Démissions en bloc au conseil de ville de Percé

Le maire démissionnaire André Boudreau se demande comment... (Collaboration spéciale, Gilles Gagné)

Agrandir

Le maire démissionnaire André Boudreau se demande comment les gens ayant voté non au projet de rue commerciale de 1,77 million$ réagiront quand il s'agira de se prononcer sur des infrastructures nécessaires comme la promenade et le quai (au loin), tous deux lourdement endommagés.

Collaboration spéciale, Gilles Gagné

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné
Le Soleil

(Percé) Six membres du conseil municipal de Percé, dont le maire André Boudreau, ont démissionné lundi, au lendemain des résultats du référendum ayant porté sur un règlement d'emprunt de 1,77 million$ pour aménager une nouvelle rue commerciale dans le centre de la capitale touristique de la Gaspésie. Le règlement d'emprunt a été refusé.

À mesure que la journée avançait, le nombre de conseillers démissionnaires augmentait, jusqu'à faire perdre le quorum au conseil. Le maire Boudreau a annoncé son départ dimanche soir, quand il a réalisé que 953 personnes avaient refusé la nouvelle rue, comparativement à 745 citoyens l'appuyant. Le taux de participation s'est établi à 59,4%.

Les conseillers Sylvain Camirand et Lucien Proulx ont envoyé leur lettre de démission dès la matinée. Doris Bourget a suivi en milieu de journée, puis Donald Rehel et Réjean Cabot en fin d'après-midi. Il restait alors Magella Warren, favorable au maire Boudreau, et deux farouches opposants, le président du comité du «non», Robert Daniel et Michel Méthot.

Le quorum étant perdu, la Commission municipale du Québec nommera un administrateur, qui verra à la bonne marche des dossiers municipaux de Percé, en collaboration avec le personnel en place. Cet administrateur sera nommé sous peu et statuera sur la pertinence de tenir des élections avant celles prévues en novembre 2017.

Il n'y a normalement pas d'élections complémentaires à moins d'un an d'un scrutin général. Certaines situations spéciales, comme une démission massive, peuvent déboucher autrement..

André Boudreau avait parlé à mots couverts, avant le référendum, de son départ si son projet ne passait pas, et son retrait de la politique municipale dans un an si la nouvelle rue commerciale était approuvée, mais faiblement.

«Il y avait le message plus facile; «tes taxes vont augmenter de 100$»! Leur campagne a sorti fort. Des gens qu'on n'a jamais vu voter sont venus. Il y en a même qui étaient scrutateurs (pour le camp du non). Et il y avait un message plus difficile à comprendre, expliquant le règlement d'emprunt», expliquait André Boudreau, lundi après-midi.

«Leur message», c'était celui de Robert Daniel et des «Vigilants», des citoyens de Percé qui surveillent depuis quelques années le travail du conseil municipal et des employés municipaux.

André Boudreau admet que l'aspect de la défaite qui l'affecte le plus, c'est de constater que même dans «Percé village», le noyau de la zone commerciale, c'est presque égal entre le oui et le non. La moitié des commerçants ont voté contre».

Les limites actuelles de la Ville de Percé ont été établies en 1971, à la fusion de huit municipalités couvrant 432 kilomètres carrés. Les communautés de la périphérie de Percé ont voté contre la nouvelle rue, note M. Boudreau.

«Un projet à Percé village, c'est viscéral. Les communautés fusionnées votent contre [...] La ville devrait être dé-fusionnée, repensée», dit-il.

André Boudreau décoche des flèches à l'endroit de Robert Daniel, qui «a mis en doute l'intégrité de la majorité des employés de la Ville et des membres du conseil. S'il recule devant un règlement d'emprunt de 1,7 million$ qui s'autofinance, qu'est-ce qu'on va faire avec la promenade et le quai. C'est refuser l'avancement», dit-il à propos de projets totalisant près de 25 millions$ et dans lesquels la Ville devra contribuer.

Robert Daniel assure que la promenade et le quai seront plus faciles à faire passer qu'un projet de rue commerciale «où tous les devoirs n'avaient pas été faits (...) La rue est encore là».

Semblant surpris par le nombre de démissions, M. Daniel dit que la «mairie ne m'intéresse pas présentement». Il a plus tard indiqué que «ça prendrait une équipe» pour qu'il brigue les suffrages, et qu'il s'y penchera sous peu.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer