Un cougar aurait été aperçu en Gaspésie, une rareté

Le grand félin observé le 7 octobre dans... (Photo Marie-France Émond)

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Le grand félin observé le 7 octobre dans le secteur Cap Noir de New Richmond, en Gaspésie.

Photo Marie-France Émond

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Une rare observation de cougar de l'Est pourrait bien avoir eu lieu le 7 octobre à New Richmond, en Gaspésie. Une citoyenne du secteur Cap Noir, Marie-France Émond, n'ose se prononcer sur l'animal qu'elle a vu, mais elle sait que «ce n'est pas un chat».

Il y a eu quelques observations de cougars en Gaspésie par des humains depuis une quinzaine d'années, mais les preuves photographiques ou vidéo sont très rares et souvent peu précises.

Vers 16h le 7 octobre, Marie-France Émond lavait la vaisselle avec sa belle-maman quand elle a entendu cette dernière s'exclamer: «Mon Dieu, il y a donc bien un gros chat, là!»

Mme Émond a vite répondu: «Ce n'est pas un chat. Je ne sais pas ce que c'est, mais ce n'est pas un chat. On en a cinq, et ils ne sont pas gros comme ça.»

Elle est allée chercher son téléphone mobile afin de prendre une photo. «Il plante des fois, et ça m'a pris du temps avant de pouvoir prendre la photo. On ne voit pas les détails suffisamment. La photo a été prise à travers la fenêtre. Je n'ai pas osé sortir. Il avait une grande queue, vraiment longue, avec le bout noir. On voyait des petites taches sur son poil. Ça m'a donné l'impression que c'était du duvet de jeune animal», décrit Mme Émond.

Le félin sortait de la forêt à quelques dizaines de mètres du côté de la maison, distante de la route 132 d'au plus 200 mètres. La maison de Marie-France Émond et de son conjoint Pierre Labrie se situe du côté nord de la route 132, alors que la baie des Chaleurs se situe du côté sud.

«Il s'est parqué devant la fenêtre. C'est comme s'il nous voyait à travers la fenêtre. Assis, il paraissait haut. C'est long, c'est élancé. L'animal ne se dépêchait pas. Il n'avait pas peur. Il s'en allait vers la mer. Puis, il a repris le bois, chez le voisin», évoque Mme Émond.

Un peu stressant

Parent de quatre enfants, le couple Émond-Labrie, en plus des chats, possède un chien Labrador. «C'est un chien de 70 livres environ. Je l'ai placé là où était le cougar. En comparant les photos, je dirais que le félin pèse 50 livres et qu'il mesure un mètre, sans la queue», note Pierre Labrie.

Il avoue être un peu stressé, en raison des quatre enfants. Si Marie-France Émond n'avait jamais vu de pareil animal, Pierre Labrie garde un vif souvenir d'un séjour dans l'arrière-pays de Madeleine, un village du nord de la Gaspésie. Il avait 10 ans. «J'avais vu deux cougars sur le bord du lac.»

Le biologiste Daniel Sigouin, du Parc national Forillon, n'ose se prononcer sur l'observation du couple Émond-Labrie, parce qu'il souhaiterait faire lui-même l'exercice de comparaison effectué par Pierre Labrie, afin de comparer le félin à des objets dont la taille est mesurable.

Projet d'observation

M. Sigouin signale qu'au cours de huit saisons de collectes d'indices échelonnées entre 2003 et 2010, six échantillons de poils de cougar ont été recueillis sur des poteaux de frottements installés à divers endroits du parc.

«Il y a eu deux échantillons en 2004, en août et novembre, deux en 2007, en juillet et septembre, et deux en 2009, en mai et août», précise-t-il.

Le projet d'observation dans le Parc national Forillon avait été mis sur pied en collaboration avec un chercheur voulant vérifier la présence du cougar de l'est dans plusieurs régions, dont la Gaspésie. Trois stations visant à amasser des poils du félin avaient été installées à Forillon, mais sans caméra. L'appât pour favoriser le frottement était constitué d'urine de cougar.

«Dans tous les cas, il s'agissait d'un cougar de l'Est», précise Daniel Sigouin à propos des six échantillons. Les tests génétiques permettent de faire la distinction entre les cougars de l'Est et de l'Ouest. Toutefois, la qualité des échantillons ne révélait pas tout.

«On ne peut pas dire s'il y avait plus d'un cougar. Ça fait partie des grandes inconnues [...] L'état des échantillons, qui passaient parfois des jours dehors, exposés aux intempéries, ne permet pas de clarifier ce point», dit-il.

Le projet d'observation à Forillon a été arrêté en 2010. Pourquoi? «L'objectif initial visait à détecter la présence. Avec six détections en huit ans, on ne peut aller plus loin que faire l'exercice "présence-absence". Ce n'est pas une population sauvage viable. Sans indice de population, on ne peut aller plus loin, si on choisissait de continuer la recherche sous sa forme actuelle [celle de 2003-2010]», signale M. Sigouin, ne pouvant s'empêcher de conclure que le cougar maintient une aura de mystère.

Et ailleurs?

Le cougar de l'Est n'a pas été observé dans toute la portion est des États-Unis depuis longtemps. Il est considéré comme espèce disparue. «Les dernières observations remontent à plus de 70 ans», note Daniel Sigouin.

Qu'en est-il du Nouveau-Brunswick, voisin de la Gaspésie, et de la Nouvelle-Écosse? «Il n'y a eu aucune détection dans les deux cas», dit-il.

Au Parc national Forillon, les biologistes gardent un oeil sur les détections possibles de cougar, dans un projet évaluant les populations de martre, de pékan et de lynx. Trente-sept stations ont été appâtées. «S'il y avait passage, on pourrait le voir. Ça pourrait nous donner une chance», dit-il.

Il est possible de visionner sur YouTube une courte vidéo, de faible qualité, intitulée «Cougar New Richmond 2012» montrant un félin de grande taille, avec une longue queue.

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