En stress post-traumatique, 25 ans après son accident

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Il n'est pas exceptionnel que des travailleurs, surtout des hommes, soient incapables d'admettre leur vulnérabilité pendant très longtemps, a témoigné devant le tribunal la psychologue qui traite Bertrand Dubé.

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Geneviève Gélinas

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Le Soleil

(Grande-Rivière) Bertrand Dubé, 63 ans, souffre bel et bien d'un syndrome de stress post-traumatique causé par son accident de la route il y a 25 ans. Le Gaspésien de Grande-Rivière vient d'obtenir gain de cause devant le Tribunal administratif du travail. Cette décision pourrait faire jurisprudence à cause du long délai entre l'accident et le diagnostic, juge son avocat Marc Bellemare.

«Avoir su, j'aurais consulté avant. J'ai travaillé moralement et physiquement malade pendant 25 ans. J'en ai braillé des nuits. J'y ai pensé à tous les jours. Ça me rongeait», dit M. Dubé.

L'accident est survenu le 25 octobre 1992, la veille du référendum sur l'Accord de Charlottetown. M. Dubé est alors le chauffeur du député libéral provincial de Gaspé. Ce jour-là, il participe à une activité politique avec comme passager l'attaché Pierre Pelletier. À Barachois, à mi-chemin entre Grande-Rivière et Gaspé, ils font un face-à-face.

L'homme de 22 ans au volant de l'autre voiture perd la vie. Les deux employés du député sont gravement blessés. «Il y avait eu un choc» dans la région, se souvient l'ex-député André Beaudin. 

Revivre l'accident

M. Dubé reprend le travail en 1993. Il est très nerveux et passe souvent le volant au député. Il consulte deux fois une psychologue, mais cesse de la voir parce qu'il se sent gêné de ne pas «passer par-dessus» son accident.

Au fil des ans, M. Dubé a souffert de cauchemars et d'insomnie. Le 30 mars 2016, il consulte sa médecin et éclate en sanglots. Il revit son accident tous les jours et panique lorsqu'il entend parler d'autres accidents, explique-t-il. Sa médecin diagnostique un syndrome de stress post-traumatique qu'elle considère comme une «rechute, récidive ou aggravation» de l'événement de 1992.

Il n'est pas exceptionnel que des travailleurs, surtout des hommes, soient incapables d'admettre leur vulnérabilité pendant très longtemps, a témoigné devant le tribunal la psychologue qui traite M. Dubé.

Dans deux décisions en 2016, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a refusé de reconnaître que le syndrome de stress de M. Dubé est lié à l'accident.

Le Tribunal administratif a infirmé ces décisions dans un jugement rendu le 28 juin dernier. La CNESST indemnisera M. Dubé pour ses médicaments et sa psychothérapie. Il était déjà reconnu invalide depuis un an pour des séquelles physiques, donc le jugement ne changera rien à ses prestations. 

«Pour lui, ce n'est pas une question financière, c'est une question de principe. Il porte un lourd bagage de détresse, d'angoisse, d'hypervigilance. Il passe par là [le lieu de l'accident] et il ferme les yeux», dit Marc Bellemare. 

Pour d'autres accidentés, le jugement rendu dans le cas Dubé signifie qu'il «ne faut pas se laisser décourager par le délai», dit Me Bellemare.

«Ça a été un combat énorme. Je dis aux gens de ne pas lâcher», ajoute M. Dubé.




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