Un Gaspésien franchit les premières étapes pour devenir astronaute

Détenteur d'un doctorat en physique et pilote militaire,... (Fournie par Daniel Desjardins)

Agrandir

Détenteur d'un doctorat en physique et pilote militaire, Daniel Desjardins (à droite) avait 11 ans quand il a su qu'il voulait devenir astronaute.

Fournie par Daniel Desjardins

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné
Le Soleil

(CARLETON) Un Gaspésien, Daniel Desjardins, a passé avec succès les deux premières étapes de sélection de l'Agence spatiale canadienne, qui a entamé au cours de l'été sa recherche visant à trouver ses deux prochains astronautes.

Entre la mi-juin et la mi-août, 7793 personnes ont entamé la démarche de qualification, et 3772 d'entre elles l'ont complétée. De ce nombre, 1706 personnes ont réussi avec succès cette première épreuve, qui consistait en un test d'entrée dans la fonction publique fédérale.

Daniel Desjardins a aussi réussi la seconde épreuve de qualification. L'Agence spatiale canadienne n'a toutefois pas terminé de corriger les copies des 1706 candidats ayant franchi l'étape initiale, mais il est assuré que le nombre sera beaucoup plus limité à l'aube de la troisième étape.

Âgé de 29 ans, détenteur d'un doctorat en physique et pilote militaire, Daniel Desjardins avait 11 ans quand il a su vouloir devenir astronaute.

«J'avais écouté un épisode de l'émission The Nature of Things, de David Suzuki. L'épisode s'appelait Escape from Earth. On parlait de technologies qui n'existaient pas encore. On donnait des explications poussées sur les particules, sur les champs électriques et magnétiques. C'était comme écouter Star Trek, mais en plus proche de la réalité et du possible. Ça frôlait la sensation de voir le magicien derrière le rideau. C'est venu me chercher, me faire rêver. J'essaie présentement d'obtenir une copie de cette émission», explique Daniel Desjardins.

L'émerveillement du préadolescent devant un documentaire portant sur les voyages interstellaires s'est maintenu jusqu'en janvier 2003, alors que l'étudiant de secondaire IV qu'il était devenu s'est retrouvé en face d'une conseillère en gestion de carrière. Il était un peu hésitant à parler ouvertement de son ambition de devenir astronaute.

«Je ne m'attendais pas à des réponses. Il y avait une question d'humilité de ma part, mais j'ai eu une très bonne réponse. La conseillère m'a demandé : "Est-ce que vous connaissez le programme du Collège royal militaire?" Elle m'a remis le document pour être officier dans les Forces armées canadiennes. Une bonne partie des astronautes canadiens ont été pilotes dans les Forces. Je savais où aller à partir de ce moment. J'ai fait des lectures, d'autres recherches et je suis entré en contact avec le centre de recrutement de Rimouski.»

Après l'obtention de son diplôme d'études secondaires de la Bonaventure Polyvalent School, il a été accepté au Collège de Saint-Jean pour une année préparatoire devant le mener au Collège royal militaire de Kingston, en Ontario, où il a obtenu un baccalauréat en physique et en sciences spatiales.

«L'été, j'étais envoyé un peu partout au pays. Je suivais des entraînements spécifiques portant sur le bilinguisme, l'entraînement athlétique, les aspects académiques et l'entraînement militaire. C'était du plaisir obligatoire, je dirais», raconte le Gaspésien.

Il a entamé son entraînement de pilote lors de l'été 2009, un processus mené en plusieurs étapes jusqu'à l'obtention du titre de commandant de bord, en juin 2016. Pendant ces formations, il a aussi obtenu sa maîtrise et son doctorat en physique, dans ce dernier cas «à temps partiel à l'Université Queen's, à Kingston», précise-t-il.

La chance d'accéder à son rêve

Le 17 juin, l'Agence spatiale canadienne a lancé le processus auquel Daniel Desjardins rêve depuis 1998, le recrutement des deux prochains astronautes, alors qu'il a enfin l'âge de tenter sa chance. Il a passé sans encombre le stade initial, «un test de la fonction publique fédérale. Il y avait des questions de logique mathématique, des séquences de nombres. Il fallait avoir mieux que 90 %», dit-il.

Il a passé avec autant de succès le second test, qu'il décrit comme «très difficile». L'Agence spatiale canadienne garde le plus grand secret au sujet des prochaines étapes de qualifications. Elle dit simplement qu'il y en aura trois, sans parler de moments précis, entre maintenant et le milieu de 2017.

«Je crois que la prochaine étape aura lieu avant la fin de l'année. La seule certitude, c'est que l'Agence spatiale canadienne annoncera les deux prochains astronautes au cours de l'été 2017», précise-t-il.

«Les candidats sont informés en temps réel quand ils passent la seconde étape et la correction n'est pas terminée», précise Julie Desjardins, de l'Agence spatiale canadienne. Elle n'ose faire de prédiction sur le nombre de candidats qui réussiront cette étape, comme le Gaspésien.

Daniel Desjardins mise sur ses compétences et sa jeunesse pour passer les trois autres stades de qualification. «J'avais 28 ans quand j'ai postulé. Je n'ai pas autant d'expérience que d'autres candidats, peut-être, mais si j'ai les compétences, je devrais durer plus longtemps, comme astronaute», dit-il.

Il est bien conscient que s'il est choisi en juin 2017, la situation débouchera sur un chambardement de vie. «Je pense à ma conjointe, Ashley [Parr]. Les entraînements sont basés au Texas. J'apprécie beaucoup son appui.»

Le Québec bien représenté

Des 1706 candidats s'étant qualifiés à la suite du test de la fonction publique fédérale, 343 personnes venaient du Québec, pour une proportion de 20,1 %, comparativement à 589 personnes de l'Ontario, ou 34,5 %. L'Alberta était en troisième position avec 251 candidats, même si la population de cette province est moins élevée que celle de la Colombie--Britannique, qui comptait 172  candidats retenus après la première étape. La Nouvelle--Écosse devançait aussi une province plus populeuse, la Saskatchewan, avec 48 candidats, comparativement à 38. Un groupe de 183 Canadiens vivant à l'extérieur du pays ont aussi survécu au premier «tamisage», une proportion de 10,7 %. Les femmes représentaient 25,3 % des personnes retenues après le test initial, et les hommes, 68,6 %. Cent trois personnes n'ont donné aucune indication sur leur sexe, ce qu'ils étaient en droit de faire.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer