sexuelle, quitte donc avec trois mois à faire à son mandat plutôt que de faire face à une éventuelle procédure de destitution.

Le désormais ex-maire de Baie-Trinité avait jusqu'au début de cette semaine pour demander à la Cour suprême de statuer sur le refus de la Cour d'appel d'entendre sa requête, ce qu'il n'a pas fait. La Commission municipale du Québec pouvait donc amorcer une procédure de destitution à son endroit.

M. Lejeune ne s'est pas présenté à la séance du conseil municipal de mardi soir, rédigeant plutôt une lettre qui a été lue par un conseiller municipal. Au bureau municipal de Baie-Trinité, on refusait de donner copie de cette missive aux médias, mais on confirme qu'elle traitait bien de la démission du maire, invisible dans les instances régionales depuis plus de deux ans.

Rappelons que Denis Lejeune a été accusé en juillet 2013 d'agression sexuelle à l'endroit de Caroline Lamarre, une employée municipale. Il lui a notamment pris les seins. Ces accusations ne l'ont pas empêché d'être réélu quelques mois plus tard à la mairie du village de 450 âmes.

Caroline Lamarre... (Photothèque Le Soleil, Eric Labbé) - image 2.0

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Caroline Lamarre

Photothèque Le Soleil, Eric Labbé

En 2015, Lejeune a été reconnu coupable d'un chef d'accusation, mais avait bénéficié d'un sursis de sentence, écopant de 120 heures de travaux communautaires et d'une probation de deux ans. Il pouvait toutefois rester en poste en raison des dispositions de la loi d'alors, qui disait qu'un élu pouvait continuer à siéger s'il écopait d'une peine d'emprisonnement de moins de 30 jours.

La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités a toutefois a été modifiée avec l'adoption de la loi 83, en 2016, et depuis cette date, tous les élus coupables d'une infraction au Code criminel sont automatiquement destitués, qu'ils aient ou non reçu une peine de prison. La sentence de Lejeune remontait cependant avant cette modification à la législation.

Le mois dernier, Caroline Lamarre et la municipalité ont conclu une entente confidentielle en vertu de laquelle la mère de cinq enfants cessait ses démarches pour retrouver son emploi, qu'elle n'a plus depuis 2013, en retour d'une compensation financière.

«Les employés de la municipalité ne travailleront plus sous la gouverne d'un maire qui a été reconnu coupable d'un geste criminel», a été la première réaction de la représentante régionale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Charlaine Sirois.

Mme Sirois refuse de se dire soulagée pour Mme Lamarre, défendue par le SCFP dans ses démarches pour récupérer son boulot, en raison des nombreuses années qui se sont écoulées avant la fin de cette saga qui a carrément divisé le village en deux. «Je dis plutôt enfin, car Caroline a dénoncé son agression en 2013 et c'est seulement en 2017 qu'il (Lejeune) démissionne», a-t-elle fait valoir.




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