Plan Nord: Pointe-Noire de retour sur l'échiquier

Québec a acheté tous les actifs miniers d'expédition... (fournie par le Port de Sept-Îles)

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Québec a acheté tous les actifs miniers d'expédition et de manutention appartenant à Cliffs Natural Resources dans le secteur de Pointe-Noire, qui donne accès au port de mer.

fournie par le Port de Sept-Îles

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<p>Fanny Lévesque</p>

(Sept-Îles) Québec relève son pari et recrute les deux premiers partenaires qui feront renaître les actifs stratégiques de la Pointe-Noire, sa «pièce maîtresse» du déploiement de son fameux Plan Nord.

Tata Steel Minerals Canada et Minerai de fer Québec, une filiale de Champion Iron Limited, deviennent les actionnaires de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, une société en commandite créée dans la foulée de l'achat des équipements miniers pour 66,75 millions $, il y a tout juste un an. 

«Le site de Pointe-Noire révèle aujourd'hui son immense potentiel», s'est réjoui le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. Le ministre aussi responsable de la Côte-Nord a confirmé dimanche à Sept-Îles la conclusion d'un protocole d'entente entre les deux joueurs et la Société du Plan Nord. 

La Pointe-Noire, c'est une presqu'île à l'entrée ouest de Sept-Îles, qui ouvre sur la baie et les marchés internationaux. Québec a profité de l'arrêt des activités de Cliffs Natural Resources en décembre 2014 pour mettre la main sur les installations de la minière, les seules qui donnent accès au port de mer. «[Cet accès] est fondamental», ajoute M. Arcand. 

C'est que Cliffs Natural Resources a longtemps joué le trouble-fête en rendant ardues les négociations pour traverser sa propriété et permettre l'expédition de la production des autres minières. «Le rôle du gouvernement ce n'est pas d'acheter des terrains, mais là pour nous, c'était l'intérêt public qui devait prévaloir», consent le ministre. 

Approche multiusager 

Depuis son acquisition, Québec cherchait à s'entendre avec des partenaires pour la création de sa société en commandite. Tata Steel Minerals Canada (TSMC), qui exploite le gisement ferreux DSO près de Schefferville, et Champion Iron, qui vient d'acheter la mine du lac Bloom à Fermont, ont répondu présents dès le départ. 

Les sociétés ont chacune déposé déjà 1 million $ qui servira à l'achat d'actions. Les investissements à venir sur les terrains seront partagés «sur la base du volume» ou tonnage qui sera réservé par les minières. Tata Steel a d'ailleurs déjà expédié une première cargaison de minerai à partir du quai de Pointe-Noire, en septembre. 

Mais d'autres joueurs, comme Mine Arnaud par exemple, pourraient s'ajouter à la société «qui a été constituée de façon à permettre l'arrivée d'autres partenaires», souligne le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé. L'objectif de l'État est de faire de Pointe-Noire «une infrastructure multiusager, ouverte à tous». 

Il faut comprendre que les entreprises qui lorgnent l'exploitation de gisement de la généreuse fosse du Labrador n'ont d'autres choix que de transporter par train leur production jusqu'à Sept-Îles. L'emplette de Québec lui a aussi permis de devenir le propriétaire de l'unique lien ferroviaire reliant le tronçon de la QNS & L à la Pointe-Noire.

Les producteurs peuvent désormais utiliser les infrastructures publiques et n'ont pas à construire les leurs, une économie de coûts «cruciale» à l'heure où le marché du fer peine à se redresser. «[Les actions du gouvernement] vont aussi aider d'autres joueurs à faire leur chemin jusque sur les marchés», a lancé le grand patron de TSMC, Rajesh Sharma. 

Interrogé sur le fait que son entreprise soit désormais assise à la même table qu'un de ses compétiteurs et que d'autres risquent d'y être aussi, le président-directeur général martèle que la «collaboration est critique» entre les joueurs de la fosse du Labrador. M. Sharma les invite plutôt à s'unir contre l'Australie et le Brésil, la véritable «compétition». 

Québec doit lancer ce printemps, les travaux de construction d'un convoyeur reliant ses actifs au quai multiusager du Port de Sept-Îles, tout juste voisin. L'infrastructure de 220 millions, payée à moitié par l'industrie minière, pourrait enfin expédier ses premières tonnes de fer à l'automne, grâce à Tata Steel. 

