Faire fleurir «chez soi» son entreprise

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Pour Marc Dutil, il n'y a rien de surprenant dans le fait qu'une entreprise puisse fleurir «chez soi» sans nécessairement déménager son siège social dans une métropole.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHOISIR LES RÉGIONS / Aujourd'hui, vous êtes à la tête d'une multinationale qui possède un chiffre d'affaires de 1,8 milliard $ et qui oeuvre partout sur la planète. Votre entreprise a démarré à Saint-Gédéon-de-Beauce, une municipalité de 2275 habitants, dans la Chaudière-Appalaches, et vous êtes toujours présent dans la région. Pourquoi? «Poser la question, ce n'est pas y répondre?»

Pour le président et chef de la direction du Groupe Canam (TSX : CAM) et père de cinq enfants, Marc Dutil, il n'y a rien de surprenant dans le fait qu'une entreprise puisse fleurir «chez soi» sans nécessairement déménager son siège social dans une métropole, surtout avec tous les moyens de communication en 2017 mis à la disposition des entrepreneurs. 

Le Groupe Canam, qui est présent dans la Beauce depuis 1960, possède aujourd'hui des bureaux en Amérique du Nord, en Roumanie et en Inde. L'entreprise se spécialise dans la conception de solutions intégrées et la fabrication de produits sur mesure, notamment des charpentes métalliques et des ponts, pour l'industrie de la construction en Amérique du Nord. Elle compte plus de 4300 travailleurs répartis notamment dans les 23 usines du groupe situées au Canada et aux États-Unis. 

La famille, la proximité du travail et la qualité de vie sont des nombreux éléments qui ont fait pencher la balance pour le grand patron, qui a choisi tout comme ses grands-parents Gilberte Lacroix et Roger Dutil et son père, Marcel Dutil, l'ont fait avant lui, de conserver le siège social de l'entreprise dans la Beauce, à Saint-Georges, soit à une trentaine de minutes en voiture de ses installations de Saint-Gédéon-de-Beauce. Et pas question d'y toucher.

«Nous comptons environ 200 personnes dans notre bâtiment [au siège social], la majorité demeure dans un rayon de 10 à 15 kilomètres. Une belle maison à Saint-Georges, c'est environ 150 000 $ à 200 000 $. Une belle maison à Québec, c'est entre 300 000 $ et 400 000 $ et à Mont­réal, entre 600 000 $ et 700 000 $. Collectivement, dans la région, ce capital-là, on le déploie autrement. Les gens ont moins d'emprunts», confie celui dont la demeure se trouve à 600 mètres de son travail. 

«Je l'ai mesuré. Une fois ou deux par semaine, je peux aller manger à la maison», dit-il en souriant, ajoutant apprécier également le fait que les gens de la région ont «une connexion» qu'on ne trouve pas nécessairement dans les grands centres urbains. «On sait ce qui se passe dans notre ville, dans nos écoles. À Québec, les citoyens doivent lire les journaux pour savoir ce qui se passe.»

Le fait que certaines municipalités de la Beauce avoisinent la frontière américaine fait également du secteur un territoire stratégique pour les affaires. 

«L'usine la plus près de la frontière américaine, c'est celle de Saint-Gédéon. Si tu es à cet endroit depuis 55 ans, c'est pour cette raison. Pour moi, me rendre à New York [en avion à partir de la Beauce] c'est 1 heure. À Boston, 45 minutes et Chicago 2 heures. Ici, je suis plus près des États-Unis que si j'étais à Montréal», explique au Soleil M. Dutil, notant d'ailleurs qu'il y a un mouvement depuis quelque temps des employés-cadres de la compagnie qui se déplace vers le siège social de la Beauce.

«La Beauce, c'est un environnement ambitieux, travaillant et déterminé. Je pense que le travail, le dépassement, prend un sens quand la communauté dans lequel tu vis est beaucoup plus présentes auprès de toi», affirme M. Dutil. «Lorsque je regarde autour de moi, je vois l'implication de Canam dans la région. Je me dis que le succès de l'entreprise a un impact tellement grand, que cela donne un peu de gaz dans des situations qui sont parfois plus difficiles», poursuit celui qui n'hésite pas à redonner dans sa communauté, notamment avec la création de l'École d'entrepreneurship de Beauce, un lieu de transfert d'expérience entre entrepreneurs.

C'est le fait que la Beauce soit bien connue comme une pépinière d'entrepreneurs que M. Dutil a choisi d'installer son école dans la région. 

«C'est l'exploitation de notre force de mettre l'école ici. Il y a 100 000 Beaucerons, 30 000 personnes à Saint-Georges, la campagne initiale de collecte de fonds n'avait lieu qu'en Beauce et nous avons ramassé 3,5 millions $. C'est environ 30 $ par habitant. Sur le territoire du Québec, cela représenterait 250 millions $. Il n'a personne qui fait ça» se réjouit M. Dutil. «C'est pour ces nombreuses raisons que nous sommes ici. On se sent chez nous!»

En bref

Lieu de résidence : Saint-Georges

Se situe où : Chaudière-Appalaches

Depuis combien d'années : 52 ans

Le défi : attirer les meilleurs talents du Québec, mais on ne se privera pas si leur situation de vie ne leur permet pas de venir en Beauce. On va les installer à Montréal s'il le faut. Il ne faut pas que le fait d'être en région pénalise l'entreprise.

Une idée pour améliorer le sort des régions : il faut sortir les immigrants de Montréal et trouver un moyen pour les amener en région. Nous avons un besoin de main-d'oeuvre.

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