Le professeur Jules Bélanger honoré par Québec

La présidente du Musée de la Gaspésie, France... (Photo fournie par le Musée de la Gaspésie)

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La présidente du Musée de la Gaspésie, France Côté, la directrice de l'organisme, Nathalie Spooner, et l'avocat Lionel Bernier, un pionnier de Diffusion Gaspésie, ont accompagné Jules Bélanger lors de la remise du prix Gérard-Morisset.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Carleton) Le gouvernement du Québec a remis mercredi sa plus haute distinction en matière de protection du patrimoine au Gaspésien Jules Bélanger, professeur retraité et auteur, depuis près de 60 ans, d'engagements dans sa région.

Âgé de 87 ans, M. Bélanger rejoint une liste de récipiendaires du prix Gérard-Morisset incluant l'anthropologue Serge Bouchard, à qui il succède, l'historien Jacques Lacoursière, le muséologue John Porter et l'architecte Phyllis Lambert. Il est le premier Gaspésien à remporter ce prix.

Formé en théologie et en littérature à l'Université Laval, puis à Paris, Jules Bélanger poussera ses études jusqu'au doctorat. Il orientera ces études supérieures vers l'histoire littéraire.

«J'ai commencé à enseigner au Séminaire de Gaspé en 1958. J'ai enseigné pendant 30 ans, pas en continu parce que je suis retourné aux études, mais je suis resté dans l'équipe du Cégep de Gaspé, en relève au séminaire», dit-il.

Que ses études supérieures bifurquent vers l'histoire constituait un parcours bien normal, compte tenu de son enfance. «Cet intérêt vient de ma relation avec nos parents. Ils parlaient des grands-parents, de ce qu'ils faisaient, des objets dont les gens se servaient», dit-il.

C'est dans l'esprit de mieux connaître son passé afin de se projeter dans l'avenir que Jules Bélanger a fondé, avec les regrettés Claude Allard et Michel Lemoignan, la Société historique de la Gaspésie en 1962, organisme menant en 1963 à la création du Magazine Gaspésie, l'une des rares revues historiques québécoises à avoir été publiée en continu si longtemps.

Les années 1970 ont été fertiles pour Jules Bélanger. Il a milité dans Diffusion Gaspésie, mouvement ayant débouché sur la création du journal hebdomadaire Le Pharillon en 1973 et de la radio communautaire Radio-Gaspésie en 1977.

Il a fait une incursion en politique en se présentant pour le Parti québécois dans Gaspé en novembre 1976. «J'ai été presque heureux d'être défait. Je constatais que nous n'avions pas de candidat. Des gens étaient approchés, mais ils refusaient à cause des conséquences sur leur clientèle. Je me suis dit : «Alors j'y vais; je n'ai pas de clients.» Au contraire, le syndicat disait : «Laissez-les aller. On les reprend quand ils reviennent.» J'avais sollicité mon collègue Michel Lemoignan afin qu'il se présente pour l'Union nationale et qu'il prenne le vote anglophone. Il avait accepté. En divisant le vote, j'avais une chance de gagner dans une course à trois. C'est finalement lui qui a gagné», raconte Jules Bélanger en riant.

«Le bébé à bélanger»

Le Musée de la Gaspésie, «le bébé à Bélanger», comme il est souvent décrit, est né en 1977. La péninsule n'avait jusque-là aucun musée à vocation régionale. La décennie suivante débute avec la publication en 1981 du livre Histoire de la Gaspésie, la première «brique» historique régionale supportée par l'Institut québécois de recherche sur la culture. Jules Bélanger cosigne l'ouvrage avec les historiens Marc Desjardins et Yves Frenette, un travail auquel le professeur en écologie Pierre Dansereau participe.

«Ils étaient les gens de la recherche, eux. J'étais seulement le leader de l'équipe. Je me suis chargé de l'homogénéisation de la rédaction», glisse-t-il.

L'année 1990, caractérisée par des coupes majeures dans les services publics, dont Via Rail, Radio-Canada et l'assurance-chômage, mobilise les Gaspésiens, dont Jules Bélanger, pour plusieurs années de combat.

En 2003, le septuagénaire affirmé qu'il est, à 74 ans, amorce une campagne de financement de 1,5 million $ pour l'expansion du Musée de la Gaspésie, un projet de 6,5 millions $. «Ce projet est réalisé en 2009», dit-il fièrement.

La priorité: les transports

De quoi Jules Bélanger est-il le plus fier? «Il y a des dossiers qui se règlent en un, deux ou trois ans; il y en a un qui m'a pris 30, et même 40 ans: c'est le musée. Il a ouvert en 1977 après des années de travail et j'étais encore mobilisé quotidiennement il n'y a pas si longtemps», note-t-il.

Pourquoi lutte-t-il? «À 87 ans, je choisis mes causes. Les transports représentent l'enjeu le plus important pour la Gaspésie, dont le retour du train de passagers et un service de marchandises jusqu'à Gaspé. Je suis en train de penser que GE (General Electric) devrait mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour qu'on répare la voie ferrée jusqu'à Gaspé, notamment pour le transport de pales éoliennes», note Jules Bélanger.

GE a récemment conclu un important achat de pales éoliennes produites par l'usine LM Wind Power de Gaspé. Ces pales seront livrées par rail au centre des États-Unis à partir de New Richmond au lieu de Gaspé parce que Transport-Québec, qui possède le tronçon ferroviaire gaspésien, limite son entretien sur la portion ouest, ce qui représente un frein au développement économique, juge-t-il.

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