Sébastien Pilote: «C'est chez nous»

Le cinéaste Sébastien Pilote aime sa routine, ses... (Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le cinéaste Sébastien Pilote aime sa routine, ses habitudes. Il se sent chez lui à Saguenay, là où il a grandi.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

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(Saguenay) CHOISIR LES RÉGIONS / Vivre en région, y développer ses talents, son projet ou son entreprise, c'est le choix de plusieurs personnes qui ont contribué à l'épanouissement de leur communauté. Les quotidiens de Groupe Capitales Médias présentent une série d'entrevues de personnalités qui rayonnent partout au Québec tout en cultivant leur attachement à leur milieu.

Les gens qui ont regardé Le vendeur ou Le démantèlement, réalisés par Sébastien Pilote, ont pu y découvrir des réalités et des paysages du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais le cinéaste de Chicoutimi ne fait pas que tourner dans son coin de pays. Il l'observe, l'analyse et s'en inspire. Et surtout, il y vit et s'y sent chez lui.

L'univers du cinéma est certes centralisé à Montréal, où travaillent la majorité des artisans du cinéma québécois, mais l'univers de Sébastien Pilote, il se trouve au Saguenay-Lac-Saint-Jean. «C'est chez nous, ici. C'est ma maison, je suis bien. On me demande tout le temps pourquoi je reste ici, avec les nombreux déplacements, et je réponds que c'est chez nous, simplement, que j'aime mes petites habitudes», confie le cinéaste, qui a remporté quelques prix internationaux pour ses films.

«J'aime ma région. C'est mon milieu de vie, reprend-il. C'est le milieu de vie que je me suis inventé, avec ma petite routine, mon épicerie, mes restos, mon libraire, mes bons amis. Si mon libraire ferme, je déménage! Tout le monde peut créer son milieu de vie, n'importe où.»

Le choix de vivre en région est tellement limpide dans l'esprit de Sébastien Pilote qu'il ne ressent pas vraiment une force d'attraction vers la métropole et capitale québécoise du cinéma. «Oui, je suis souvent à Montréal. Je dois même louer des appartements lorsque je suis en tournage ou en postproduction. Mais ç'a toujours été clair pour moi. Ça se fait naturellement de rester ici. La majeure partie de mon travail se fait seul. Quand j'écris, je peux être n'importe où. Le milieu du cinéma est déjà difficile. Je n'avais pas besoin d'ajouter l'éloignement de ma famille et de mon milieu. De toute façon, ça me donne un point de vue différent», partage le père de deux enfants, qui est natif de Saint-Ambroise.

En fait, Sébastien Pilote se voit «un peu comme une sentinelle». «J'observe une réalité différente. Je porte un regard autre. C'est une manière d'occuper le territoire par l'imaginaire. Et ça paraît dans mon cinéma, ce qui peut être attrayant. Des paysages, des milieux différents, ça va intéresser les gens. Il y a quelque chose d'exotique là-dedans.

«Et pour quelqu'un qui vit en République tchèque, mon film est un film canadien, même pas québécois. Que j'habite à Montréal ou à Chicoutimi, c'est la même chose.»

Sébastien Pilote est aujourd'hui âgé de 43 ans. Il a étudié au Cégep de Jonquière, puis à l'Université du Québec à Chicoutimi. À 21 ans, il a participé à la fondation du festival Regard sur le court métrage. «Ça aussi, ça m'a attaché ici, se rappelle celui qui siège maintenant au conseil d'administration. On a créé notre propre travail. En région, la vie culturelle, il faut la créer.

«Il est important d'abolir les complexes qu'on peut avoir. La culture, c'est un mode de vie. Il y a une éducation à faire, en région, pour développer l'intérêt et pour que la communauté culturelle soit moins restreinte. Quand tu veux faire du cinéma, que tu veux créer, tu peux le faire n'importe où. C'est sûr que si tu veux être technicien de cinéma, c'est autre chose.» 

Un tournage à l'été

Le thème de cette série d'entrevues, Choisir les régions, aurait pu être le titre du prochain film de Sébastien Pilote, qu'il espère tourner, à Saguenay, cet été. 

La disparition des lucioles racontera le passage de l'adolescence à l'âge adulte d'une jeune fille avec, en toile de fond, le dilemme de rester dans la région ou de la quitter. 

«Ce sera un long métrage qu'on va tourner à Saguenay, et principalement à La Baie. En ce moment, on complète le financement», informe le cinéaste, sans entrer dans les détails.

Lieu de résidence: Chicoutimi

Se situe où: Saguenay-Lac-Saint-Jean

Depuis combien d'années: il n'a jamais quitté la région

Comment s'est fait le choix: sentiment d'être à la maison

Un attrait: le milieu de vie et la routine

Un inconvénient: les déplacements fréquents vers Montréal

Une idée pour améliorer le sort des régions: abolir les complexes

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