Coupe sauvage chez un chasseur

Onil Caron, un résident de la région de... (Photo collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Onil Caron, un résident de la région de Drummondville, a acheté un lot en Gaspésie pour pouvoir chasser en paix. Il a découvert au printemps que son voisin avait récolté du bois sur son terrain, ce qui nuit à sa chasse selon lui.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(La Martre) Un propriétaire de lot boisé en Gaspésie, Onil Caron, vivant dans la région de Drummondville, dénonce ce qu'il qualifie de «vol de bois» par son voisin de lot. Une superficie d'environ 36 000 pieds carrés a été rasée sur sa propriété alors qu'il voulait garder sa terre en bois debout afin de faciliter sa chasse.

Le lot de M. Caron est situé à La Martre, du côté nord de la Gaspésie, 25 kilomètres à l'est de Sainte-Anne-des-Monts. Une lisière ayant la forme d'un haut trapèze, longue d'environ 600 pieds, a été déboisée sur le côté est du lot de M. Caron. La face sud du lot est large d'environ 40 pieds, et sa face nord s'étend sur à peu près 80 pieds.

«J'ai acheté mon lot pour avoir la paix quand je chasse, et ce n'est pas ça pantoute», résume-t-il en parlant de sa terre, mesurant au total 8500 pieds de bout en bout, sur 427 pieds de largeur.

«Avoir la paix» pour M. Caron, ça voulait dire «chasser chez [lui], loin des tensions qu'on vit sur les terres publiques lors de la chasse à l'orignal. Les chasseurs deviennent d'autres personnes dans le bois». Cette chasse s'étend de la mi-septembre à la fin d'octobre, quand on inclut l'arc et la carabine.

Son lot est situé en forêt mature et dense. Des bornes d'arpentage indiquent assez clairement un empiétement de la coupe forestière du côté du lot d'Onil Caron, qui a découvert la situation au printemps.

«J'ai vu ça à la chasse à l'ours, à la fin de mai ou au début de juin. Je n'ai pas eu mon ours à cause de cette affaire-là», résume-t-il.

Durant l'été, Onil Caron a cherché à s'entendre avec Marc-André Delisle, propriétaire du lot juxtaposé au sien à l'est. Il posséderait aussi une société appelée Aménagement forestier Delisle. Il réside à Saint-Donat-des-Laurentides.

«Il ne retourne pas mes appels. J'ai envoyé des mises en demeure. M. Delisle n'est pas allé chercher ses lettres», note Onil Caron.

Il s'est tourné du côté du Groupement forestier Shick Shock, la société d'aménagement forestier ayant conseillé Marc-André Delisle dans ses travaux.

«Ils m'ont offert 350 $ pour les dommages, puis 450 $, mais la valeur du bois est beaucoup plus. Il y a moyen de sortir trois pleins camions d'une superficie bûchée comme celle de ma terre. À 2000 $ par voyage, c'est autour de 6000 $ de bois qui a été pris sur ma terre», dit M. Caron.

«La qualité de ma chasse est affectée», note-t-il, montrant au Soleil qu'un orignal circulant sur le chemin menant à sa cache peut maintenant bifurquer vers la clairière créée par la coupe forestière. «L'orignal peut ne plus passer devant ma cache.»

Pas un aveu de faute

Michel Marin, directeur du Groupement forestier Shick Shock, refuse de considérer l'offre faite à Onil Caron comme un aveu de faute de sa société.

«Ce n'est pas par culpabilité qu'on a fait cette offre. Ce n'est pas le Groupement forestier qui a fait les travaux de coupe, c'est M. Delisle. On a agi comme conseiller technique, autant pour M. Caron que pour M. Delisle. On a proposé à M. Caron une valeur de bois approximative et de remettre en production son terrain», aborde M. Marin.

La question d'arpentage est un point «délicat», ajoute-t-il, parce qu'Onil Caron et Marc-André Delisle ont une interprétation différente de la crédibilité des bornes situées aux limites de leurs terrains respectifs. «Les propriétaires sont responsables de l'arpentage», résume M. Marin, pour préciser que cette question n'est pas du ressort de son groupement forestier.

«Il faudra aller en arpentage judiciaire [pour résoudre le litige]», croit M. Marin.

Onil Caron a toutefois pleine confiance dans le travail effectué cette année par l'équipe de l'arpenteur Christian L'Italien, de Sainte-Anne-des-Monts. «Ils sont venus à la fin du printemps, quand j'ai vu la coupe. C'est récent.» L'arpenteur a placé cinq bornes délimitant le terrain de M. Caron.

Plainte à la Sûreté du Québec

En septembre, il a déposé une plainte à la Sûreté du Québec, pour vol de bois.

Le Soleil a laissé plusieurs messages sur le répondeur de Marc-André Delisle, les 3 et 4 novembre, sans le joindre ou obtenir de réponse.

Sans volonté de s'immiscer dans cette affaire, Berthold Gagné, président du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie, note que le volume évalué par M. Caron, trois camions pour une superficie de 36 000 pieds carrés, est très plausible. M. Gagné ramènerait vers la valeur de ce bois à environ 5000 $ s'il s'agit d'une forêt mixte.

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