En Pontiac 1957 sur la voie ferrée

Le Californien et «copilote» Douglas Brenner et le... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Le Californien et «copilote» Douglas Brenner et le propriétaire Alna Freed se préparent à prendre le volant.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Carleton) Deux Américains, Alan Freed et Douglas Brenner, ont fait écarquiller les yeux de bien des Gaspésiens et sans doute d'autant de touristes il y a quelques jours en sillonnant la voie ferrée entre Matapédia et Gaspé en Pontiac 1957.

Cette initiative était loin d'être improvisée, puisque supervisée par la Société du chemin de fer de la Gaspésie, qui gère l'exploitation de la circulation ferroviaire sur ce tronçon. Une camionnette de la SCFG précédait toujours l'automobile sur rails.

Cette Pontiac 1957 a été initialement conçue pour rouler sur un chemin de fer, précise son propriétaire, Alan Freed.

«Quatorze véhicules de ce type ont été construits pour Northern Pacific, qui s'en servait pour inspecter son chemin de fer. Il en reste deux, la mienne et une autre dans un musée du Wisconsin», dit M. Freed, qui vient de Virginie.

Il adore ce genre de voyage, et il y a initié Douglas Brenner, un Californien. Les deux comparses se sont connus en course automobile. Alan Freed a développé une affection profonde pour la Gaspésie au fil des ans.

«C'est mon deuxième voyage avec la Pontiac en Gaspésie. J'étais venu dans les années 90 [en juin 1998]. J'ai aussi fait un voyage aller-retour entre Truro et Sydney en Pontiac. Je ne sais trop combien de fois je suis venu en Gaspésie à bord du train, probablement six ou sept fois. Ma famille a aussi fait le voyage aller-retour à Gaspé au moins trois fois dans le temps de Noël [...] Nous avons beaucoup apprécié venir en hiver. Le parcours est spectaculaire à cette période de l'année», dit-il.

Les deux hommes ont réalisé leur plus récent voyage «en pensant venir chercher un peu d'air frais de fin d'été en Gaspésie», note Douglas Brenner. «Il fait presque aussi chaud que chez nous.»

Alan Freed a récupéré la Pontiac 1957, dite hi-rail, d'un cimetière de matériel ferroviaire au milieu des années 90.

«Elle fonctionnait, mais c'était tout juste. Pour la remettre en bon état, je l'ai envoyée au Massachusetts où une équipe a pris six mois pour la remonter, à partir de son squelette. Il a fallu six mois de travail. Elle avait été inactive pendant 10 à 12 ans», explique-t-il.

Alan Freed vient d'une famille de cheminots dont les racines remontent à la guerre de Sécession, qui s'est déroulée de 1861 à 1865. Son arrière-arrière-grand-père a travaillé au chemin de fer, et toutes les générations suivantes.

«Mon père a travaillé comme administrateur de chemin de fer. Il n'était pas enchanté de me voir retourner le long de la voie ferrée, comme serre-frein en premier, puis comme conducteur de locomotive. J'ai été l'un des plus jeunes à accéder à ce poste, à 24 ans, en 1971», dit-il.

Alan Freed aime à ce point rouler sur les rails de la péninsule qu'il y a laissé sa Pontiac parce qu'il n'avait pas le temps de faire l'aller-retour Matapédia-Gaspé. «Je reviendrai compléter la portion Gaspé-Matapédia en octobre.»

Il s'enflamme en constatant que le ministère des Transports du Québec, propriétaire du réseau gaspésien depuis 2015, a mis en dormance la portion entre Caplan et Gaspé, soit 122 des 202 milles de l'axe Matapédia-Gaspé.

«Ce tronçon est un joyau. Il doit être rouvert sur toute sa longueur. C'est un outil pour la région, et il fait partie du patrimoine de ce pays. Sa valeur est inestimable. Il en coûte 10 000 $ par mille pour le démanteler, mais ça coûterait 10 millions $ par mille pour le remettre en place. Je vois des camions chargés de bois qui devrait se retrouver sur les rails», tranche-t-il.

Âgé de 68 ans, Alan Freed mène encore une carrière professionnelle active, loin des rails. L'entreprise portant son nom présente des séminaires en politiques publiques non partisanes, notamment pour des administrateurs de la Défense nationale et des services de renseignements.

«L'amour du vrai chemin de fer»

L'excursion d'Alan Freed et de Douglas Brenner avait de particulier le fait qu'ils sont venus seuls, alors que les randonnées de ce genre sont généralement réalisées par des groupes de 30 à 50 personnes, dans des draisines, ces petits véhicules cubiques utilisés jadis pour l'entretien de la voie ferrée. Il y a environ 15 Québécois, comme Louis-François Garceau, de Charny, qui possèdent une draisine. Il y a deux associations, les Draisineurs du Québec et le Club Railcar Québec pour encadrer leurs sorties. Aux États-Unis, la NARCOA (North American Railcar Operators Association) compte plus de 1000 membres. «Toutes mes excursions au Québec ou celles auxquelles je participe, au Canada ou aux États-Unis, sont parrainées par NARCOA et leurs assurances», note M. Garceau, un autre cheminot à la retraite expliquant sa passion par «l'amour inconditionnel du vrai chemin de fer». La Gaspésie constitue l'une des destinations préférées des propriétaires de draisines. Ils sont notamment venus en 1998, en 2001, en 2006 et en 2011. Gilles Gagné (collaboration spéciale)

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