Pessamit dépose une injonction contre Hydro-Québec

L'actuel rehaussement du niveau d'eau du réservoir Manicouagan... (Photothèque Le Soleil)

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L'actuel rehaussement du niveau d'eau du réservoir Manicouagan s'est amorcé l'an dernier sans tambour ni trompette de la part d'Hydro-Québec, qui a avisé quelques semaines avant la MRC de Manicouagan pour que cette dernière avise à son tour les détenteurs d'une cinquantaine de baux de villégiature que leur chalet sera ennoyé tôt ou tard.

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Pessamit) Devant le silence d'Hydro-Québec sur ses actions dans ce dossier, le Conseil des Innus de Pessamit passe à l'offensive et a déposé hier une injonction contre Hydro-Québec. Les Innus réclament que la société d'État cesse immédiatement la hausse du niveau de l'eau du réservoir Manicouagan, au nord de Manic-5.

Ce rehaussement s'est amorcé l'an dernier sans tambour ni trompette de la part d'Hydro-Québec, qui a avisé quelques semaines avant la MRC de Manicouagan pour que cette dernière avise à son tour les détenteurs d'une cinquantaine de baux de villégiature pour leur dire que leur chalet sera ennoyé tôt ou tard.

Ils ne recevront aucun dédommagement pour cette hausse, qui peut aller jusqu'à 10 mètres, puisqu'ils savaient qu'ils étaient sous la ligne des hautes eaux du réservoir, même si ce maximum n'a pas été atteint depuis le début des années 80. Évidemment, les installations de plusieurs Innus autour du réservoir, qui ne sont pas répertoriées comme celles des «Blancs», sont aussi touchées

Le fait que la société d'État ait agi sans consulter Pessamit est le premier manquement dans ce dossier, selon le chef René Simon. Le rehaussement contrevient aussi à son avis à plusieurs lois provinciales et fédérales, dont celles touchant la faune et la qualité de l'environnement. Le chef n'a pas manqué de rappeler qu'il est démontré que l'inondation d'un milieu forestier provoque la libération de méthylmercure dans l'eau.

«Hydro-Québec ne détient aucune autorisation lui permettant de contaminer les eaux du réservoir Manicouagan et elle ne possède aucun droit acquis de polluer», a clamé le chef Simon, qui soutient qu'une partie du mal est déjà fait et qui dit simplement vouloir «le respect des lois promulguées par le gouvernement du Québec».

De son côté, la société d'État rappelle que le remplissage du réservoir «se fait en conformité avec nos autorisations», aux dires de la porte-parole Kathy Hamel. Depuis la fin des années 60, Hydro dispose d'un décret gouvernemental autorisant un niveau d'eau maximal des 359,6 mètres au-dessus du niveau de la mer pour le réservoir Manicouagan. Du début des années 80 jusqu'à l'an dernier, le niveau n'a pas dépassé 350 mètres, plaident les Innus.

Ces derniers en profiteront également pour porter leur cause en dehors du Québec puisqu'une équipe de la New Hampshire Public Radio est à Pessamit pour une dizaine de jours. Ils sont sur place pour prendre le point de vue du conseil, qui s'oppose au projet de ligne de transport d'électricité Northern Pass, entre le Québec et le New Hampshire.




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