L'État a déjà réservé un montant de 15 millions $ pour le raccordement. Avec l'achat des actifs et leur redémarrage, Québec aura investi 100 millions $ à Pointe-Noire.

Un Plan Nord qui prend de l'air

Avec un prix du fer qui gagne tranquillement en force, le Plan Nord pourrait connaître un nouvel élan, croit le ministre Pierre Arcand. 

La tonne de fer se négocie autour de 80 $, c'est le double de l'année dernière. Mais malgré cette embellie, plusieurs experts prévoient un prix de retour à la baisse des prix en 2017. Qu'à cela ne tienne, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles affirme observer sur le terrain, un intérêt revigoré des investisseurs pour l'industrie minière. 

«Même si je vous faisais la meilleure prévision, la meilleure chose que je peux vous dire, c'est : ''Voici deux entreprises qui décident de se lancer''», a fait valoir le ministre Arcand, qui a annoncé dimanche, que Tata Steel Minerals Canada et Champion Iron Limited se joignent à la Société du Plan Nord dans une nouvelle société en commandite. 

«Il y en a d'autres aussi [intéressées] que je ne peux pas vous mentionner à ce stade-ci», a-t-il poursuivi. Le ministre Arcand explique que «la période de sensibilisation» des éventuels partenaires du Plan Nord «est complétée» et que les investisseurs veulent maintenant que Québec «arrive avec des projets, des choses concrètes». 

«Toujours ouverts»

L'État ne ferme pas la porte non plus à investir dans les visées de joueurs miniers de son Plan Nord, comme il l'a fait dans celles de Tata Steel ou Champion. «On est toujours ouvert, mais évidemment, il faut une cohérence dans l'approche. Comme gouvernement, on se doit aussi d'être juste envers tous les partenaires», souligne-t-il. 

Mais Québec demeure convaincu que le désenclavement de la Pointe-Noire grâce à son intervention donnera de l'air au Plan Nord. «C'est fondamental [...] Je ne rencontre jamais de minières qui ne me parlent pas de l'importance d'avoir un accès facile. C'est la clé qui peut permettre au Québec d'être compétitif.»

Qui est Tata Steel Minerals Canada?

Tata Steel Minerals Canada exploite le gisement DSO à cheval sur la frontière du Labrador et celle du Québec, près de Schefferville. La minière, propriété du géant de l'acier Tata Steel et de la canadienne New Millennium, doit développer son plus important dépôt ferreux en sol québécois, cette année. La minière devrait investir entre 300 et 400 millions $ dans son gisement d'ici les deux prochaines années. À terme, son projet estimé à 1,5 milliard $ doit créer quelque 550 emplois, dont 150 destinés aux Premières Nations, et produire 6 millions de tonnes de fer. Québec a investi 175 millions $ dans le projet, en juillet. TSMC a allongé 15 millions $ dans la construction du quai multiusager. Pour l'heure, la minière expédie de Pointe-Noire et du quai de la minière IOC avec qui elle à une entente. Elle a produit 1,6 million de tonnes en 2016.

À propos de... Champion Iron Limited

Champion Iron Limited a mis la main sur la jeune mine de fer du lac Bloom de Fermont, opérée à l'époque par Cliffs Natural Resources, pour 10,5 millions $ en plus de garantir certaines obligations environnementales estimées à 41,7 millions $. La minière doit réunir 327 millions $ pour rallumer les machines du site fermé en décembre 2014. Champion mise sur un redémarrage des activités quelque part en 2018, mais doit avant tout mettre à niveau les actifs, notamment améliorer son circuit de récupération de minerai. La réouverture de la mine pourrait créer 450 emplois. L'entreprise a aussi un oeil sur l'usine de bouletage de Pointe-Noire pour laquelle Québec cherche un nouvel opérateur. La mine du lac Bloom est quasi flambant neuve. Les premières tonnes ont été extraites en 2010. Champion prévoit extraire 7,4 millions de tonnes par an. Québec a allongé 20 millions $ dans le projet. La société est aussi partenaire du quai multiusager.




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